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Sarkozy : Le désespoir d’un retour

« Le plus grand plaisir du voyage est peut-être l’étonnement du retour. Je vois qu’il donne de la valeur aux êtres et aux choses les plus insipides. »

D’une façon étonnamment prémonitoire, Stendhal a donné, par ces phrases tirées de son œuvre « Promenades dans Rome », et avec près de deux siècles d’avance, le meilleur et le plus pertinent commentaire sur le retour de Nicolas Sarkozy dans l’arène politique de notre pays. En effet, depuis son annonce sur un célèbre réseau social, et plus encore depuis son interview dimanche soir au journal télévisé du soir sur France 2, l’ancien Président de la République tente, avec son habileté coutumière, de se présenter à sa famille politique et aux Français comme un rassembleur, qui serait le seul à même de pouvoir redresser le pays et qui aurait appris de sa défaite en 2012 et de sa courte retraite qui l’a suivie. Pourtant, ce retour sonne aussi faux et creux que son départ -est-il d’ailleurs jamais parti ?- comme toute son œuvre et son parcours politique.

Que propose Nicolas Sarkozy, à une France et à des Français qui n’en finissent plus de souffrir, si ce n’est sa propre petite personne ? Il offre simplement de reprendre à François Hollande sa place de petit télégraphiste atlantiste et européiste, en pensant qu’il suffit de changer la devanture pour duper, une fois de plus, les Français. Ce n’est pas un nouvel emballage médiatique ou de nouvelles formes de communication qu’il nous faut pour gouverner. Mais bien d’une vision nouvelle et radicale, exclusivement concentrée sur les intérêts supérieurs de la Patrie, articulée autour de la souveraineté nationale et faisant corps avec nos racines historiques chrétiennes.

Celui qui promettait tout, mais surtout n’importe quoi, et qui finissait par faire exactement le contraire, lorsqu’il faisait quelque chose, peut-il faire mieux en 2017 ? Lors de son intervention il a cru bon de promouvoir le référendum et l’appel au peuple, osant se réclamer d’un héritage gaulliste qu’il a méthodiquement saccagé. Rappelons que lorsqu’il était encore à la tête de l’État il n’a pas hésité à ignorer le NON à la Constitution européenne de 2005, en faisant adopter, par voie parlementaire, sa copie conforme sous le nom de Traité de Lisbonne. Après avoir corseté et enchaîné notre pays, diplomatiquement et militairement avec l’OTAN, politiquement et financièrement avec l’Union Européenne, notamment à travers le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), adopté par François Hollande mais négocié par lui et par son gouvernement, le voilà qu’il se présente sur son cheval blanc. Affectant de placer sa démarche sous le signe du devoir (sic), Nicolas Sarkozy démontre qu’il n’a absolument rien appris, confondant toujours le bruit avec la parole, l’agitation avec l’action, la communication avec les valeurs. Ses pitoyables précautions dialectiques à propos de l’union homosexuelle, et des conséquences gravissimes qui en découlent, traduisent à elles seules ce qui fait à la fois la force mais aussi, et surtout, la faiblesse du personnage, à savoir son manque total de scrupules. « Nicolas le Petit », qui avait ouvert son gouvernement à des ministres socialistes après avoir fait une campagne dénonçant l’héritage de Mai 68, qui avait promis de réduire drastiquement une immigration qui se porta finalement bien mieux sous son quinquennat que sous le gouvernement Jospin, joue encore et toujours son numéro d’invertébré politique. La France n’est qu’un morceau sur le tapis rouge sur lequel il a déjà essuyé ses pieds et sur lequel il brûle de retourner à petites foulées, et l’on ne peut s’empêcher de penser à cette célèbre phrase d’Alfred de Musset : « Le retour fait aimer l’adieu. »

Loricatus Miles

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