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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se réforme !

« Réforme »… Nos amis progressistes n’ont que ce mot-là à la bouche. Qu’il s’agisse d’éducation, de retraites, de défense, l’idée de « réforme » irrigue notre société et ses « élites », au point que Lavoisier aurait pu dire, s’il avait été politiste « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se réforme ». Le mot réforme est le sésame qui ouvre les portes de la bonne conscience universelle. Il est le pansement que l’on applique sur chaque problème réel ou supposé de la société. On lui oppose l’immobilisme. La réforme est le nouveau champ de bataille politique, une fin davantage qu’un moyen. On la pare d’adjectifs : « nécessaire », « juste », ou au contraire, « injuste », « mauvaise », etc. Si tous ne sont pas d’accord sur la nature de la réforme à apporter, tous sont d’accord qu’il faut réformer. Et c’est ainsi qu’ils estiment qu’avancera la société. La réforme prend patience, la réforme rend service, la réforme n’est pas envieuse, elle ne se gonfle pas d’orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle excuse tout, elle croit tout et espère tout… L’areligion cathodique nous en rebat éternellement les oreilles : sans réforme, point de salut. Et le pire, c’est que même les catholiques s’y mettent.

Nous les avons entendus en Allemagne, ces chantres de la réformite aiguë, signant comme un seul homme ce que de bien vulgaires esprits pourraient qualifier d’essuie-étron. Il était en effet question de mariage des prêtres et d’ordination des femmes, thèmes centraux pour ces réformateurs d’un genre nouveau qui ne désirent qu’une seule chose : séculariser l’Eglise. Ces gens-là n’ont visiblement pas compris que l’Eglise n’est pas une association où l’on va boire du thé entre copines. L’Eglise est le corps du Christ. Chacun de ses membres a un rôle que les siècles leur ont attribué. C’est cette épaisseur des temps qui confère à l’Eglise cette dignité, cette profondeur et ce recul qu’elle est la seule à avoir. Être chrétien, ça n’est pas chercher une responsabilité temporelle dans une organisation mondiale. Être chrétien, ça n’est pas chercher la reconnaissance des hommes. C’est en revanche chercher à ressembler au Christ, par l’humilité, le service, l’attention, la charité.

C’est pour cela que je lance cet appel à mes amis modernistes de tout poil. Si vous revendiquez une place dans l’Eglise, c’est que vous faites fausse route. Vous ne devez chercher qu’à entrer dans les pas du Christ, et pour ceci, laisser tomber vos prétentions temporelles. Vous parlez de changement ? Mais Dieu n’a pas changé, lui ! Le chemin du chrétien est de ce fait une voie faite de sacrifices, afin de mieux atteindre le Christ. La voie vers l’Amour n’est pas dans la revendication de prétendus droits, mais dans la volonté pleine et entière d’appartenir à son Eglise. Benoît XVI l’a bien rappelé lors de son voyage en Allemagne. Nous ne sommes pas chrétiens pour les mondanités, mais pour notre salut. Devenir chrétien, c’est se convertir. Le chemin n’est de fait pas un chemin de vocifération, mais d’intériorité. Que ceux qui ont des oreilles entendent…

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