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[CAUSERIES JAPONAISES] Le travail, la famille, et la Patrie

Causeries Japonaises

XV - Travail, Famille, Patrie

Automne MMXIII, à Hiyoshi

Voici la devise la plus naturelle et la plus saine au monde et, pourtant, la plus honnie dans notre pays. L’ostracisme dont fait l’objet le « régime de Vichy » illustre parfaitement la propension des gens « éclairés » à décider du bien et du mal, du noir et du blanc. Pas de chance pour Philippe Pétain et son régime : il est noir, mauvais et irrémédiablement fasciste – horrible n’est-ce pas ?

Regardons un peu du côté du Japon qui ne connaît pas ce genre de tabous et qui vit simplement sans poser des problèmes qui n’existent pas. À la différence de chez nous, le travail est ici valorisé à sa juste valeur. Il est même un élément fondamental de la société : toute personne doit travailler à la mesure de sa capacité afin de servir autrui, car chaque Japonais sait naturellement que la société ne peut fonctionner que par le service et le devoir. Pour servir et remplir ses devoirs, des efforts sont nécessaires : le travail n’en est qu’un autre nom. Il est aussi reconnu la valeur positive du travail dans le perfectionnement personnel. Il ne saurait être question, en effet, de travailler de façon désincarnée : comme le travail en société est destiné à son prochain (à commencer par sa famille), le travail gratuit et personnel – dans l’étude, les associations, les sports – est valorisé au plus haut point. Il n’est pas si compliqué, ainsi, de s’intégrer dans la société japonaise : il suffit de travailler avec bonne volonté et d’accomplir ses œuvres à sa mesure. À l’école, on étudie et, même si l’on passe ses journées à la bibliothèque, on n’est pas considéré comme un être « bizarre », voire comme un lugubre rapace qui veut voler une place, : au contraire, on force le respect par les efforts produits sans étalage et humblement.

La famille reste le fondement de la société et toutes les valeurs y trouvent leur source. Au Japon, par exemple, on est soit célibataire soit marié, mais il n’y a rien d’autre. La famille implique nécessairement des enfants et leur éducation subséquente. Il est habituel de parler de ses anciens et de ses projets de fondation d’une famille. D’où l’attachement viscéral des Japonais à leur terre natale. Quel beau pays où il ne fait pas peur de subir deux heures de transports matin et soir afin de continuer à vivre sur le lieu de ses racines ! La précieuse famille est la société en miniature, avec sa diversité et ses personnalités. Elle enseigne le service et l’abnégation, l’autorité naturelle, le respect, la liberté, etc. Elle fait comprendre que l’exclusivité absolue de la famille est compatible avec l’ouverture chaleureuse vis-à-vis de l’extérieur.

Vient ensuite la patrie qui couronne naturellement le tout en la personne du roi qui fédère un ensemble de pratiques, de coutumes, de spiritualités et de patrimoines qui constituent ce que l’on appelle la « civilisation ». La patrie – extension de la famille, terre de ses pères et des traditions – est l’unité des hommes dans la variété des situations et des lieux, et l’harmonie entre les hommes dans la différence. Comme un père élève ses enfants afin qu’ils deviennent bons et pleinement eux-mêmes, le roi trace les grands desseins tout en incarnant physiquement et spirituellement le pays. Le respect dû à la patrie est tout aussi naturel que la sociabilité de l’homme. Elle consacre enracinement, claire conscience du bien commun et chaleur d’une société harmonieuse où toutes les tensions, bien naturelles, restent à l’état de disputes entre amis ou en famille. Le lien demeure plus fort que toutes les divisions.

« Travail, Famille, Patrie ». Cette devise pourrait être celle du Japon. Alors arrêtons avec ces diabolisations idiotes. Il n’est pas vraiment difficile de se rendre compte de l’épaisseur et de l’importance fondamentale de ces trois mots. Reconnaître cela revient simplement à se comporter en être humain. Il suffit de regarder le Japon pour se rendre compte que ces trois mots n’ont rien à voir avec les démons que des illuminés agitent sans cesse. Ces trois mots sont au contraire plutôt évangéliques. Il faudrait peut-être reconsidérer les idées reçues, savoir que (presque) tout est gris et reconnaître que « le régime du Vichy » avait aussi du bon malgré son échec. Je ne connais pas grand-chose à ces problématiques mais ma conclusion se fonde sur deux bases : une défiance viscérale face aux affirmations dogmatiques des illuminés – ils disent que le « régime de Vichy » est le mal absolu, or ce n’est pas possible : il doit donc avoir du bon, voire quelque chose que l’on veut nous cacher – et un bon sens naturel qui me permet de juger que la devise du régime était justement fondée sur le plus élémentaire bon sens. Cela témoigne d’ailleurs, peut-être, de l’état de désagrégation de la société française, déjà à l’époque, puisqu’il fallait rappeler par cette devise des vérités qui devraient pourtant être totalement naturelles, comme l’illustre aujourd’hui encore le Japon. Ces valeurs ne devraient pas avoir besoin d’être spécifiées et cela peut expliquer dans un certain sens notre décadence : bloqués sur des principes qui ne devraient pas susciter de discussions, nous ne pouvons rien construire. Nous avons plutôt passé un siècle à ralentir, sans succès, la destruction de tous les fondamentaux. Quant aux innocents injustement massacrés, ils sont chaque jour que la Ve République fait plus nombreux...

Paul-Raymond du Lac
Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

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