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Rare et fameux esprit, dont la fertile veine

Ignore en écrivant le travail et la peine,

Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts,

Et qui sais à quel coin se marquent les bons vers

Dans les combats d’esprit savant maître d’escrime,

Enseigne-moi, Boileau, où tu trouves la rime.

Même si l’élève ne surpasse le maître,

De qui l’esprit et d’or, brillant plus que tout être,

Il tentera en vain d’imiter ses élans,

S’attelant à rendre ses pauvres vers charmants,

S’appliquant comme lui les rigueurs de la plume,

En produisant sans fin une bien pâle écume

Comparée au génie déployé par ses mots.

Je m’y essaie, tant pis, hélas sans Erato !

Il est venu le temps de dire ce que je pense,

Il est venu le temps de parler transhumance.

Aussi vrai qu’arrive Printemps à pas feutrés

Soleil avec Flore viennent nous réchauffer.

De leur union ressort l’envie des grands espaces :

Les jeunes par centaines se prennent pour des Horaces

Se muant en guerriers généreux et altruistes,

Se hâtant sans lenteur, agiles, ils entrent en piste,

En lutte éternelle face à l’autorité,

Déterminés toujours à battre le pavé.

En dépit du nombre s’arrogent-t-il le droit,

Par ruse et par violence, de bloquer les endroits

Fréquentés par ceux qui désirent travailler,

Croyant qu’à leur âge il est meilleur d’étudier.

Par superbe ils jugent bien hâtivement fats

Tous ceux qui se perdraient dans un autre combat,

Oubliant leur devoir de solidarité,

Se rendant coupables de grave lâcheté !

Ainsi s’intitulent-t-ils missionnaires modernes

Dispensant les bon-points, ou taxant de badernes

Les sots qui seuls s’enchaînent au grand Kapital.

A les voir malgré tout il apparaît fatal

A son intégrité de même qu’à son esprit

De participer à de pareilles orgies.

La masse, même grande, ne fait gagner personne

Le mauvais-goût, son maître, tout seul y résonne.

Pensez à ces moutons auxquels vous ressemblez,

Suivant le bloc sans nom derrière votre berger.

Votre instinct grégaire vous mène à la folie

Car parmi la foule se retire l’esprit.

Ici les sentiments les plus sots s’y agrègent,

Là s’affairent de bien habiles stratèges

Qui sans autre foi que celle en la confusion

En tout point sèment des ferments de dissension.

Apprenez qu’il est mieux de s’engager vraiment,

Dans de petits combats plutôt que dans les grands,

Car l’on ne gagne rien à sans cesse tonner,

Mais l’on reçoit lauriers à faire charité.

Si pester et hurler se font toujours en vain,

Cheminer vers l’autre ne peut faire que du Bien

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