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De l’urgence d’être UNE réactionnaire

Moi, femme réactionnaire
Rastignette par Corsaire

Qu’on me pardonne cet emprunt au titre de l’excellent ouvrage de M. Ivan Rioufol, mais c’est un fait : les hommes ont toujours été plus en pointe que les femmes sur le terrain du combat politique, à commencer par la voie littéraire.


J’entends déjà les cris ulcérés de l’inquisition féministe à la simple lecture de cet incipit, outrageant pour ces 40 dernières années de « combat féministe ». Que l’on me taxe de schizophrénie, je m’empresserai de répliquer, le plus fémininement du monde : tout va très bien Madame la Marquise ; je laisse aux « chiennes de gardes » et autre combattantes embourgeoisées qui s’ennuient, le soin de revendiquer des droits dont je n’ai que faire.


Pour paraphraser Simone de Beauvoir : on ne naît pas femme réactionnaire, on le devient. C’est quasiment un voyage initiatique. En effet, quel que soit le milieu social d’origine, l’éducation conférée par la cellule familiale, on ne peut être totalement hermétique à quarante ans d’idées socialo-progressistes véhiculées, par une guerre culturelle que l’on croyait perdue. Oui, moi aussi, je le confesse avec honte, j’ai eu une période pré-adolescente revendicatrice et féministe ; parce que, comme dans les films nous venant tout droit d’Albion, ça « faisait bien ».


Sans vouloir mettre de l’huile sur le brasier de notre actualité politique, j’ose dire « au nom de mes pères » – biologiques, spirituels, intellectuels – que j’ai reçu ma conscience politique en héritage de l’oeuvre de grands hommes ; Balzac pour commencer, qui n’a jamais dissocié son œuvre littéraire d’un ardent combat pour la vérité. Tocqueville, qui su écrire si brillamment, en des termes prophétiques, l’avènement de la société individualiste et le règne de la médiocrité au nom de l’égalitarisme. Bainville qui anticipa les erreurs et le déclin français. Et puis les « modernes » bien sûrs (même si ce terme est une quasi hérésie lorsqu’on parle de réactionnaires) : Philippe Murray, Eric Zemmour, qui, s’ils sont loin de disposer de la même qualité littéraire que leurs aînés, s’inscrivent tout de même dans la lignée d’un seul et même combat : celui pour la vérité.


Je me suis toujours demandée si cette propension plus grande à l’engagement, à la défense des convictions, chez la gent masculine, ne relevait pas de la frustration de cette génération à qui l’on ne demande plus de combattre pour la patrie mais qu’on exhorte à l’apathie la plus consommatrice possible. Quoi qu’il en soit, je ne peux, par simple orgueil, méconnaître cette réalité d’un plus vif souci du bien commun chez les hommes, du moins quant à l’action politique.


C’est pourquoi, moi, femme réactionnaire, je tends à l’humilité qui me pousse à reconnaître la différence des sexes dans la complémentarité.


Moi, femme réactionnaire, j’ai compris que mon engagement ne devait pas revêtir la forme vulgaire de ces militantes asexuées qui braillent dans les manifestations punk à chiens dans l’espoir d’être prises au sérieux.


Moi, femme réactionnaire, je m’engage à ne pas crier « au Macho » à chaque soirée politique auxquelles je participe ; prendre avec humour des faits réels et avérés, même s’il sont énoncés avec l’excès et le panache que requiert cette société policée, ne fera pas de moi une femme soumise.


Moi, femme réactionnaire, j’ai appris qu’accepter l’ordre naturel ne m’enferme pas pour autant dans un rôle que je ne souhaiterais pas jouer. Les hommes prennent d’autant plus en considération ce que j’ai à dire lorsque je ne tente pas d’être une de leurs pâles caricatures.


Moi, femme réactionnaire, j’ai, certes, parfois souffert d’être une espèce en voie d’extinction dans cet univers presque exclusivement masculin. Mais je m’y sens d’autant plus attirée : cela signifie qu’il y a de la place pour moi.


Alors je crois qu’être une femme réactionnaire au milieu des hommes, c’est aussi un combat : il me permet de retrouver ma place, en toute altérité, cette place que la société tend désespérément à nous retirer à coup de « droits à » pour faire de nous des soliloques indifférenciés.

Rastignette

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