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Je suis Bossuet, et j’accuse

15 janvier 2015 Rédacteur

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

Cette célèbre parole de Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux et célèbre prédicateur au siècle du Grand Roi, prend une résonance toute particulière après les grandes manifestations qui se sont déroulées dans toute la France ce dimanche 11 Janvier 2015. Après le terrible attentat de mercredi contre la rédaction de Charlie Hebdo, l’assassinat d’une policière le lendemain à Montrouge et la tragique prise d’otage dans une épicerie casher le surlendemain, la France est attaquée à travers ses citoyens, se trouvant, d’un seul coup et sur son propre territoire, dangereusement exposée. C’est en cela que ces évènements m’affectent et me touchent, non pas tant parce que de prétendues valeurs républicaines ou humanistes étaient en jeu mais bien parce quelque chose, qui relève du sentiment d’appartenance et de fierté nationale, me reliait à ces victimes. Quand bien même certaines de ces victimes niaient, plus ou moins farouchement, l’existence de ces liens charnels et historiques qui relient chaque Français entre eux.

C’est d’ailleurs pour ces mêmes raisons que je n’ai pas participé à cette marche républicaine. En tant que catholique et patriote je ne pouvais décemment pas contribuer par ma présence à un rassemblement hétéroclite, sans but réel, sous la bannière de valeurs creuses et contradictoires, et ayant pour mot d’ordre « Je suis Charlie ». Cet écho au journal satirique, il m’est impossible de le reprendre, de le brandir comme un totem et d’en faire un étendard de la France. Car je n’oublie pas que ce journal s’évertue, et ce depuis ses origines qui remontent aux évènements de Mai 1968, à détruire, souiller, détourner et dénigrer tous les fondements de notre patrie et de notre culture. La Nation, l’État, l’Armée, l’Instruction publique, l’Église catholique, le mariage, la famille, tous ces éléments structurants de notre société et de notre identité, ces facteurs d’ordre et de hiérarchie, sans laquelle la véritable liberté est impossible, sont méthodiquement passés depuis plus de quarante ans à la moulinette libertaire.

Et pour quel résultat ? Si ce n’est la déchristianisation avancée de notre pays, dont les effets sont décuplés par l’immigration massive d’une part et surtout par la renonciation, notamment par le système éducatif, de protéger et de transmettre une identité française vivante et exaltante, préalable indispensable à toute assimilation et à tout bien commun. Les dégâts sont là, sous nos yeux, et Charlie Hebdo n’a jamais été le dernier à nier ces désastres, qu’il couvrait du mot de progrès en même temps qu’il dénonçait, sous les traits de fascistes et de réactionnaires, ceux qui timidement osaient sonner le tocsin. Ce slogan de « Je suis Charlie », parachève d’une certaine façon l’irresponsabilité des libertaires soixante-huitards qui font endosser à la Nation toute entière « l’œuvre » du journal satirique, dont les dessins n’avaient que peu de choses avoir avec la liberté d’expression, et qui étaient plutôt des illustrations provocatrices et outrancières sorties tout droit d’esprits habitués à « jouir sans entraves. »

Pourtant, la chaîne des responsabilités est infiniment plus complexe, et remonte bien haut, tant dans l’échelle de la société que dans les différentes sphères de l’État. Ainsi, monsieur Laurent Fabius, Ministre des Affaires Étrangères et contorsionniste professionnel, qui a appelé à soutenir la rébellion en Syrie face à Bachar El-Assad, protecteur des chrétiens d’Orient, rébellion qui s’est depuis transformée en État Islamique au Levant. Maintenant que le boomerang islamiste qu’il a lui-même lancé revient brutalement et cruellement frapper des compatriotes sur le territoire national, monsieur Fabius, d’habitude si prompt à donner des leçons de morale, se trouve étonnamment silencieux.

Le Ministre de l’Intérieur n’est pas en reste, lui qui vient de se faire épingler par le Défenseur des Droits pour son zèle excessif lors des contrôles qui se sont déroulés en marge des rassemblements pacifiques contre le mariage homosexuel, alors que pour les flux de djihadistes entre la France et la Syrie, ou encore la Lybie, monsieur Cazeneuve témoigne d’une coupable mollesse qui confine à la connivence. Il est vrai que selon lui « prôner le djihad n’est pas un délit » et que la zemmourisation des esprits constitue un danger bien plus significatif pour la sécurité du territoire que le retour des « déséquilibrés » du Levant.

La palme de l’aveuglement idéologique revient toutefois au Garde des Sceaux, madame Christiane Taubira, qui, après ses lois scélérates sur l’esclavage et le mariage homosexuel, s’évertue désormais à vider nos prisons, qui sont par ailleurs de véritables centres d’endoctrinement à l’islam le plus radical. Il apparaît pour le moins étrange que le preneur d’otage de l’épicerie casher ait été condamné à 5 ans de prison en … 2013 ! Et ce pour avoir participé en 2010 au projet d’évasion de l’islamiste radical Smaïn Aït Ali Belkacem. Il est vrai que l’ancienne indépendantiste guyanaise n’en est pas à son coup d’essai lorsqu’il s’agit de déstabiliser la France.

Le Ministère de l’Éducation Nationale (sic), dont les différents titulaires s’échinent, de puis de trop nombreuses années, à atténuer et briser tout sentiment de fierté et d’identité nationale, porte également une responsabilité certaine. En effet, il oriente un laïcisme militant exclusivement tourné à l’encontre de l’Église catholique, jugée « incompatible avec la liberté, contrairement à l’islam » (re-sic) dixit Vincent Peillon, pour finir d’abattre un pilier de l’identité française, préparant ainsi le terrain vague sur lequel pourront surfer l’islam radical et le marché mondial. Ce que veulent ni les catholiques Français ni les musulmans patriotes qui en ont plus qu’assez de ces manipulateurs socialistes apatrides.

Le Premier Ministre, qui ne cesse de rouler des mécaniques et de poser la mine sévère pour les médias, semble redécouvrir la Nation après avoir joué de drôles de combinaisons aux relents communautaristes. Il déclarait encore il y a peu que « La France ne serait plus la France sans les juifs ». Que n’aurait-on pas dit si un chef du gouvernement catholique avait déclaré que la France ne serait plus la France sans les catholiques ! Manuel Valls semblait également très préoccupé du succès du Suicide Français et indiquait, à de nombreuses reprises, lui qui ce dimanche 11 Janvier marchait pour la liberté d’expression, qu’il ne fallait pas lire Éric Zemmour et qu’il fallait cesser de l’inviter sur les plateaux de télévisions.

Le Président de la République enfin, qui couvre de son « autorité » l’ensemble du gouvernement et qui, normalement, fixe les principaux axes de la politique de notre pays, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos frontières, si l’on peut encore utiliser ce mot. On se souvient que François Hollande aime à publier un communiqué officiel pour les fêtes juives ou musulmanes, tandis que les fêtes catholiques sont superbement ignorées. L’hypocrisie libertaire et les atteintes à notre identité font le lit des ennemis de la France mais ces épreuves, loin de nous décourager, doivent nous inviter à un véritable sursaut, conforme à nos traditions et à notre héritage, et je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase, d’une vérité à la fois cruelle mais aussi pleine d’espérance, du Général de Gaulle : « Toute notre histoire, réfléchissez-y bien, c’est l’alternance d’immenses douleurs d’un peuple dispersé, et des grandeurs fécondes d’une Nation groupée, libre, sous l’égide d’un État fort. »

Loricatus Miles

15 janvier 2015 Rédacteur

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