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Ils sont francs, les maçons

Si vous avez l’occasion d’une balade dans ce quartier, si beau et si cher à mon cœur, qui entoure l’église Sainte-Geneviève à Paris, allez donc rue des Fossés Saint-Jacques, au numéro 10 : vous ferez un voyage dans le temps, qui vous propulsera en 1905, à l’époque des vieux anticléricaux en redingote qui se piquaient de « bouffer du curé ».

En effet, vous découvrirez le siège de la Fédération nationale de la Libre Pensée, austère et au décor aussi démodé que leur site internet. Vous observerez la plaque en l’honneur de Ferdinand Buisson, idole de notre ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, installée en « représailles » de la venue de Jean-Paul II en France en 1980. Un acte qui, sans nul doute, fit vaciller la basilique Saint-Pierre sur ses bases.

Puis vous jetterez un œil à la vitrine, sale et peu actualisée, à l’image de l’idéologie de la boutique, et vous trouverez, parmi les pamphlets anti-catholiques, quelques ouvrages dédiés à la recherche sur l’embryon. Et c’est ici qu’il faut rire jaune.

En effet, les frontières sont floues entre les antichambres maçonniques du calibre de la Libre Pensée (on peut ajouter aussi l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, coterie pro-euthanasie) et le gouvernement socialiste. Il n’est donc pas étonnant de voir la signature des premières derrière certaines lois de ce dernier. Au moins ne s’en cachent-ils pas.

Ce qui vexerait sans doute les vieux briscards de la Libre Pensée, souvent des syndicalistes d’extrême-gauche (tendance trotskyste, comme Jean-Luc Mélenchon, autre pilier de loge), c’est de reconnaître que, dans le même mouvement, ils servent les intérêts du Grand Capital. Ainsi, voilà ce que disait fièrement la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso dans Les Echos du 5 août dernier : « Autoriser la recherche sur l’embryon humain va nous remettre dans la course internationale. » Chers collègues, nous faisons face à un problème éthique et une perspective économique, passons donc directement à la perspective économique.

Peut-être ne veulent-ils pas le voir, ces obscurantistes qui se réclament des Loupiottes - pardon, des Lumières. Mais il ne faut pas trop demander à des survivants d’un autre âge.

PS : Au sujet de la franc-maçonnerie, il convient de lire :

- Peut-on être chrétien et franc-maçon ?, de Mgr Dominique Rey : petit ouvrage synthétique sur la question. Citation à retenir, pour les Chouans du Web qui raffolent des complots : "L’influence de la franc-maçonnerie ne doit être ni sous-estimée, ni surestimée".

- De Luther à Benoît XVI, du Père Michel Viot : un témoignage nuancé d’un ancien pasteur luthérien et dignitaire maçonnique, appartenant à la franc-maçonnerie « de droite », exempte de tradition anticléricale, aujourd’hui déchirée en France par des conflits internes.

- Un article de Patrice de Plunkett sur la récente affaire de l’ex-curé de Megève, démis de ses fonctions pour avoir choisi de rester franc-maçon : efficace et mordant, comme d’habitude.

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