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Qui a déposé le recours contre la crèche du conseil général de Vendée ?

Voici quelques jours que les médias s’affolent autour de la décision du tribunal administratif de Nantes qui a demandé le retrait de la crèche du Conseil Général de Vendée. Cette décision vient de tomber. Mais elle est en réalité issue d’une première missive au Conseil Général de Vendée pour s’opposer à la crèche qui était déjà présente.

Restée sans réponse, c’est en 2010 que ce chevronné de laïcité a déposé un recours en 2012 avec la Fédération Vendéenne de la Libre Pensée qu’il dirige. Jean Regourd considère dans un article publié dans le Nouvel Obs que « la religion catholique semble s’imposer davantage que les autres dans l’espace public. »

L’action de ce monsieur Regourd se fonde sur le principe de laïcité qui implique une neutralité de tous les bâtiments publics. C’est d’ailleurs ce que rappelle inlassablement la Fédération Nationale de la Libre Pensée à laquelle il appartient : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Cette phrase est tirée de l’article 2 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. Toute cette agitation a porté un certain David Gozlan, le président national, au-devant de la scène médiatique depuis quelques jours que la décision est tombée. Mais où sont les déclarations du tribunal ou des magistrats qui ont traité le dossier ? Nulle part car l’aspect juridique n’est en cause.

Ce n’est donc pas au tribunal administratif de Nantes qu’il faut en vouloir mais plutôt à ceux qui l’ont saisi. Alors qui sont-ils ? Qu’est-ce que la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP) ?

Une association formée entre les Fédérations et Groupements de la Libre Pensée (FGLP) dont l’objectif anticlérical avéré est de « développer chez tous les hommes, l’esprit de libre examen et de tolérance » en mobilisant la raison et la science. Elle demande à tous ses membres de n’accomplir et de ne « faire accomplir par ses enfants mineurs aucun acte religieux ».

Une histoire marginale

Dans son histoire, la FNLP se revendique d’un mouvement d’idée que se nomme « La Libre pensée ». Succédanée de l’athéisme, cette « libre pensée » remonte au XIXe siècle et s’inspire des Lumières et du scientisme d’Auguste Comte sans les revendiquer. En 1881 le congrès international de Paris définit la Libre Pensée comme une " société rationaliste et athéistique ". La FNLP réclame par ailleurs l’héritage de plusieurs personnalités politiques telles que Victor Schoelcher (abolition de l’esclavage en 1848) , Victor Hugo, Clemenceau, et plus récemment l’anticlérical virulent André Lorulot .

S’il se veut libre, les Libres penseurs se lient avec la gauche et l’extrême gauche qui semble seule disposer du progrès et de la pensée « libre ».

En 1864 ils jouent un rôle de premier plan dans la création à Londres de l’A.I.T. (Association internationale des travailleurs), plus connue sous le nom de Première Internationale, en compagnie de Karl Marx, Bakounine, Engels.

Au moment de la Commune de Paris, ils se seraient retrouvé parmi les républicains les plus énergiques et les révolutionnaires les plus décidés.

Plus tard, la Fédération nationale des Libres penseurs adhère très rapidement au Front Populaire et à la Commission du plan de la CGT dès 1935.

Pendant la seconde guerre mondiale, elle joue un rôle trouble entre l’antimilitarisme des gauches et l’anticléricalisme auprès des soldats. André Lorulot condamnait l’agression de la Finlande par les soviétiques pendant que les Libres penseurs confectionnaient des médailles et tracts pour les soldats qui souhaitent des funérailles uniquement civiles.

De l’après-guerre jusqu’aux années 1980, leurs activités ont surtout été des gesticulations et des revendications a-partisanes. Ce non-engagement est lié à une marginalisation de leur pensée dans une France déjà moins catholique. Il faut cependant noter qu’ils ont milité pour la légalisation de l’avortement en participant aux campagnes.

Et aujourd’hui ?

Depuis la fin des années 1980, ils se limitent à un courant de pensée répandu à travers les médias de l’oligarchie. Ils ont réussi à tisser une toile à entremêlant les réseaux politiques de gauche et l’univers médiatique au sein du service public auquel ils reprochent tant de partialité.

On dénombre : dans les médias, une émission très régulière depuis 1997 sur France culture : le Journal de la Libre pensée ; un blog hébergé par le très neutre (sic) Club de Mediapart dirigé par le trotskiste Edwy Plenel ; enfin un Institut de Recherche et d’Études de la Libre Pensée qui leur donne accès à des colloques et des salles de conférence pour diffuser leur pensée. On peut cependant douter qu’ils font salle comble à en juger par cette vidéo, où l’intervenant ne cesse de regarder la caméra, faute de public.

En politique, ils sont très liés à Force ouvrière et notamment à feu Marc Blondel. Mais, sur le déclin, ils doivent nouer de nouvelles alliances. L’examen de leur compte twitter est assez révélateur de ce point de vue. Ils sont abonnés à 9 comptes twitter de Force Ouvrière et à 56 comptes de fédérations départementales des Jeunes socialistes. Par ailleurs, il faut noter leur abonnement à 5 comptes de l’ADMD (Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité) qu’ils retweetent régulièrement.

Il ne faut cependant pas s’alarmer d’un mouvement qui compte 267 abonnés sur twitter et additionne difficilement 690 « likes » sur Facebook.

Finalement, ces anarchistes athées ne représentent qu’eux. Et même s’ils ont le droit de leur côté avec la loi de 1905, la crèche qui touche des centaines de milliers de chrétiens en France est plus légitime à rester au Conseil général qu’à disparaître sous le poids de la loi.

L’idéologie quant à elle ne change pas. « Elle regarde les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée. »

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