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Petit guide à l’usage des Français pour distinguer les bons catholiques des mauvais

Un ouvrage récemment paru a dévoilé la manipulation sournoise dont était victime le catholique naïf et insouciant, tandis qu’une pieuvre d’un genre nouveau déployait ses silencieusement tentacules parmi l’Église.

C’est à la lumière de cet opuscule salutaire que nous proposons à nos lecteurs un guide simple et pratique afin de les aider à distinguer les bons catholiques des mauvais puis, parmi les sympathisants de l’Église, les non-catholiques respectables des non-catholiques dangereux.

1. Bons ou mauvais catholiques : comment les reconnaître ?

a. Le bon catholique

Avant la tête, c’est le cœur qu’il faut observer : le bon catholique a un cœur d’artichaut. Qu’importe la raison tant qu’on aime ? Il n’y a pas de plus grand péché que le manque de charité ; d’ailleurs, il n’en connaît point d’autre.

S’il faut se positionner, le juste milieu est l’option souveraine. En effet, le meilleur choix est toujours le plus modéré, or il n’est de plus modéré que le milieu, donc le milieu est toujours juste.

Le bon catholique tolère tout et tout le monde, en particulier ses ennemis. Mais attention : s’il le fait, ce n’est que par charité ! — N’allez pas le soupçonner d’un travers moins avouable. — Cette vertu théologale, son guide en toute chose, lui montre comment reprendre vertement ses frères qui n’ont par eu la grâce de s’élever à son ouverture d’esprit. Au besoin, il fera suivre la remontrance fraternelle d’une dénonciation publique, voire, en dernier recours, d’un ostracisme — mais l’intolérant ne s’est-il pas excommunié lui-même par sa dureté de cœur ?

En cela, il ne fait qu’obéir au Christ, qui a dit : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain » (Mt 18, 15-18).

L’Évangile regorge de ces exemples, qu’il cite souvent, disciple consciencieux, et met en pratique. Son passage préféré : « Moi non plus, je ne te condamne pas » (Jn 8, 10), a été récemment détrôné par le « Qui suis-je pour juger ? » d’un saint plus à la mode.

Jamais littéral — il laisse cela aux fondamentalistes —, il sait remettre dans leur contexte les versets obsolètes : « Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme pour en épouser une autre, il est adultère » (Mt 19, 9) ou « Malheureux le monde qui entraîne au péché par le scandale ! » (Mt 18, 7), car si le Christ revenait parmi nous, nul doute qu’Il s’accommoderait de même des circonstances présentes. Quant à saint Paul, on peut lire avec profit les chapitres 12 et 13 de sa 1° Lettre aux Corinthiens, mais le chapitre 6 ne fait plus sens en notre temps.

Le bon catholique est pacifiste à la suite de Gandhi. Comme ses pensées sont au Ciel mais qu’il le voudrait sur la Terre, il veut éradiquer la guerre. Toute violence l’horrifie, même pour sauver les siens, car les hommes sont tous frères en humanité et « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? [...] Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère » (Mc 3, 33-34). Il espère que son martyre fera exemple. Il n’y a d’ailleurs pas plus persécuté que lui, car il n’a jamais tort, ainsi que le lui rappelle ce passage qui réconforte son humilité blessée : « Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés » (Mt 5, 11-12).

b. Le mauvais catholique

Difficile de concevoir l’existence d’un être aussi sournois. Cet imposteur abject qui, abusant la confiance des vrais fidèles, s’est infiltré dans l’Église pour l’asservir à ses fins inavouables, ne saurait être dénoncé en des termes assez forts. Si l’Enfer n’était pas vide, on craindrait pour son âme !

Cet être ne vit pour assouvir une passion : la haine. Jour et nuit, elle le ronge et le consume ; c’est le mauvais génie qui inspire toutes ses actions. On voit bien en cela comme il s’est éloigné du vrai christianisme qui n’est qu’amour.

De sa haine — haine de tout ce qui n’est pas comme lui, haine de toutes les différences, haine de l’étranger, haine de toutes les formes d’amour — qui est-il pour juger ? — naît son orgueil. Parce qu’il hait, il est fier. Il ose se glorifier de ce qui appartient en réalité au bon catholique : le bien, le vrai, les siècles, l’esprit, l’histoire, et l’amour, mais un amour bas et vil qui ne fait que plagier sa réalité éthérée. Ainsi cet escroc, qui trompe les esprits innocents en usurpant le nom de chrétien, est le pire ennemi de l’Église car il lui donne une mauvaise image.

De l’orgueil du mauvais catholique naît son obstination. Cet homme de Cro-Magnon refuse de se soumettre à la spiritualité nouvelle qui a toujours existé. Le bon catholique a beau s’efforcer de l’évangéliser, de lui faire comprendre que le christianisme est un doux espoir, une philosophie de vie, une prière angélique, le rêve d’un avenir meilleur, ce fanatique s’acharne à faire de la politique.

Enfin, pire que tous les vices précédents si cela se pouvait être, l’obstination du mauvais catholique le mène à l’instrumentalisation. Ce piètre comédien qui feint de hanter l’église paroissiale le dimanche et en semaine se sert de cette mascarade pour attirer à lui les brebis sans défense. Insensiblement, il les entraîne hors du Jardin d’Éden, laissant les bons catholiques seuls et sans appuis. Il se couvre des haillons dorés d’une Église fantasmée pour donner un air de piété à ses plus noirs desseins. Et parce que cet escroc fait semblant de communier, toute la respectabilité de la véritable Église l’auréole : un atout considérable dans la société d’aujourd’hui, qui ne manquera pas de le porter au pouvoir.

On voit ici l’importance qu’il y a de dénoncer son plan machiavélique, et cette brochure, que vous pourrez recommander à vos amis car elle ne coûte qu’un prix fort modique, n’est que le cri d’alarme d’un cœur désintéressé.

2. Non-catholiques : qui peut-on fréquenter ?

La question est cruciale. En effet, le mauvais catholique n’est que la partie émergée de l’iceberg qui menace de faire sombrer l’Église de France. Il est en réalité missionné du dehors par une secte nouvelle tentant de l’utiliser comme un vulgaire pion de l’échiquier politique : les Spartiates Adorateurs d’Odin, que l’on reconnaît plus particulièrement à leur soupe aux lardons et à un usage immodéré de la fonction “photo” de leur smartphone — cette dernière rareté permet à coup sûr de les distinguer.

Le catholique sans défense court un grand risque de se laisser aborder, séduire et manipuler à son insu, c’est pourquoi il convient d’effectuer une rapide évaluation avant d’engager pleinement la conversation avec un inconnu.

Premièrement, contrairement au dicton, l’habit fait souvent le moine. Un vêtement exotique indique généralement une personne sûre : boubou, qamis, djellaba, niqab, sari... Il s’agit là d’étrangers dont la seule présence en France témoigne de leur ouverture d’esprit. Méfiez-vous tout de même des papillotes : c’est un stade précoce de radicalisation chez les juifs. Évitez absolument tout habit ecclésiastique, sauf porté par le Pape — bénis soient son nom vénérable et son compte twitter.

Si l’individu ne porte pas de tenue distinctive, un deuxième examen s’impose. Suggérez-lui les mots “diversité”, “enrichissement culturel”, “justice sociale”, “racisme”, “universalisme” en appuyant vos propos de la citation bien connue de l’Évangile : « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35). Observez ses réactions. Vous répond-il que l’Église et la France ne sont pas bêtement liées aux choses concrètes de l’existence mais des concepts modulables à loisir, vous avez trouvé un allié : devisez joyeusement de la naissance réelle de la France qui, comme chacun sait, ne fut pas en 496 sur les fonts baptismaux de Reims mais en 1946. Refuse-t-il de partager votre tolérance, fuyez ! Vous avez démasqué un membre de la secte.

Ne vous aventurez pas à tenter de convertir cette sorte de monstres. Refusant de penser avec leur cœur plutôt qu’avec leur tête, ils auraient tôt fait de vous gagner à leurs froids syllogismes.

Consolez-vous en pensant que la discussion demeure heureusement ouverte avec les protestants progressistes, qui acceptent très volontiers que des catholiques émettent des interprétations contradictoires de l’Écriture Sainte sous l’inspiration du Saint Esprit. Dialoguez avec les nombreux non-catholiques que vous avez ainsi judicieusement sélectionnés — sans les convertir, bien sûr, car cela ferait offense à la richesse qu’apportent leurs religions ancestrales à notre pauvre pays.

3. Un dernier mot

Concluons ce petit guide par une modeste prière de louange au Dieu qui a fait toutes choses :

Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme ces autres hommes, intolérant, égoïste, haineux, ou encore comme cet extrémiste. Je vais aux JMJ, je dispense sur la toile mes conseils avisés et je donne deux centièmes de tout ce que je gagne au denier du culte et à la Cimade.
Guillemette Pâris

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