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Nouvelles Causeries japonaises – Et la fraternité ?

Nouvelles Causeries japonaises

XIX – Et la fraternité ?

À Hiyoshi

La fraternité affichée par la raie publique représente l’une des plus grandes tromperie dans la suite des siècles. On ne peut pas se moquer davantage du monde qu’en se revendiquant de la « fraternité » alors que tout le monde s’entre-tue ou en rêve… Outre l’aberration de tuer, réellement ou symboliquement selon les époques, ceux qui ne sont pas des frères (.·. ?), en fait ceux qui ne sont pas de bons moutons ou de dociles êtres terrifiés se soumettant à la logorrhée révulsionnaire, le sens de fraternité devient vraiment intriguant dans un monde où il n’y a plus de père !

Il est tout de même bien ironique que ceux qui ont assassiné notre bon père le roi, puis dans la foulée des siècles gommé des esprits son simple souvenir, puissent afficher la notion de fraternité. Nous ne pouvons nous empêcher de sentir subrepticement la gêne ressentie par tout un chacun face à ce mot dont plus personne ne sait vraiment ce qu’il signifie. Il est assez comique que les héritiers des Fous de la révulsion qui, en son temps, avait usurpé complètement un joli mot afin de mieux tuer et massacrer indifférents, opposants et partisans pas suffisamment ardents, soient obligés de conserver en tête de tout acte public ce puissant témoin de la famille et de la paternité. Il fait peu de doutes qu’après la suppression du bon père de famille, la prochaine victime sera la fraternité. La raie publique possède cette incroyable et effrayante capacité de revendiquer les choses qu’elle détruit. Depuis que la fraternité.·. est devise, les Français s’entre-tuent de génération en génération, et la France ressemble chaque jour davantage à une jungle – avec sa raison du plus fort – qu’à une communauté de frères recherchant l’harmonie… Ne parlons même pas de libertés, encore moins d’égalité, et de tous les autres mots vidés de leurs sens, agaçant sans trêve nos oreilles. Finalement, il devient assez facile de diagnostiquer l’état de notre société : plus un mot est employé, moins il est réellement réalisé, dans son sens véritable entendons-nous. Ainsi, la fraternité hissée en troisième position témoigne de la destruction totale de toute harmonie, de la famille ; et de l’avènement d’une méfiance généralisée.

La fraternité est malgré tout un mot difficilement manipulable, martelant sans cesse aux criminels emplis d’hybris leur condition d’hommes. C’est leur mauvaise conscience. Une fraternité sans père et sans famille devient quelque chose de grotesque, même pour l’esprit le plus broyé par la pensée moderne. Nous sommes en effet tous frères, si nous avons tous le même père. Être frère parmi les hommes, c’est tous avoir pour père Dieu. Heureusement pour l’homme, qu’il le veuille ou non, la fraternité universelle humaine est bien là, puisque Dieu est là. Cela signifie en outre que parler de fraternité dans un contexte non spirituel est absurde : les hommes ne sont pas frères, par-delà les religions, sans cette caractéristique de la conscience du divin, quel que soit le nom que l’on donne à ce divin. Pour ceux qui sont par réflexe réfractaires au sacré, il leur suffit de comprendre le mot dieu comme cette chose commune à tous les hommes, nous dépassant et que nous ne pouvons saisir complètement, source de mystères et source d’humanité ; cette chose spirituelle, cette chose que l’on sent tant physiquement qu’intellectuellement dans la nature et la vie ; cette chose au-dessus de nous.

De la même façon, une fois cette égalité devant le Créateur clairement comprise, la fraternité ne peut vouloir dire que famille. Avec toute sa part d’exclusivité – n’excluant pas forcément ceux qui ne sont pas nos frères. Les frères sont tout d’abord les frères de sang, liés par des liens dépassant la raison et le bon sens. La force du sang est quelque chose d’inimaginable, qui fera par exemple que tout enfant n’ayant jamais vu ses parents de sang les cherchera.

En résumé, il n’y a que deux sortes de frères, fondamentalement : les frères de sang dans la famille naturelle, et les frères de nature face au père commun divin. Face au sang physique, l’esprit fait office de sang métaphysique : par le Créateur, tous les hommes, égaux devant la mort, partagent ce sang de l’esprit.

En conséquence, une société saine se modèle sur le schéma de la famille naturelle, par le sang, et substantielle, par l’esprit, afin d’accepter les mystères de la vie et de marcher sur le chemin de l’accomplissement du bien. Elle se modèle par en haut, en rependant l’esprit partout, afin de rappeler sans cesse le sacré et les mystères. Et par en-bas, en modelant toutes les communautés humaines à partir de la famille de sang. Un village devient ainsi une famille de familles, dont les membres sont des frères de village, avec un père : le chef du village. Ces familles de diverses échelles se retrouvent à tous les niveaux de la société. Elles encouragent la transmission par-delà les générations – invention contemporaine – et la construction d’œuvres à long terme, en encourageant l’harmonie entre les hommes. Vivre en famille, c’est vivre avec des gens que l’on ne choisit pas. La famille s’entraide et se protège contre les agressions extérieures, naturelles ou humaines. La famille suffisamment forte aide ses prochains et fait preuve d’hospitalité comme de charité et de chaleur humaine. La figure du père est la clef de voûte de l’ensemble.

Au niveau du pays tout entier, la famille céleste et la famille sanguine se rencontrent en la personne du roi, père spirituel et terrestre de tous ses sujets. Par sa sacralité, il répand la justice. Par la réalité de sa famille, il réalise transmission et construction à travers les générations. La société la plus humaine est ainsi nécessairement familiale. La nation est avant tout une grande famille, une grande maison. Le Japon montre l’exemple éclatant, dans le monde moderne occidental décadent, d’une famille qui a résisté aux feux de l’atomisation destructrice de l’âme sans esprit et de l’individu esseulé et déraciné.

Vouloir protéger la famille, c’est placer au fondement de la société une famille qui, une fois sacrée, rassemble Terre et Ciel. À partir de ce point seulement, il sera possible de reconstruire et de restaurer la société tout entière. Sans le roi, tout n’est que fuite en avant, ou tentative de freiner une chute inéluctable de par tous ces principes illusoires niant aussi bien le mystère de la réalité naturelle du sang que le mystère de la réalité spirituelle, du Ciel.

Paul-Raymond du Lac
Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

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