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[EXCLU] Le changement de sexe, c’est maintenant

31 juillet 2013 Bougainville ,

Un des avantages du combat contre la vaste tentative de déconstruction actuelle de la société, outre se faire de nouveaux amis, se sentir résistants et jouer à se faire peur, lors des cache-cache pour tous ou des soirées des Veilleurs, est aussi d’approfondir ses connaissances en matière de bureaucratie française.

Ainsi, qui, à part un stagiaire geek de Sciences Po, avait déjà entendu parler du CESE avant l’incroyable pétition-éclair de 700 000 signatures lancée par le maire du Chesnay Philippe Brillault (après son refus de la recevoir, on peut être désormais certain qu’il sombrera définitivement dans l’ignorance citoyenne) ?

Aujourd’hui, après le CESE, qui en est encore à compter les autocollants Manif Pour Tous entassés sur ses murs et ses portes, le Sénat qui vote à main levée et le Conseil constitutionnel qui approuve sans sourciller un changement de civilisation, découvrons la sympathique Commission nationale consultative des droits de l’homme, CNCDH pour les intimes. Il s’agit d’une instance étatique autonome (en droit public, on dit autorité administrative indépendante) créée en 1947, dont la mission est d’assurer un rôle de proposition auprès du gouvernement et du Parlement dans le domaine des droits de l’homme. Son avis est sollicité par un ministre, ou par ses propres membres, et sa contribution doit, théoriquement, déboucher sur des propositions de lois.

Or, le 8 janvier 2013, alors qu’on faisait chauffer le moteur à Montauban et qu’on tractait Place d’Italie, le garde des Sceaux Christiane Taubira et le ministre aux droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, saisissaient la CNCDH dans le cadre du programme d’actions interministérielles contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. La saisine portait sur la définition et la place de l’« identité de genre » dans le droit français, et sur les conditions de modification de la mention du sexe dans l’état civil.

(Portrait du Chevalier d’Eon, 1792)

Outre l’entrée discrète de l’extrémisme du genre [1] en droit, cette sollicitation gouvernementale exprimait une des dernières revendications LGBT à la mode : le droit, pour chaque personne, à déterminer son identité de genre en toute liberté (donc, sans démarches médicales et administratives), et sa consécration par la législation.

Réunie le 27 juin dernier, notre CNCDH s’est donc prononcée, et son avis a été publié au Journal officiel aujourd’hui, 31 juillet, intitulé « sur l’identité de genre et sur le changement de la mention de sexe à l’état civil  ».
Après avoir été lucide pendant quelques lignes (« La CNCDH n’ignore pas que la mention du sexe demeure, dans notre droit, un élément essentiel de l’identification des personnes et que l’état civil revêt une forte importance symbolique (…) à la fois au regard de l’intérêt général (puisqu’il permet une identification simple et sûre d’autrui) et au regard du sujet lui-même.  »), la Commission se rallie à l’idéologie LGBT, déplore « la situation très précaire des personnes transidentitaires en France  », et « estime nécessaire une refonte de la législation française concernant l’identité de genre et le processus de changement de sexe à l’état civil. ».

Prenant appui sur le droit international (merci l’ONU et le Conseil de l’Europe !), la Commission affirme : « le remplacement des termes “identité sexuelle” par ceux d’ “identité de genre” permettrait de rectifier une terminologie inadéquate dans la mesure où elle contribue à alimenter la méconnaissance et les préjugés qui pèsent sur les personnes transidentitaires. »

La Commission réclame donc que la modification du sexe dans l’état-civil se fasse sans avis médical préalable, et que la procédure judiciaire soit allégée. Elle proclame : «  s’affirmer homme ou femme n’est pas une question de choix ni de volonté et ne relève pas d’une décision arbitraire, conjoncturelle ou fantasmatique : cette affirmation est au contraire toujours liée à une conviction profonde qui est souvent ressentie dès l’enfance, et qui relève, non pas d’une identification passagère, mais bien de l’identité même du sujet, de ce qu’il est.  »

Pour arriver à cette conclusion, la CNCDH a dû consulter d’éminents spécialistes, dont la liste est à mourir de rire : on y trouve Michelle Meunier, sénatrice PS, ultra du LGBTisme, et depuis peu, membre du Comité national consultatif d’éthique
On trouve aussi le distingué Daniel Borrillo, prof à Nanterre, et âme damnée du lobby LGBT, reçu partout, de Sciences Po au Sénat. Ce juriste d’origine argentine est de ceux qui ont l’honnêteté d’annoncer la couleur : GPA, mariage à plusieurs et utérus artificiel sont l’horizon à atteindre pour arriver à une parfaite « égalité des droits ».

À noter enfin que cette revendication de changer de sexe (de « genre », ça fait moins plouc) à l’état civil aussi facilement que possible ne vient pas de nulle part. En décembre 2011, la députée PS Michelle Delaunay, aujourd’hui ministre déléguée aux personnes âgées et à l’autonomie, déposait une proposition de loi à cette fin.

Elle suivait alors les débats en cours en Argentine, où le Parlement examinait un projet similaire. Ce fut chose faite en mai 2012 : « Toute personne peut demander un changement de sexe, de prénom et d’image, à partir du moment où ils ne correspondent pas au genre de cette personne, telle qu’elle la perçoit  » dispose désormais la loi argentine. Et ce, sur simple déplacement aux registres nationaux. C’est beau la post-démocratie.

Daniel Borrillo et ses amis ont des raisons de se réjouir. Le supermarché des mœurs qu’ils servent et souhaitent tout à la fois est efficace, et il distille assez largement l’idée que la volonté prime sur l’être, et que dès lors, tout le donné naturel, y compris mon propre corps, n’est qu’un matériau qu’on peut manipuler au gré de mes caprices. Il y a là un défi philosophique qu’il est urgent de relever. L’IPC et Philanthropos, malgré les prouesses de leurs étudiant(e)s et professeurs, ne suffiront pas seuls à fournir les armes intellectuelles pour cette bataille.

L’Eglise doit aussi s’y mettre. Non pas à trouver de nouvelles doctrines, mais à faire preuve de pédagogie, et à continuer inlassablement de former son clergé et ses laïcs, afin qu’ils deviennent crédibles et incollables sur les enjeux de ce combat.
Par chance, le Pape François est argentin, et il saura nous accompagner pour lutter contre cette entreprise mensongère.


[1À noter cet article pas idiot sur la querelle du « Genre » : « caricature d’un côté, mensonge par omission de l’autre », par Jean-Claude Guillebaud. http://www.lavie.fr/hebdo/2013/3544/la-folle-polemique-sur-le-genre-30-07-2013-42965_524.php?fb_action_ids=10151502539461423&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map=[548554241846916]&action_type_map=[%22og.likes%22]&action_ref_map=[]

31 juillet 2013 Bougainville ,

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