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Éloge du bien-pensant

17 septembre 2012 Contributeurs extérieurs

Veuillez m’excuser si, à la lecture de cet article, certains se sentent « stigmatisés » ou « discriminés », mais je n’ai pas pu m’empêcher de « déraper »…

La « bien-pensance » ou « pensée unique » est le fléau de notre époque. A l’instar du relativisme, elle apparaît comme une véritable arme de destruction massive, ou plutôt d’autodestruction massive…
Voici donc quelques caractéristiques du bien-pensant :

Le bien-pensant ne pense pas.

Il n’est que la caisse de résonance d’une pensée, d’un « prêt à penser » élaboré par une petite caste d’intellectuels dégénérés. N’essayez pas de le convaincre avec des arguments : c’est perdu d’avance. Si vous le rencontrez il faudra le persuader en jouant sur la corde sensible. Car le bien-pensant ne résiste pas aux beaux discours (si tant est qu’il résiste à quelque chose…)

-Le bien-pensant est sectaire.

Autre chose à savoir avant d’aborder un bien-pensant : son degré d’ouverture d’esprit est aussi limité que sa capacité de raisonnement. Son souci apparent pour la tolérance ne fait que masquer son horreur de la contradiction. Car il sait de quel côté se trouve la vérité, et ce n’est jamais du vôtre ! (sauf quand vous êtes d’accord avec lui bien sûr…)

-Le bien-pensant est épris de liberté.

La liberté c’est sa grande passion. « Jouir sans entrave », telle est sa conception (élevée) de la liberté. Libérer l’humanité du carcan des règles morales et religieuses, tel est sa mission. Mais cette liberté qu’il porte volontiers aux quatre coins du monde, comme un étendard, a ses limites : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! » disait Saint-Just. C’est que si vous n’êtes pas d’accord avec lui, il trouvera un moyen de vous faire taire. En vous traitant de « fasciste » par exemple (insulte favorite) ou d’autres jolis noms qui vous vaudront l’anathème de toute la communauté des bien-pensants… Ah, le bien-pensant. Un amoureux de la liberté. Mais la vôtre en revanche…

Ainsi, il y a des sujets sur lesquels il ne transige pas. Quel monstre êtes-vous si vous avez l’audace de remettre en cause le droit à l’avortement (avancée notable) ou le « droit à mourir dans la dignité » (comme si ceux qui mourraient naturellement mourraient dans l’indignité...). Quel sacrilège si vous critiquez le planning familial qui a « libéré » tellement de jeunes femmes, désormais heureuses et émancipées. Quel scandale enfin si vous osez vous opposer au mariage homosexuel ! Vous vous rendez compte ? Empêcher deux personnes de s’aimer librement…

Le bien-pensant est un progressiste

Ses adversaires ne sont que des ringards qui prônent un retour à l’âge de pierre et encouragent la régression de l’humanité. Lui, croit au « Progrès », à la marche inéluctable de l’histoire vers un monde meilleur. C’est ce que lui ont raconté ses parents quand il était petit, le soir, avant de s’endormir… Ainsi, le bien-pensant rejette l’histoire de son pays. Le passé n’est qu’un frein au progrès. Il faut oublier tous ces sauvages qui nous ont précédés. Surtout ces obscurantistes du Moyen âge. Ah, quelle horreur ! « Les croisades », « le bûcher », « l’inquisition » (comme si vous y étiez)… Non, il faut s’excuser pour tous ces crimes abjects qu’ont commis nos aïeux. Ah, la tolérance, c’est sacré pour le bien-pensant. Plus que la vérité historique. Le problème, c’est que la seule histoire qu’il connaît est celle passée sous le crible du politiquement correct ou, pour reprendre une expression désormais connue, de l’ « historiquement correct ».

Le bien-pensant est un doux rêveur.

Vous l’aurez compris, le bien-pensant ne vit pas dans le réel mais dans le fantasme. Il a renoncé aux grands et nobles idéaux qui permettaient jadis aux hommes de s’élever. Non, lui préfère vivoter et poursuivre des chimères, bien moins engageantes et contraignantes, mais tellement plus flatteuses pour son ego ! Sa religion à lui, c’est celle de l’humanité, la grande fraternité universelle. Que c’est beau ! « On ira tous au paradis ! ». C’est sa chanson préférée…

-Le bien-pensant est un pacifiste

« Faites l’amour, pas la guerre », telle est la devise du bien-pensant en matière politique, lui qui se croit dans le monde merveilleux des « bisounours »… Mais cette horreur de la guerre n’empêche pas le bien-pensant de se faire passer pour un grand résistant. C’est même son péché mignon. Il sait s’indigner, lui ! Ah ! J’aimerais bien le voir en temps de guerre, notre bien-pensant, on l’entendrait sûrement moins…
Enfin, le bien-pensant ne supporte pas les frontières. Erigées par des hommes au cœur étroit, elles entravent la grande réconciliation de l’humanité. (C’est l’inconscient chrétien qui parle…) Ainsi ne comprend-t-il pas pourquoi tant de sang à irrigué la terre sur laquelle il se meut (ou se traîne plutôt…) et tant de vies sacrifiées en vain. Car le bien-pensant n’a aucun attachement pour son pays. Aimer son pays pour lui, s’est forcément détester ses voisins et être « xénophobe »…
Bref, on se demande ce que le bien-pensant fait encore chez nous. Il s’y sent tellement mal… A vrai dire, on se passerait bien de lui !

Ah, excusez-moi, j’ai encore dérapé…

Pierre Hemming

17 septembre 2012 Contributeurs extérieurs

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