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Quel Dieu dans la crèche ?

Cet article a été publié pour la première fois le 23 décembre 2014

Le présent est ce point de rencontre presque fictif tant il est mouvant entre ce qui fût et ce qui sera. C’est la réponse qui fuse lors de l’appel, indiquant la disponibilité de l’individu dans un collectif, ou l’existence du composant dans le composite. C’est encore (entre autre sens) le cadeau que l’on offre, que l’on reçoit.

Comme père de famille, je me suis réjoui de voir mes enfants (lorsqu’ils étaient petits) heureux de déballer leurs (trop nombreux ?) cadeaux à Noël, dans une excitation bien compréhensible. Les neveux et nièces poursuivent la noria, avant qu’un jour peut-être mes enfants ne me rendent grand-père. Mais devrait venir un jour où, pour chacun, le seul présent qui vaille soit la conscience de la présence de Jésus dans notre monde. Jésus qui S’est incarné, est né dans la pauvreté d’une étable, a pris toute notre condition d’homme, par amour de chacun de nous.

Les traditions se font et se défont, elles se cognent aux frontières qui ne sont pas nécessairement celles des états. Elles s’imposent à d’autres ou elles subissent des hégémonies qui surprennent parfois, en dénaturent la substance, ou les détruisent. Témoin cette fête celtique de Samain que la chrétienté a remplacée (recyclée ?) avec la Toussaint.

Ainsi le père Noël, avatar dégénéré de Saint Nicolas, existe dorénavant même dans certains pays musulmans : il est devenu un simple objet de merchandising dont les nouveaux marchands du temple se servent pour faire des affaires. J’ai appris récemment qu’en 1951 avait eu lieu à Dijon un autodafé symbolique de ce personnage fictif. Je n’ai pas la tripe sanguinaire et tout lynchage me répugne a priori, quand bien même sa victime ne serait qu’une effigie. Mais j’entends bien l’aspect prophétique de ce cri : ne laissons pas le consumérisme s’accaparer la Nativité !

Faire plaisir à ceux que l’on aime en leur offrant quelque chose n’est pas intrinsèquement mauvais, loin de là. Mais j’imagine parfois qu’il serait mieux d’offrir ces présents à d’autres moments, que ce soit à la Saint Nicolas comme dans l’est ou le nord de la France, ou à l’Épiphanie, ainsi qu’il est de tradition outre-Pyrénées. Parce que le seul vrai cadeau, à Noël, n’est pas au pied du sapin, mais dans la crèche.

Saint et joyeux Noël !

@remseeks

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