L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

La République crache sur nos poilus !

« Mère voici vos fils qui se sont tant battus.
Qu’ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.
Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre
Qui les a tant perdus et qu’ils ont tant aimée
 »
Charles Péguy, in Eve

La mémoire républicaine : une hystérie

La République, dont le seul objet semble désormais de faire passer des mesurettes symboliques afin de soulager les hystéries d’une minorité, aime commémorer.
La mémoire est devenue un enjeu politique. L’Etat commémore à sens unique, dans le sens du Progrès. A part une poignée de vils populistes, personne au Parlement républicain ne s’est avisé de légiférer en faveur d’une reconnaissance du génocide vendéen alors que la révolution fut célébrée avec un faste indécent…

La Grande Guerre n’échappe pas à la règle. Ainsi l’Elysée s’est-il attaché, en prélude au Centenaire du conflit, à honorer les mutins fusillés de 1917. Plus troublant encore, l’office du Président a opéré un rapprochement malsain entre la Grande Guerre et la Shoah.

Pourquoi diable nos ancêtres ont-ils tenu à Verdun ?

C’est la question que l’on peut se poser au vu des hommages répétés de l’Etat envers les fusillés de 1917. Qu’on ne se méprenne pas sur ce point : chaque guerre connait des dérives, et sans doute parmi les quelques fusillés y eu-il certains cas de fusillés par l’exemple.
Et alors ? 1, 3 millions de français sont morts le visage dans la boue, déchiquetés par les mitrailleuses allemandes ou rongés par la maladie dans un coin perdu de Lorraine ou du Hainaut… Sans parler des gueules cassées, ces fils de France qu’un éclat d’obus aura à jamais rendu prisonnier d’un corps difforme. C’est à eux que va notre gratitude de Français, et ce en dépit des conséquences tragiques que provoquèrent l’Armistice et les absurdes Traités de paix démantelant les Empires centraux.
A propos des Empires centraux, on ne saurait que recommander à François Hollande la lecture de Conséquences politiques de la paix, de Jacques Bainville : il comprendrait que les traités iniques qui humilièrent l’Allemagne et démantelèrent l’Empire austro-hongrois portaient en leur germe le second conflit mondial...

Revenons à nos moutons. Si un hommage doit être rendu, c’est à tous ces paysans venus des quatre coins de la France mourir pour la grande Patrie, et qui ont tenu. Oui, nos ancêtres ont tenu par le cœur, et non par la trique de l’officier. Si la guerre est triste et sale, les poilus étaient résignés à combattre. Quand la République insiste autant voire davantage sur les mutins plus que sur les paysans bretons, vendéens, provençaux ou de Lozère qui ont versé leur sang devant l’ennemi, elle leur crache tout bonnement à la figure.

L’inculture républicaine au service d’une manipulation des masses

Non contente de délaisser de la sorte nos glorieux aïeux, la République sombre dans l’anachronisme.
Quel rapport en effet entre la commémoration de la Première guerre mondiale et la Shoah ? Strictement aucun.
De deux choses l‘une : soit les pleutres qui gouvernent notre pays pensent vraiment ce qu’ils disent. Dans ce cas, la lecture d’un ouvrage d’Histoire est urgente.
Ou alors l’opération n’est qu’une manipulation visant encore une fois à culpabiliser les Français, ces franchouillards un peu bêtes et vaguement tentés par le vote « facho », et à leur faire croire que le bruit des bottes est toujours proche.
A force de tirer sur la corde du sentimentalisme, nos « gouvernants » ne se rendent pas compte que ce sont eux mêmes qui, in fine, manquent de respect aux pauvres gens victimes de la barbarie national-socialiste allemande, réduits à l’état de hochets que l’on agite pour se donner bonne conscience.

La prière et le bleuet

En tout état de cause, c’est toujours la France qui passe à la trappe. C’est « la Patrie trahie par la République - Armée mise à part - » comme l’avait écrit Jean Raspail dans les colonnes du Figaro Magazine. Cela ne doit pas nous étonner : déjà à l’époque, le pouvoir radical-socialiste avait volontiers sacrifié les troupes venues de Lozère, de Bretagne ou de Vendée (trois bastions catholiques réputés conservateurs). C’est désormais leur mémoire qu’on piétine.

Pendant que pérorent tous ces gens-là, nos aïeux dorment du sommeil du brave dans la tombe, pour ceux qui ont la chance d’en avoir une. A nous leurs enfants, il ne reste qu’à ignorer le pays légal et à nous rendre aux monuments aux morts de nos villes et villages, bleuet à la boutonnière et prière aux lèvres.

Prolongez la discussion

Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don

Le R&N

Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.

© 2011-2018 Le Rouge & le Noir v. 3.0, tous droits réservés.
Plan du siteContactRSS 2.0