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[EX-LIBRIS] Dr Xavier Dor : Le crime contre Dieu

Le docteur Xavier Dor est un médecin — désormais à la retraite — né en 1929 à Marseille. Grand défenseur des plus petits, il est le fondateur et président de SOS Tout-Petits et l’un des créateurs des commandos anti-IVG. Dans son livre Le Crime contre Dieu — paru en 1998 — , on découvre peu à peu un personnage haut en couleur, plein de convictions et animé d’une foi à toute épreuve. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il lui en a fallu de la foi et du courage pour combattre l’idéologie mortifère et criminelle de l’avortement ! Il fut condamné à maintes reprises — notamment suite à la loi Neiertz et le délit d’entrave à avortement légal (sic) — entre autre en 1998 à un mois de prison en semi-liberté ou encore en 2013 à 10 000 euros d’amendes.

Son livre est à la fois une biographie de l’homme engagé qu’il fut, un témoignage d’espoir et d’amour, un appel au désintéressement et à la charité, ainsi qu’un véritable argumentaire contre l’avortement. En bon médecin, il explique de manière intelligible le développement de l’enfant dans le sein de la mère, ne manquant pas de répondre aux arguments les plus courants sur la prétendue non-humanité de l’embryon puis du fœtus. Il revient bien entendu sur le malthusianisme — ou onanisme — , sur les moyens de contraceptions sous lesquelles se cachent souvent des méthodes abortives. Rien n’est oublié, tout est clair, net et précis comme seuls ceux qui défendent la vérité peuvent l’être.

Comme dans tous débats de cette importance, le sujet dépasse le simple cadre de la philosophie ou de l’éthique, et le Dr Dor n’oublie rien : un petit coup de politique, une dose de philosophie, une once de médecine, une cuillère d’éthique, le tout fondé sur l’amour de Notre Seigneur. La politique tout d’abord, il montre avec habileté comment nos chers gouvernements ont abandonné la question, et ont préféré la mort à la vie ; quels ont été les pressions et les scandales à l’origine d’une telle loi ; comment l’inique loi Weil fut votée en catimini. Il revient sur la révolution et le sacre du subjectivisme : la conscience humaine élue en seule maîtresse à bord. Parlant du subjectivisme, il n’hésite pas à rappeler sa paternité satanique : « il se confond avec le péché originel qui est le refus de dépendance de la vérité ».

Si son livre n’est pas à proprement parlé un livre religieux, il faut admettre que sa foi transpire à chacune de ses lignes. Et pourtant ce livre s’adresse aussi bien à l’athée qu’au catholique intransigeant. Il soutient chacun de ses arguments par la raison — la loi naturelle — et par la foi — le droit divin. Rien n’y manque, tout est à sa place. Il développera même la question de la laïcité, montrant au passage le mensonge du laïcisme, et rappelant que la seule laïcité qui soit viable est celle qui affirme la « subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel et non l’inverse ». Sur ce passage, il ne manque pas de dénoncer les prises de position, ou plutôt l’absence de prises de positions, des évêques de France. Faisant bien la distinction entre l’homme et l’acte et ne mettant pas tous les prélats dans la même sacristie, il cite notamment Mgr Panafieu : « La laïcité est une manière de vivre ensemble dans le respect des lois de la république et l’apprentissage de la différence. Elle est un partenariat en vue d’édifier une société de convivialité. A l’expérience, il apparaît que la laïcité peut être une chance pour notre pays permettant à la France de vivre en paix » [1]. Avant d’être condamné en décembre 1997, il essaya de demander l’asile politique à la nonciature apostolique de Paris, en vain, le lendemain il devait se trouver au centre de semi-liberté de Villejuif ...

Si le livre prend une forme de réquisitoire contre l’avortement, le professeur ne manque pas de rappeler la grande détresse des femmes qui avortent, et la différence fondamentale entre l’acte et la personne. Au fil du livre, il narre quelques échanges qu’il a pu avoir avec ces femmes, et l’état dans lequel elles se retrouvent après la mort de l’enfant. Toutefois, il apporte toujours une touche d’espérance, particulièrement lorsqu’il évoque des cas réels. A propos d’une femme ayant avortée et se confiant à lui, il affirme qu’« elle avait bien fait de donner un nom à son enfant. Elle pourrait lui demander pardon. Celui-ci, on pouvait le penser — heureux comme un roi dans la vie divine — lui pardonnerait aussitôt », et il rajoute pour bien appuyer la magnificence du pardon divin : « Elle-même mourrait un jour et le premier à l’accueillir serait son petit garçon. Mais il fallait d’abord qu’elle demande pardon à Dieu […] Elle serait alors blanche comme neige, et même, comme le dit le psaume, plus blanche que neige. Seule la religion peut ce miracle. » .

Xavier Dor CRS
Par la suite, le Dr Dor s’attache à détailler les moyens d’actions qui ont été mis en place pour combattre la mouvance mortifère française. Notamment les groupes d’action anti-IVG, baptisé par les médias « commandos ». Si la mentalité était pacifique, elle n’était aucunement pacifiste. Le principe était d’occupé un avortoir durant une ou deux heures et de dénoncer les meurtres. Il raconte de nombreuses discussions qu’il a pu avoir dans ces lieux. Discussions, mais aussi coups. Il nous raconte qu’il leur est arrivé d’être infiltré par un militant du planning familial (sic), qui une fois sur place a appelé des “renforts” … cette fois c’est sous les coups qu’ils sont sortis de l’hôpital ; une autre fois c’est sous la protection des forces de l’ordre.

Après les coups des opposants et le silence des médias, la justice s’est emparée de la chose. Avec la loi Neiertz, il fut condamné plusieurs fois. Quel que soit les difficultés qu’il rencontrât, il reparti toujours de l’avant, cherchant à combattre de son mieux l’idéologie inique et mortifère. Cette même idéologie qui nous conduira probablement à l’euthanasie. Le message que le docteur cherche à faire passer avec succès durant quelques 61 pages est très clair : engagez-vous ! Le combat contre l’avortement n’est nullement fini, à celui-ci vont certainement s’ajouter la PMA et la GPA, l’euthanasie, et pourquoi pas le clonage humain ? Rien ne sert de courir, il faut partir à point disait Jean de La Fontaine, commençons dès maintenant à nous engager et à nous former, pour être prêt à aborder tous les sujets sans complexes et avec la force que nous donnera le Christ.

Hubert d’Abtivie

[1Mgr Panafieu, Doc. Catholique, janvier 1997

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