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Le roi Baudouin, rejoint au Ciel par son épouse

7 décembre 2014 Rédacteur

Quand se meurt un proche, c’est l’enfant qui pleure. Quand se meurt une reine, c’est le pays qui saigne.
Ce vendredi soir, les Belges ont appris le décès de la reine Fabiola, veuve du roi Baudouin. Agée de 86 ans, la reine Fabiola fut son épouse durant 32 ans, jusqu’au décès du cinquième roi des Belges en 1993.
Le roi Baudouin, protecteur irrépressible de la Vie, avait choisi d’abdiquer durant 24h pour ne pas devoir donner la sanction royale à la loi sur l’IVG que venait de voter le parlement.

Un couple royal fondé sur la foi catholique

Le roi Baudouin et la reine Fabiola étaient surtout deux amoureux éperdus. Ils s’étaient rencontrés par l’entremise d’un religieuse irlandaise (sœur Véronica O’Brien) mandatée par le primat de Belgique, le cardinal Suenens… lui-même agissant sur demande du roi ! Confier la direction de sa vie sentimentale au plus haut représentant de l’Eglise catholique, voila qui devrait inspirer certains de nos élus actuels (oui, l’Elysée, c’est à vous que je parle). Cette anecdote montre surtout comment le couple royal belge voulait fonder sa vie sur la foi.
Cet amour rayonnant, vivifié par le Christ, la reine Fabiola le conserva malgré le décès de feu son mari. Il m’a été donné de la rencontrer deux fois : à chaque fois, celle qui avait conservé son petit accent espagnol commençait la conversation par un doux « Vous chavez, mon mari… ». Si la conversation se prolongeait, la reine montrait le petit médaillon en or qu’elle portait toujours sur elle représentant fidèlement son cher époux.
Dona Fabiola de Mora y Aragon était née dans la noblesse espagnole, mais avait du s’exiler en Suisse en raison des persécutions communistes durant la Guerre civile. Il faut dire que son propre père avait été ambassadeur du roi Alfonso XIII, ennemi juré des sicaires rouges qui mirent la très catholique Espagne à feu et à sang dès l’abdication du roi en 1931. Son frère don Gonzalo choisit d’ailleurs de s’engager personnellement dans les rangs des armées nationales.

Une béatification en vue ?

Le décès de la reine Fabiola permettrait surtout d’ouvrir le procès en béatification du roi Baudouin. Il semblait en effet que la reine veuve ne désirait pas que la procédure soit lancée de son vivant. Humilité ou volonté que l’Eglise discerne les fruits de l’Esprit au fil du temps ? Nombreux sont en tout cas les Belges pour qui l’intercession du roi Baudouin ne fait aucun doute. Un point de vue que partageait sûrement le saint pape Jean-Paul II, qui avait décrit Baudouin comme « un roi christocentrique ». Un hommage royal !
Quoiqu’il en soit, les progressistes de l’Eglise en Belgique ne l’entendent pas de cette oreille. Si le recteur de l’Université catholique de Louvain a accepté du bout des lèvres la possibilité d’une canonisation, ce serait uniquement en raison de « son combat contre le racisme » (sic.). Mais plusieurs évêques freinent encore des quatre fers, craignant qu’une canonisation ne puisse « choquer les musulmans ». Du ciel, le roi Baudouin doit surement trouver cela plus drôle que triste.

L’ancien couple royal belge rejoint désormais Charles et Zita de Habsbourg, Louis XVI et Marie-Antoinette de Bourbon dans le panthéon de ceux qui portèrent non seulement la couronne temporelle, mais également « l’impérissable couronne de gloire ».
Tous les peuples aiment leur roi. Même ceux qui n’en ont plus. Même le plus républicain des Belges (il y en a quelques uns) a entendu avec un petit pincement au cœur l’annonce du décès de celle qui était considérée comme la grand-mère de tous les Belges. Et cette émotion est bien moindre que celle qui a étreint tout le pays il y a 21 ans lors du décès du roi Baudouin. Le secret de ces rois ? Ce n’est plus la respectueuse dévotion due à la fonction royale ; ce n’est plus la crainte du crime de lèse-majesté ; ce n’est même plus la simple adhésion à l’opinion commune. Le secret des rois catholiques a toujours été le même : aimer leurs peuples plus que leurs peuples ne les aiment.
Et l’on se souvient de ces mots prononcés lors des funérailles de S.M. le roi Baudouin : « Il y a des rois qui sont plus que des rois : ils sont les bergers de leur peuple. Ils ne font pas que régner : ils aiment ».

Matthieu Bruynseels

7 décembre 2014 Rédacteur

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