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ONLR... ou presque : pourquoi Sens Commun a tout perdu

« On ne lâche rien, jamais, jamais, jamais ! » Avouez : on y a tous cru. Il y a bien eu quelques petites déconvenues avec la subite prise de position de Frigide Barjot et d’Hervé Mariton, sous la pression médiatique, pour une « union civile » comme alternative à la clownerie républicaine — concrètement, quelle différence, vraiment ?

La fondation de Sens Commun a suscité un intérêt mêlé d’espoir et de doute : défendre l’évidence du droit naturel, c’est bien, mais en faisant de l’entrisme au sein d’un parti qui n’a aucune conviction sauf économique, c’était un pari risqué. On sait ce que vaut l’entrisme : ça passe ou ça casse, mais ça casse plus souvent que ça ne passe, le pire dommage étant de se renier partiellement pour atteindre un objectif et de ne plus oser s’arrêter.

Le risque était là, et ça a cassé. Le seul intérêt de Sens Commun au sein des "Républicains" était de défendre une position qui est celle de l’évidence de la nature humaine primant sur toutes les revendications individualistes. Franchement, qui s’intéresse aux idées étatistes ou souverainistes de Sens Commun ? Est-ce que le centre des préoccupations de GayLib est un système économique ?

Pour tout le monde, leurs amis comme leurs ennemis, Sens Commun, c’était le rejeton de la Manif pour Tous entré en politique pour la prolonger. Pour tout le monde, l’objectif n°1 de Sens Commun, c’était donc de faire appliquer la volonté affichée en 2013 par les manifestants de la Manif pour Tous : faire supprimer un « mariage » qui n’existe pas.

Sens Commun a admis en toutes lettres que Fillon ne pouvait pas les satisfaire sur le seul sujet qui aurait dû être le centre de leurs préoccupations : « Existe-t-il des points de divergences avec François Fillon ? — Bien entendu, il y a des domaines dans lesquels nous aimerions qu’il aille plus loin, comme par exemple sur la filiation ou sur l’abrogation de la loi Taubira. » Cela saute aux yeux, même de journalistes pour qui ce sujet n’est pourtant pas une préoccupation centrale — Le Figaro, Le Monde, Libération... — le choix naturel de Sens Commun en tant que lobby interne d’un parti aurait été l’un des deux seuls candidats qui soutenaient leurs idées, à savoir Hervé Mariton — à condition de lui trouver des circonstances atténuantes en 2013 — ou Jean-Frédéric Poisson.

Il est raisonnable de parier que, quel que soit le candidat de — réelle — conviction qui se présentera à l’avenir, Sens Commun le lâchera au profit d’un gros bonnet pour s’assurer d’être dans le camp des vainqueurs, afin d’obtenir les sièges nécessaires... pour se plier à la ligne LGBTiste du parti. La politique avant les convictions, parce que les circonstances l’exigent ? Autant dire que le « long terme » sera comme le très célèbre « Demain, on rase gratis ». Comme Barjot et Mariton avant eux, Sens Commun est fini parce qu’il a démissionné du seul engagement que ses soutiens attendaient de lui.

La prochaine Manif pour Tous arrive ; si Sens Commun se présentait au podium, il ne récolterait probablement que les sifflets de ses anciens soutiens. Le 16 octobre 2016 : l’occasion d’une nouvelle montée de sève ?

Guillemette Pâris

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