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Homofolie à Lannion

27 avril 2012 Carl Moy-Ruifey

Le monde à l’envers

Il est de ces choses dont la petite presse raffole, qu’on affecte de ne point lire, mais qui, lorsque par extraordinaire, elles nous écorchent les yeux, ceux-ci en viennent à quitter leur orbite, s’offrant à la cruelle lacération des lignes assassines. Au nombre des immondices qui troublent le cœur et meurtrissent l’âme, il faudrait mettre cette nouvelle, parue il y a assez peu de temps dans la presse quotidienne bretonne [1]. Christian Vanneste a parlé à juste titre d’une « aberration anthropologique » au sujet de ce que les imbéciles et les songe-creux nomment le « mariage homosexuel » [2] — expression qui serait drôle, à l’image de ces plaisantes absurdités qui échappent parfois à la sagace naïveté des petits enfants, si elle ne recouvrait une réalité dangereuse, pernicieuse et terrible. Mais au-delà de ces considérations générales, tout bon Breton doit être profondément blessé de voir l’esprit autrefois si fier, si pieux, si austère de ses mystiques aïeux, corrompu par les idées adventices venues des cerveaux dégénérés de la ville. Quel sordide démon a-t-il pu engendrer une pareille insulte à la décence ?

Dans la bonne ville de Lannion, les horrifiantes harpies qui se sont nommées les « sœurs de la perpétuelle indulgence » ont prétendu « marier » une palanquée de couples d’individus homosexuels, fous ou égarés. Barbouillés de leur grotesque maquillage et affublés de leurs scandaleuses tenues qui prétendent singer celles des religieuses catholiques, ces travestis n’ont aucune retenue dans l’outrage envers les femmes qui ont courageusement répondu à l’appel du Christ pour s’unir à lui, et prier pour les gens du monde. Songeons aux grandes saintes : Sainte Thérèse d’Avila et Sainte Thérèse de Lisieux, Sainte Bernadette et Sainte Jeanne Jugan.

Que dire du principe au cœur de cette farce ignoble, sinon répéter encore une fois qu’elle méprise le droit naturel, va à l’encontre même de tout bon sens. Le Cardinal Vingt-Trois le disait récemment encore sur une émission d’Europe 1 [3], de la plus benoîte des façons : parlant de deux hommes, il jugea bon de rappeler que « vous aurez beau faire, vous ne pourrez jamais faire d’enfants ». Est-il possible de démontrer plus simplement que le mariage, institution qui n’est pas la reconnaissance publique d’un amour, chose qui demeure dans l’ordre privé, est per saecula saeculorum la sanction publique donnée à un échange matrimonial dont l’objet est la fondation d’une famille.

Ce qui doit encore nous interpeller, c’est que cette parodie victimaire est en vérité une démonstration de haine envers les catholiques. Pourquoi avoir voulu singer des religieuses ? On ose espérer que la revendication des « homofolles » se limite au mariage dit civil, et qu’elles n’ont pas le bon goût de réclamer encore ce que personne ne pourrait leur donner : la bénédiction nuptiale d’un prêtre. Mais plutôt que de se planter des plumes tricolores dans l’inférieur rusé, ainsi que le fit le saltimbanque Coluche, et de passer une écharpe autour du coup pour pointer du doigt les maires infâmes et réactionnaires, nos braves gens choisissent d’insulter l’Église. Ils suivent là les prescriptions d’« Act-Up », association d’« enragé-e-s » qui a sauvagement attaqué Notre-Dame de Paris et en a souillé l’autel, et pour laquelle notre Saint-Père et toute l’Église semblent être la source de tous les malheurs du monde [4].

Laissons-là ces sinistres personnages, et revenons-en à quelque chose de plus sérieux. L’inestimable Joseph de Maistre écrivit joliment que « Le plus grand ridicule pour une femme, c’est d’être un homme. » Que les fanatiques de la perpétuelle indigence mentale sachent que la réciproque est tout aussi exacte. Il est plaisant de noter ce faisant que ces gens perpétuent, non sans un funeste talent, avec leurs bons amis qui défilent annuellement à la « gay pride » de Paris et d’ailleurs, toute la multiplicité de ce qu’ils persistent à nommer « préjugés homophobes ».

27 avril 2012 Carl Moy-Ruifey

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