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Les rouges ont du sang sur les mains


Prisonniers français en route vers les camps de l’horreur, après la chute de Diê Biên Phu, mai 1954

Le dégout. Voilà ce que l’on devrait ressentir à la vue de l’odieuse bannière rouge, lorsqu’elle est agitée. En ce mois de mai, le Parti communiste dit français pavoise ! Entre les mains d’un ancien mitterrandien fort opportuniste, le cadavre bouge encore.
Il faut cependant l’achever, car il a fait trop de mal. En effet, qu’importent les toilettages, le PCF est toujours le même parti, la même personne morale, et rien ne peut effacer son passé ; Rien ne peut effacer les crimes. Or, cette odieuse machine n’a pas seulement été le pendant français de Moscou. Elle a aussi saboté, menti, trompé, fait souffrir et agoniser des fils de France.

La sinistre affaire Boudarel en est une illustration frappante.

Boudarel : un communiste passé au Viet Minh et couvert par le Parti

Né en 1926, Georges Boudarel est un militant communiste, professeur d’université, mort en 2003. Il rejoint Saïgon en 1949 pour y enseigner la
philosophie ; Son destin bascule l’année suivante, lorsqu’il rejoint le Viet-Minh.
D’abord chargé de la propagande radiophonique Viet, il est ensuite affecté au Tonkin où il est nommé commissaire politique au sein du Camp 113, sinistre lieu de détention et d’agonie pour les soldats français fait prisonniers. Ce n’est pas un acte isolé, mais un agissement militant, couvert par le PCF. Complicité de trahison et de collaboration avec l’ennemi, quelle gloire pour le Parti !

Les témoignages, notamment ceux de Jean-Jacques Beucler, rapportent un taux de mortalité équivalent voire supérieur à celui des camps nazis. On imagine le rôle d’un commissaire de propagande au sein d’un camp de la mort : tuer, à petit feu, la conscience et la dignité de prisonniers traités tels du bétail. On l’imagine : pas seulement, car les témoignages des rescapés abondent en ce sens. D’après les survivants, il y eut 278 morts sur 320 prisonniers [1]. Boudarel n’a jamais nié son rôle d’instructeur politique au sein du camp 113.
D’ailleurs, il n’a jamais été inquiété pour les sévices dont les rescapés français l’accusent. S’il fut condamné à mort par contumace, ce fut seulement pour désertion, car tandis qu’il officiait au Tonkin, Boudarel fut appelé sous les drapeaux. Il quitte le Vietnam en 1964 pour rejoindre, fort logiquement, l’Union soviétique. Tout cela, encore une fois, avec la bénédiction du Parti Communiste Français. Vous savez, ce parti qui donne toujours des leçons de morale...
Mais en cavale, Boudarel a une bonne étoile. En 1966 est votée en France une loi d’amnistie [2] relative aux "crimes commis en liaison avec l’insurrection vietnamienne et antérieurs au 1er octobre 1957". On sait que Boudarel a officié dans les camps viet jusqu’en 1954, plusieurs mois après la chute de Diên Biên Phu : les actes commis entrent donc dans le champ d’application temporel de la loi d’admnistie.
Ni une ni deux, Georges Boudarel saisit sa chance, et rentre en france la même année, où il n’a aucune peine pour enseigner à l’Université.
Spécialiste du Vietnam (on imagine qu’il a vu du pays...), il devient maitre de conférence puis chercheur au CNRS. Comme quoi, la prestigieuse université française n’est pas toujours très regardante quant au passé de ses pontes. Georges Boudarel s’imagine alors finir sa vie de manière paisible, auréolé de son prestige de mandarin. Il mourut dans son lit, certes, mais auparavant, quelques rebondissement secouèrent sa retraite...

Les "affaires Boudarel" : quand la justice s’emmèle...

13 février 1991. Boudarel est universitaire et participe à un colloque sur le Vietnam, organisé au Sénat. Dans la salle, un certain Jean-Jacques Becler a pris place. Ancien secrétaire d’Etat à la Défense puis aux anciens combattants, Jean-Jacques Beucler est aussi un ancien d’Indochine, rescapé des camps Viet-Minh. Il apostrophe alors Boudarel, en public : « Vous avez du sang sur les mains. Votre présence à cette tribune est indécente ! ».
Ainsi débutent les affaires Boudarel qui opposeront, dans les prétoires comme sur la scène publique, les associations d’anciens combattants et Georges Boudarel.

Des rescapés du camp 113 agirent donc en justice, accusant Georges Boudarel de crimes contre l’humanité. La Cour de cassation, juge du droit, ne donna cependant pas suite aux prétentions des anciens prisonniers, au motif que la loi d’amnistie votée en 1966 empêchait toute poursuite à l’encontre de l’universitaire rouge.Sans gêne, Georges Boudarel entreprit de faire condamner ses détracteurs en diffamation. Beau courage ! Cette affaire aboutit à un non-lieu.

Les anciens suppliciés du Tonkin, eux, entendaient toujours faire condamner Boudarel. Rappelons qu’à ce stade, ce n’était pas la participation de l’universitaire à l’emprisonnement sauvage de soldats français qui était en cause, mais bel et bien la qualification légale de "crime contre l’humanité". Or, une telle qualification ne pouvait être donnée par le juge, et ce à cause d’une loi d’amnistie. Rappelons qu’une loi d’amnistie est une simple loi, et qu’elle fut votée sous la "droite"... Belle trahison que ce vote.
Les rescapés des camps de la mort d’Extrême-Orient firent une dernière tentative devant la Cour européenne des droits de l’Homme ; vaine tentative, pour cause de délais prescrits.

Une imposture d’Etat au détriment des vrais patriotes

Méditons un instant cette affaire.
Cet homme est mort dans son lit. Rien n’a pu lui être reproché par la justice, mais une loi d’amnistie était passée par là pour le blanchir, quoi qu’il ait pu faire...
Plus grave, la bénédiction lui fut donnée par la gauche et les pontes de l’université. A part Lionel Jospin, une certaine droite et les milieux militaires, peu s’émouvèrent qu’un traitre à la Patrie, passé à l’ennemi, sous les ordres du puissant PCF d’après-guerre, puisse avoir une quelconque autorité morale.

Oui, la morale de gauche est une imposture, et parfois la droite molle lui emboite le pas, par passivité. Pendant ce temps-là, des milliers de cadavres français sont dans la nature, loin à l’est, sans dignité ni pierre tombale.

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