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Voter pour nos valeurs aux municipales

« Les catholiques sont tout autant et même mieux que les autres capables de coopérer au bien-être matériel et civil du peuple » Saint Pie X

La campagne des élections municipales entre dans sa dernière ligne droite : les candidats écument les marchés, les collages d’affiches vont bon train et les militants effectuent les ultimes porte-à-porte.
Jusque là, rien d’inhabituel dans un pays où la récurrence de l’élection a transformé l’homme politique en un commercial dont l’office principal est souvent devenu sa réélection.

Transformer l’essai du sursaut français

On a beaucoup glosé depuis un an sur le sursaut du pays réel, « cette France bien élevée » (Gabrielle Cluzel), qui « se réveilla » (V. Tremolet de Villers et R. Stainville).
Or, ce sursaut français en faveur des valeurs traditionnelles peine à se traduire politiquement. Si son pendant métapolitique grandit sans cesse (en témoignent pêle-mêle les publications de Philippe de Villiers, les ventes de Valeurs Actuelles, l’audience de la réacosphère ou les initiatives de formation comme le Cercle Catholique d’Etudes Politiques), le champ politique stricto sensu demeure inoccupé.

Les communes, un cercle de proximité et d’amitié politique

C’est précisément là que se trouve l’intérêt principal de ces élections municipales.
Loin des enjeux partisans décidés dans les cabinets parisiens d’une élite coupée du réel, les communes ont cela de spécifique qu’elles constituent l’une des plus petites entités de sociabilité. Après la famille, avant la province et aux côtés des corporations et professions, la commune est un corps intermédiaire fondamental. Cercle restreint par la géographie et rendu homogène par l’Histoire, la commune est fondée par l’amitié politique. Bien sûr, les liens unissant les habitants entre eux se sont distendus au cours du dernier demi-siècle, la chaleur du bourg laissant la place à l’anonymat des faubourgs et des banlieues. L’attachement des Français aux communes est toutefois toujours réel.

A quoi servent les élus de nos communes ?

Cette proximité communale doit devenir un lieu premier de l’engagement politique pour nos valeurs.
Si la loi ne se vote pas au conseil municipal mais au Parlement, le maire dispose d’une certaine marge de manœuvre en vertu du principe de libre administration des collectivités.
Voter pour un maire pro-famille, c’est s’assurer que les subventions n’iront pas remplir les caisses des coteries LGBT et qu’il ne participera pas à la mascarade du "mariage" dit pour tous. Voter pour un maire patriote, c’est se prévenir du voisinage du clocher et du minaret. Choisir un élu respectueux de notre identité permet en outre de sauvegarder l’intégrité de nos paysages, de nos monuments, et de mettre un terme à la défiguration des terroirs de France. Avoir des maires de nos idées n’est pas inutile, au contraire.
Nous réclamant du principe de subsidiarité, nous devons nous rappeler que la reconquête commence aussi par le bas, et que les catholiques doivent s’engager partout, à leur niveau et selon leur charisme. La commune est l’un de ces champs de bataille. Convaincus que la politique est la plus haute forme de charité, il nous faut promouvoir ces principes auprès de chacun, et pas seulement dans les cercles catholiques versaillais bon chic bon genre. La commune est un début adéquat pour cet apostolat.
Surtout, les élections municipales sont une échéance symbolique, permettant de lancer un signal aux élites germanopratines. Un million de manifestants n’effraient pas nos ministres ; plusieurs milliers de communes tombées aux mains de la Réaction feront assurément frémir les grassouillets sénateurs de la République.

Comment discerner ?

Dès lors, pour qui voter ? Le Rouge et le Noir n’étant l’officine d’aucune formation politique ou personnalité, nous nous garderons bien de vous donner des consignes de vote.
Je me contenterai de vous faire partager deux réflexions.
La première concerne les points non négociables. Dans un discours du 30 mars 2006, notre Pape Benoît XVI déclarait ainsi : « En ce qui concerne l’Église catholique, l’objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire :
la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;
la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même s’ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi ; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l’humanité »
Outre ces trois points cités par le Pape émérite, n’oublions pas de veiller à l’application du principe de subsidiarité, à la préservation de notre identité, ainsi qu’à la concorde , au sens étymologique du mot : animer la vie politique en catholique signifie promouvoir le Bien commun, maintenir la solidarité entre les générations, avec les plus faibles, garder vivace un lien d’amitié entre les habitants et s’assurer que les jeunes générations seront éduquées comme il se doit. Dans son encyclique Immortale Dei, Léon XIII expliquait qu’en prêtant leur concours à l’administration des affaires municipales, les catholiques devaient « faire en sorte que l’autorité publique pourvoit à l’éducation religieuse et morale de la jeunesse, comme il convient à des chrétiens : de là dépend surtout le salut de la société ».
Au moment de glisser un bulletin dans l’urne –si toutefois vous en glissez un- gardez en mémoire ces trois points comme autant de repères sûrs.

Peu importent les étiquettes

Ensuite, intéressons-nous aux programmes plus qu’aux couleurs. La Charte de la Manif pour tous est un bon indicateur : nos amis du Salon Beige relaient régulièrement la signature de la Charte par des candidats.
Le résultat illustre le peu d’importance que doivent revêtir à nos yeux les étiquettes partisanes. Ainsi, à Saint-Malo, le seul candidat à avoir signé la Charte est Jean-Louis Robin, sous les couleurs du Front national et du Rassemblement Bleu Marine. M. Robin défend en outre les racines chrétiennes de la France et de Saint-Malo ainsi que l’identité locale, comme il l’a déclaré à plusieurs reprises. Dans une autre cité corsaire, à Dunkerque, Antoine Diers (investi par l’UMP) est l’unique candidat signataire de la Charte. Son engagement pour la souveraineté et une droite de valeurs sont connus malgré son jeune âge.
Dans de tels cas, peu importe la couleur partisane et les atermoiements des directions nationales des partis : l’engagement, le courage et les valeurs des candidats locaux doivent suffire pour ces élections locales. Votre serviteur vous en laisse juge.

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