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De la nécessité de passer devant M. le maire avant de passer devant M. le curé.

Le texte ci-dessous est un article publié par Thierry de Vingt-Hanaps sur son blogue personnel. Thierry de Vingt-Hanaps a récemment fait paraître un ouvrage intitulé Socrate contre Antigone ? Faut-il obéir aux lois injustes ? (Editions Téqui).
L’auteur nous a aimablement proposé de relayer ce texte dans nos colonnes.

Le relativisme détruit le sens. Par son nivellement, il met à même niveau des réalités qui offrent pourtant des différences spécifiques. Enfin, il trompe en changeant le sens des mots, à dessein de mieux faire perdre les repères et la connaissance de réalités différentes.

Si on raisonne par comparaison, on dit que du vin c’est comme de l’eau. Il y a en effet beaucoup d’eau dans le vin : près de 90% . Puisqu’il est impossible de dire à partir de quel niveau c’est du vin, dira-t-on que c’est comme de l’eau ? Finalement c’est la même chose. Appelons eau tout ce qu’on sert à boire.

Alors il y a tromperie et on appelle d’un même mot ce qu’on devrait dénommer liquide et qui pourtant désigne sont deux liquides distincts : vin et eau. Le relativisme fait perdre la connaissance et le discernement entre deux réalités différentes, même si elles partagent des points communs, mais en les assimilant l’une à l’autre non sous un nom générique mais sous le nom de l’une d’entre elle, elle est finalement une tromperie.

Parlons du « mariage Taubira » . Il existe différentes formes d’union. il y a notamment l’union spécifique entre un homme et une femme, et cela ne date pas d’hier qu’on l’appelle mariage. Et puis il existe d’autres forme d’union qui ne sont pas des mariages, que ce soient entre personne de même sexe ou de sexes différents d’ailleurs, comme : une association, un partenariat, une cohabitation ou une liaison …

Dire qu’on appellera désormais mariage toutes les formes de liaison, c’est relativiser et falsifier et à terme tendre à faire perdre la connaissance de la réalité spécifique de l’union d’un homme et d’une femme dans le mariage.

Avec la loi Taubira, lorsque le maire reconnaîtra le « mariage Taubira » en mairie c’est une double falsification. C’est un mensonge vis-à-vis des personnes de même sexe. C’est une déconsidération pour les couples qui se marient réellement. En effet, la loi ne reconnait plus aux époux la spécificité de leur union, puisque celle-ci est réputée être de même nature que celle d’unions qui ne sont pas mariage. Ainsi, le mariage Taubira nivelle à un niveau indifférencié deux unions qui ne sont pas de même nature, en commettant la falsification de les appeler toutes deux du nom spécifique de mariage. Or demander à des fiancés de contracter une union indifférenciée comme étant un mariage, c’est les forcer à participer à la confusion, à la falsification, les forcer à participer à la mascarade.

En effet, de deux choses l’une. Soit l’union en mairie valide un mariage authentique, et alors une des élémentaires conditions matérielles est d’être contracté par un homme et une femme, et c’est alors un mensonge que de recevoir deux personnes de même sexe. Le maire devrait alors porter un nez de Pinocchio, ce nez qui s’allonge quand on ment. Soit l’union en mairie valide différentes formes d’union et il est ridicule et trompeur de l’appeler du nom spécifique de l’une d’entre elles, à savoir "mariage". C’est une tromperie et une mascarade car ce n’est pas sérieux de tout mélanger. Le maire devrait alors porter un gros nez rouge, le nez des clowns.
L’union Taubira est pire que le PACS puisque celui-ci ne prétend pas être un mariage...

Même en admettant que la loi reconnaisse une union civile indifférenciée, il n’en reste donc pas mois que l’union reconnue en mairie ne peut à la fois être un mariage authentique ou une union indifférenciée. La clarté doit être faite pour le citoyen, quel qu’il soit. C’est un droit élémentaire pour le citoyen que la loi soit explicite, claire et non confuse : le relativisme qui sème la confusion devrait être rejeté et non pas être diffusé partout.

Les couples qui veulent authentiquement se marier et qui doivent recourir à l’union Taubira sont pris en otage en quelque sorte : ils sont comme embrigadés d’office dans la mauvaise troupe, figurants contraints de la mascarade du mariage Taubira.

Par ailleurs, cette clarification est utile pour les citoyens qui se marient religieusement et tout spécialement les catholiques. Le curé qui assiste et enregistre le mariage religieux est en effet civilement tenu de contrôler que le couple s’est auparavant marié dans les règles de la loi civile. Or on ne sait plus si le mariage devant le maire est un mariage authentique ou non. Si, comme il semble bien, tel n’est plus le cas, alors en toute logique, le couple qui veut se marier religieusement ne devrait pas être tenu à cette norme civile qui devient abusive puisqu’elle n’a qu’un rapport lointain avec avec leur union matrimoniale.
Il parait en effet dans cette situation de confusion franchement incompréhensible de maintenir l’obligation légale imposant aux époux croyants qui veulent faire de leur union matrimoniale un sacrement à l’Eglise d’avoir auparavant contracté en mairie une union indifférencié aux yeux de la loi.

Il parait dès lors difficile de comprendre en quoi l’Eglise est soumise à un précepte justifié lorsque elle est tenue d’exiger que les fiancés aient contracté une union indifférenciée, abusivement appelée mariage. Autrement dit, on impose à l’Eglise de valider que les fiancés aient participé à la confusion qui vise à faire perdre le sens authentique du mariage en contractant un "mariage Taubira" en mairie. Ce qui était une condition civile qui pouvait avoir une justification dans un Etat qui ne reconnait pas la validité du sacrement perd son obligation morale lorsque l’Etat ne reconnait plus non plus la réalité du mariage authentique. Son intention principale ne devient-elle pas alors sophistique : instrumentaliser l’Eglise en la contraignant à souscrire une union Taubira avec de se marier. Gardons bien à l’esprit que l’union Taubira a conservé le terme "mariage" pour mieux semer la confusion. Mettons que cette union Taubira soit nommée, ce qui serait plus juste, "union indifférenciée" ou encore "PACS en mairie" ou "pseudo-mariage", cela heurterait les catholiques d’être contrains d’y souscrire avant de se marier. Et pourtant, sous des mots différents, c’est bien de cela dont il s’agit.

N’est-ce pas contraindre les mariés religieusement à faire croire qu’ils participent à la mascarade ?
En tout cas, c’est la soumettre à un précepte qui n’a plus de sens.

Et puisque le pseudo-mariage Taubira est une falsification, pourquoi faudrait-il le contracter avant le mariage à l’Eglise ? La question ne se pose-t-elle pas ? La situation pour les fiancés catholiques du mariage en deux temps, devant le maire puis devant le curé, était déjà une situation compliquée mais elle perd carrément tout sens : la loi cherche-t-elle à contraindre les croyants à cautionner l’union Taubira par la contrainte légale ?

L’Eglise, les mariés -les premiers acteurs concernés- et le clergé -ministre du mariage religieux- resteront-ils indifférents à cette manipulation ?

L’Etat a retranché aux citoyens la possibilité que leur mariage authentique puisse être reconnu dans sa spécificité propre. Seuls ceux qui se marient à l’Eglise ou sous d’autres formes religieuses qui reconnaissent la réalité propre de l’authentique union du mariage ont encore cette possibilité. L’Etat a abandonné les autres à un mélange indifférencié. Voilà qui devrait être un sujet de réflexion pour les citoyens droits qui n’ont pas de religion : n’avoir d’autre religion que César, c’est suivre celui qui broie des réalités diverses pour ériger la confusion et l’imposer.

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