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Jour de Colère : une belle première

Quel est le point commun entre un catho de Civitas, un bonnet rouge, un « quenellier » de Dieudonné, un Gavroche de Lyon, un éleveur de Haute-Savoie, un retraité, un artisan défendant son commerce ? A priori, aucun. Et pourtant, tous étaient unis dans un même défilé dimanche, à Paris pour réclamer le départ du président de la république. Plus de 100 000 personnes ont répondu présent, sous une pluie battante, à l’appel du Jour de Colère, ce collectif jusqu’alors peu connu, apparu sur les réseaux sociaux début novembre.

La journée a été réussie pour quatre raisons :

Le peuple français a été réuni sous toutes ces formes

Aucun défilé à ma connaissance ne peut revendiquer une telle diversité, qu’elle soit sociale, idéologique ou géographique. Or Jour de Colère a su transcender les clivages, et ratisser large. Vu du podium, les drapeaux français ont côtoyé les fanions de Civitas, eux-mêmes se trouvant à côté de pancartes « liberté d’expression », au-milieu desquelles flottaient un drapeau de la CGT, sans compter les nombreuses couleurs régionales, parfois « fleurdelysées », présentes place Vauban.

Il a pu exprimer librement sa colère

Chacun a pu exprimer sa revendication librement. Les manifestants n’ont pas eu à subir pendant le trajet une musique de supermarché voulant rendre l’ambiance festive. L’heure n’était pas à la fête, vue la gravité de la situation, et l’état de délabrement dans lequel la France se trouve. Chacun a pu venir comme il le souhaitait, rejoindre la banderole dont le slogan lui correspondait le plus. Par ailleurs, l’ingéniosité et la créativité des participants est à souligner, au vu des nombreuses pancartes individuelles rencontrées dans le cortège.

Tous ont marché ensemble et sans heurts

Le mélange improbable de fans de Dieudonné côtoyant les identitaires n’a été source d’aucun débordement, comme certains auraient pu le craindre avant le début de la manifestation. Un respect mutuel a pu être constaté tout au long du trajet. Pendant quatre heures, des mouvements qui avaient vocation à se combattre idéologiquement se sont enfin rencontrés, et ont pu échanger, en bonne intelligence à chaque fois.

Le calme a régné jusqu’à l’appel à la dispersion

La très grande majorité des participants ont attendu jusqu’au bout dans le calme, sous la pluie, la fin des discours. Les autres sont partis, épuisés par le froid, le mauvais temps, et les six kilomètres et demi imposés à la dernière minute par la Préfecture de Police. Malgré la colère du peuple et sa détermination, aucun acte violent n’a été constaté pendant la manifestation. Bravo donc aux organisateurs pour la très bonne tenue de ce mouvement.

Et pourtant, 250 manifestants ont été en GAV

Les heurts ont débuté seulement sept minutes après l’appel à rentrer chez soi dans le calme et en chantant la Marseillaise. Sans sommation, les forces de l’ordre ont gazé les manifestants, pris au piège par un dispositif ayant bouclé toutes les issues permettant d’évacuer la place Vauban.
Par ailleurs, de nombreux policiers en civil ont été repérés, et pris sans équivoque en train de créer volontairement des débordements afin de justifier la charge des CRS. Il est donc clair que le gouvernement a donné des ordres afin de déstabiliser ce beau mouvement populaire. En aucun cas les organisateurs ne peuvent donc être tenus pour responsable des violences, qui ont été le fait des forces de l’ordre elles-mêmes.

Et maintenant, quelle suite pour le Jour de Colère ?

Louis Dumont, dans un entretien à Medias-Presse Info, a répondu ceci : « Nous réfléchissons activement à la suite à donner à notre mouvement. Le Jour de Colère a impulsé un bel élan. Mais nous attendons de voir si notre appel aux parlementaires sera entendu. Par ailleurs, il est de notre devoir d’accompagner Béatrice Bourges dans sa démarche. Elle a entamé depuis dimanche soir un jeûne spirituel, qui ne prendra fin que si des députés et/ou sénateurs se saisissent de l’article 68 de la Constitution et entament la procédure de destitution du Président. Il va y avoir aussi des élections municipales dans deux mois. Nous appelons de nos vœux un vote sanction contre la politique du gouvernement et de ses alliés. Si, et seulement si, la situation ne s’arrange pas, nous appellerons à une deuxième mobilisation nationale. Mais il faut comprendre que manifester n’est pas un but en soi, qu’il n’en faut donc user que si nécessaire. »

Affaire à suivre, donc, et de près.

Chouan Orphelin

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