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Deux ans d’engagement au service de la famille

17 novembre 2012 : entre 70.000 et 200.000 personnes descendent dans la rue, répondant pour la première fois à l’appel de La Manif Pour Tous.

Cette première manifestation fut le point de départ d’un immense mouvement de défense de la famille et de l’intérêt de l’enfant. De nouveau les 13 janvier 2013, 24 mars, 26 mai, 2 février 2014 puis 5 octobre, et à tant d’autres reprises, à Paris comme en province, les rassemblements d’opposition à la loi Taubira se sont succédé.

La Manif Pour Tous a ainsi fêté ses deux ans il y a quelques jours, déjouant les pronostics de la presse qui annonçait pourtant qu’elle disparaitrait une fois la loi votée. Il est ainsi amusant de voir qu’en juin 2013, la loi à peine votée, un journaliste du Monde titrait « La lente dislocation du collectif La Manif pour tous » [1] ou encore qu’un peu moins d’un an après, en février 2014, Libération titrait de son coté « Manif pour tous, l’heure de la dispersion » [2].

Et pourtant... Deux ans après cette première manifestation, La Manif Pour Tous est toujours là. Bien plus, elle est toujours omniprésente dans le débat public. Pas une semaine ne passe sans que la presse ne lui consacre un article, que ce soit sur la filiation, sur la PMA, la GPA ou l’idéologie du genre à l’école. La « lente dislocation » rêvée par Le Monde semble ainsi tellement lente qu’elle en est finalement invisible.

Cette abrogation qui fait si peur

Si certains s’interrogent actuellement sur l’opportunité d’accepter le mariage de même sexe tout en continuant à refuser l’adoption, l’ancien président de LMPT rappelle que la question est d’abord anthropologique et sociale. Le refus de la loi Taubira est fondé sur la définition du mariage (que souligne d’ailleurs la charte de Sens Commun [3]) comme fondée sur l’union d’un homme et d’une femme dans le but de fonder une famille. À ce titre, il nous est impossible, même par “soucis d’apaisement” de renoncer à réclamer l’abrogation pure et simple de la loi Taubira.

Il serait en effet absurde, alors même que les observateurs extérieurs au mouvement évoquent un mai 68 à l’envers et la naissance d’un puissant mouvement conservateur, d’abandonner cette revendication qui est à l’origine de la pérennité de LMPT et de la création (et très probablement du succès) de Sens Commun.

La Manif Pour Tous a su rester fidèle à son principe initial, réclamant l’abrogation depuis le 26 mai 2013. Cette persévérance est ce qui fait sa force : ce “progrès”, qui n’en est pas un, n’est pas, comme nous l’avaient pourtant prédit ses promoteurs, rentré dans les mœurs. On nous assurait que LMPT disparaitrait après le vote de la loi, que cette redéfinition du mariage serait acquise ; que personne, pas même la droite n’oserait revenir dessus ; et qu’un an après la population aurait accepté ce changement de civilisation.

L’abrogation était de nouveau revenue discrètement dans le débat politique depuis plusieurs semaines, mais le meeting de Sens Commun, ce samedi 15 novembre, a déclenché une frénésie médiatique et politique qui ne retombe pas depuis plusieurs jours. Si l’on peut regretter la position ambigüe de Nicolas Sarkozy, cette déclaration a au moins eu le mérite d’avoir l’effet d’une bombe. La gauche (et une partie de la droite [4]) s’est empressée de s’écrier que revenir sur cette loi n’était absolument plus opportun, voire impossible. Sens Commun a ainsi réussi à faire bouger les lignes et à relancer la réflexion sur l’abrogation : c’est en soit une victoire. permettant entre autres le retour de cette question à l’assemblée lors d’une QAG ce mardi 18 novembre [5].

Malgré les déclarations politiques, telle celle de Roselyne Bachelot déclarant que « Ces lois sociétales ont un effet cliquet, on ne reviendra jamais dessus » [6], il faut bel et bien noter que « Le tabou de l’irréversibilité a sauté à droite » [7]. Malgré le déni, et surtout la peur, de la gauche, ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire. En effet, contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire ceux qui l’ont votée, rien ne s’oppose juridiquement à l’abrogation de la loi Taubira. Ni dans le droit français, ni dans le droit Européen [8].

« La victoire culturelle de la manif pour tous » est ainsi bien réelle. On assiste, comme le déclare Gaël Brustier [9], au lancement d’une dynamique conservatrice en France. La loi Taubira est-elle la réforme sociétale de trop, celle qui permettra au “bon sens” de reprendre le dessus sur la course effrénée du “progrès” et du néant ?


[1Samuel Laurent, Le Monde, 13/06/2013

[2Manif pour tous, l’heure de la dispersion, Libération, 02/02/2014

[4Nathalie Kosciusko-Morizet : l’abrogation n’est “ni souhaitable ni possible”, BFMTV, 17/11/2014

Alain Juppé : “Abroger la loi Taubira n’est pas une bonne idée”, 20 Minutes, 17/11/2014

[5La loi Taubira de retour à l’Assemblée, Le Salon Beige, 18/112014

[6Roselyne Bachelot, 20 Minutes, 15/11/2014

[8Gregor Puppinck : "Droit européen : l’abrogation de la loi Taubira est possible", Valeurs Actuelles, 18/11/2014

[9Manif pour tous : "On a assisté au réveil d’un géant", Journal du Dimanche, 17/11/2014

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