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Chronique de la répression ordinaire des opinions en France

Je n’écris bien sûr qu’un très modeste chapitre de cette histoire, celui qui me concerne aujourd’hui. D’autres sont ou seront plus tristes, plus graves à lire.

Le 3 octobre, après avoir passé un peu de temps à veiller comme sentinelle Place Vendôme, je suis allé Place Beauvau, en face du ministère de l’Intérieur vers 23h45. Trois autres personnes étaient elles aussi avec moi sur la place, arrivées au même moment et avec la même activité : se tenir debout, silencieux, sans slogan ni bannière, en paix avec leur entourage, pour témoigner par notre attitude de notre refus face à des politiques que nous jugeons inacceptables. Nous étions tous éloignés les uns des autres, positionnés non loin de la chaîne qui délimite la chaussée, et nous avons été invités par un policier à monter sur le trottoir, ce que nous avons fait, tout en restant éloignés les uns des autres. Deux autres sentinelles sont arrivées peu après.

Très peu de temps après avoir pris ma place en face de la guérite, un policier est venu me demander fort civilement combien de temps je comptais rester à cet endroit. Je lui ai répondu que je n’avais pas encore déterminé d’heure de départ.

Pendant que je veillais, une personne manifestement en état d’ébriété a crié à plusieurs reprises son désir ou phantasme de sodomie envers les Roms, en plus vulgaire bien sûr. Cela n’a pas ému les nombreux policiers présents : ce n’est sans doute pas constitutif pour eux d’un trouble susceptible de les faire agir, que ce soit pour mettre fin au désordre public ou pour protéger cette personne au discernement aboli. Les amis de cette personne, pas à jeun non plus, l’ont entraînée ailleurs et nous avons retrouvé notre quiétude … peu de temps !

Un camion de police est arrivé en renfort tout juste après minuit le 4 octobre. Un policier est venu me demander mes papiers d’identité. Il a esquivé lorsque je l’ai interrogé sur la raison qui motivait ce contrôle. De même, lorsque je lui ai demandé s’il avait un délit à me reprocher, il n’a su que me retourner la question, à laquelle j’ai répondu négativement. Je lui ai confié mon passeport, il a pris des notes sur un papier puis l’a emporté dans le camion.

Peu après, à environ minuit douze, un autre policier, très grand, s’est placé devant moi, m’a intimé de me reculer. Je lui ai indiqué qu’un de ses collègues nous avait demandé de nous mettre sur le trottoir. Il s’est mis à me repousser brutalement vers l’arrière. Au bout de 2 mètres environ, je me suis laissé tomber et je n’ai opposé aucune autre résistance que mon poids. Il m’a soulevé et s’est mis à me porter, puis un de ses collègue est venu l’aider. Ils m’ont déposé (bien sûr contre mon gré) sur le trottoir à l’angle de la rue du faubourg Saint Honoré et de l’avenue de Marigny. Pendant le temps de ce transport, je leur ai rappelé calmement qu’ils attentaient à ma liberté et quelles sont les dispositions de l’article 432-4 du code pénal. D’autres sentinelles ont été, elles aussi, portées, d’autres enfin ont eu à se mouvoir fermement encadrées par deux policier. Ces policiers ont ensuite fait écran pour décourager toute tentative de retourner jusqu’à ce que nous soient rendues nos pièces d’identités entre 0h30 et 0h45. J’ai quitté les lieux peu après.

Quelques questions :

Les forces de l’ordre sont intervenues. C’est leur rôle. Mais n’y avait-il pas de délits ou de crimes à prévenir ou à réprimer qui seraient plus critiques que ce délit d’opinion qui nous est implicitement reproché ?
Que penser de l’état de la démocratie en France ?
Enfin, qui peut penser que cette répression sera efficace et dissuasive ?
Je vous laisse répondre, mais soyez certain que ma détermination reste intacte !

Remseeks

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