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Congrégation pour les Évêques : les conservateurs évincés

Son nom avait été évoqué à de nombreuses reprises lors du dernier conclave comme un candidat ratzingérien. Son Éminence Monseigneur Ouellet a été confirmé ce jour à la tête de la congrégation pour les Évêques. Archevêque de Québec et primat du Canada jusqu’en 2010, il a été appelé à la Curie par Sa Sainteté le pape Benoît XVI pour prendre la tête de ce puissant organisme du Saint-Siège, chargé de la délicate mission de choisir les évêques nommés par le Saint-Père. François lui a renouvelé sa confiance, contrairement à 14 membres de la congrégation.

Un article récent publié sur la gazette-en-ligne du vaticaniste Sandro Magister fait état du profond remaniement qu’a subi la congrégation pour l’Éducation catholique. L’option retenue par le pape François semble être identique dans le cas de la congrégation pour les Évêques : le préfet qui en assure la direction a en effet été confirmé, mais la composition en a été largement revue. Douze cardinaux et archevêques, nouveaux membres, vont donc se substituer à 14 prélats.

Monseigneur Marc Ouellet

Sur le départ, il faut noter les noms des cardinaux américains Raymond Leo Burke et Justin Rigali, dont l’action avait permis la nomination de nombreux évêques ratzingériens aux États-Unis. Le cardinal Maurizio Piacenza, qui représente également un frange de l’Église attachée à la Tradition a également été congédié. Enfin, le très conservateur cardinal-archevêque de Madrid Antonio Rouco Varela, a subi le même sort.

Au chapitre des nominations, on pourra les trouver in extenso à la fin de l’article. Cependant, il faut en noter quelques uns :

  • C’est une nouvelle fois Mgr Stella qui prend la place de Mgr Piacenza, après l’avoir remplacé comme préfet de la congrégation pour le Clergé, et comme membre de la congrégation pour l’Education catholique ;
  • Mgr Pietro Parolin, nouveau Secétaire d’Etat, rejoint la congrégation ;
  • Mgr Wuerl, de tendance relativement conservatrice, et nouveau président de la conférence épiscopale états-unienne, rejoint Mgr Levada, ancien préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi, au sein de la congrégation pour les Évêques et ils pèseront donc sur les nominations américaines ;
  • Ancien secrétaire de la congrégation pour les Évêques, devenu secrétaire du Collège des cardinaux, et par conséquent secrétaire du dernier conclave, Mgr Baldisseri, le « demi-cardinal » qui a reçu la calotte pourpre du pape François lors de son élection, a été nommé secrétaire général du Synode des évêques et retrouve à présent la congrégation pour les Évêques dont il devient membre.

S’il faut ajouter à cette liste deux autres cardinaux de Curie (NN. SS. Kurt Koch et Braz de Aviz), c’est une congrégation comptant davantage « d’évêques de terrain » qui se dessine : moins conservatrice, moins traditionnelle, plus « pastorale ». D’aucuns avancent que ces bouleversements ont pour objet de refléter les nombreuses recommandations du pape François sur le rôle des évêques. Cependant, il est clair que la pastorale traditionnelle, qui fait de plus en plus ses preuves dans les pays de vielle Chrétienté, où elle seule résiste efficacement à la sécularisation, n’a pas été retenue par le Saint-Père comme une réponse efficace à la déchristianisation.

S’agissant des nominations épiscopales en France, qui nous valent des fossoyeurs de diocèses comme Mgr Fonlupt, rien ne laisse penser qu’elles changeront. Les cardinaux français Jean-Louis Tauran (Curie) et André Vingt-Trois ont été en effet reconduits et la nouvelle orientation ne laisse rien présager de bon.

Rappelons que la congrégation pour les Évêques est chargé d’examiner à la loupe les trois candidats pressentis par les nonces apostoliques de chaque pays pour les nominations dans les évêchés vacants. Après avoir scruté les différents profils, la congrégation procède à un vote, et, en général, le Saint-Père nomme celui a recueilli le plus de voix.

Les nouveaux membres de la congrégation sont les cardinaux Francisco Robles Ortega (Mexique), Donald William Wuerl (Etats-Unis), Rubén Salazar Gómez (Colombie), Kurt Koch (Unité des chrétiens), João Braz de Aviz (Instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique).

Ainsi que les archevêques Mgr Pietro Parolin (Secrétaire d’Etat), Mgr Beniamino Stella (Clergé), Mgr Lorenzo Baldisseri (Synode des évêques), Mgr Vincent Gerard Nichols (Grande Bretagne), Mgr Paolo Rabitti (Italie), Mgr Gualtiero Bassetti, (Italie), Mgr Felix Genn, (Allemagne).

Il confirme comme membres les cardinaux Tarcisio Bertone, André Vingt-Trois, Jean-Louis Tauran, Zenon Grocholewski, George Pell, Agostino Vallini, Antonio Cañizares Llovera, William Joseph Levada, Leonardo Sandri, Giovanni Lajolo, Stanisław Ryłko, Francesco Monterisi, Santos Abril y Castelló, Giuseppe Bertello, Giuseppe Versaldi ; et Mgr Claudio Maria Celli, José Octavio Ruiz Arenas, Zygmunt Zimowski.

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