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Belkacem et Jeanne d’Arc : laïcisme et manipulation.

Le samedi 25 mai, Najat Vallaud-Belkacem était à Rouen pour les cérémonies en l’honneur de Sainte Jeanne d’Arc.
Et quel honneur ! Le « ministre des droits des femmes » a prononcé un discours dans la cathédrale transformée pour l’occasion, tels les temples de la raison de la Révolution. Son discours, creux, est complètement hors sujet et même insultant pour la sainte libératrice du Royaume.

Voici notre commentaire de certains extraits :

« Une invitation qui s’inscrit dans une très longue et magnifique tradition municipale et républicaine » ; ou encore, dans un entretien publié sur son blog : « La ville de Rouen organise les festivités en l’honneur de Jeanne d’Arc depuis 1921. C’est une vraie tradition républicaine. (...) la Fête des Lumières à Lyon, une fête d’origine catholique initialement vouée à remercier la Vierge d’avoir épargné les Lyonnais de la peste. Je sais combien de tels événements, maintenant sécularisés, très populaires, représentent un grand rendez-vous de tous les habitants autour de valeurs qu’ils partagent ».

Non Madame, la mémoire de Jeanne d’Arc n’est pas une tradition républicaine et municipale depuis 1921. Cette date correspond à sa canonisation. On observe ici la joie éprouvée par les gaucho-républicains lorsqu’ils prononcent le terme « sécularisé ». Autre date, le 8 décembre est la fête de l’Immaculée conception, fête qui a un sens beaucoup plus fort à Lyon puisque associée à la protection contre la peste. La « fête des Lumières » est une pure invention commerciale et laïcarde. Le fait de vendre des kebabs et des merguez dans les rues pour l’événement ne fait pas du 8 décembre une fête républicaine ... quoique de fait ... . La récupération des traditions catholiques par les libéraux-libertaires est une insulte à notre Foi, dévoyée et travestie. Cette photo prise à la cathédrale de Rouen lors du discours illustre ce mépris :

Par la suite, le ministre évoque le « mâle Moyen-Age », signifiant que Jeanne d’Arc était une féministe anti domination masculine. Le ministre oublie sûrement que l’homme médiéval est beaucoup plus noble que le bourgeois enrichi ou le notable républicain des XIXe et XXe siècle, que l’esprit de chevalier prévaut, tout comme l’honneur et le respect de la pureté de la jeune femme contrairement à nos voisins du Levant. Le ministre n’a peut être jamais appris dans l’école de la République que les chevaliers qui accompagnaient Jeanne ont raconté leur périple et n’ont jamais osé la toucher, ni même de la séduire. La virilité du Moyen Age n’a effectivement rien à envier aux fluets pervers des quartiers bobos de Paris, partouzeurs cocaïnés et milliardaires libidineux.

Plus loin, le ministre décrit cette époque comme un « ordre profondément inégalitaire » et des « temps obscurs ». Précisions tout de même que dans ce monde terrible du XVe siècle, la mort et l’injustice de viennent pas du Roi, du clergé ou de la société hiérarchique et organisée mais des envahisseurs, les Anglais. Dans cette société inégalitaire, une simple fillette a tout de même la possibilité d’être reçue par le Roi et d’être écoutée. Ce n’est pas le cas des défenseurs de la famille face ou gouvernement actuel, pourtant progressiste-libéral-gentil-démocrate-républicain. J’ose l’anachronisme puisque le ministre le fait elle-même en comparant Sainte Jeanne d’Arc, à qui Dieu a demandé de sauver le Royaume de France, à la petite Malala, une Pakistanaise de 15 ans militante pour l’éducation, instrumentalisée par les médias anglais, fille d’un conseiller spécial auprès de l’ONU (pas vraiment une petite bergère venue du fond de la campagne) et qui s’est faite connaître en pleurant devant une caméra. L’héroïsme de Jeanne, partie seule pour bouter les Anglais et rétablir le pouvoir royal, a une toute autre dimension.

Le ministre s’étend ensuite sur la prétendue absence des femmes et de leur rôle dans l’Histoire. Madame Belkacem n’a apparemment pas du tout appris ses leçons d’Histoire. Rappelons seulement que de la Vierge Marie à l’impératrice Marie Thérèse, en passant par Sainte Hélène, mère de Constantin qui influençant son fils dans la décision qui a -seulement- bouleversé l’Histoire et l’Europe, Sainte Clothilde épouse de Clovis qui fit de même que la précédente, toutes les reines qui ont gouverné et les femmes qui ont porté l’enfance du monde, les femmes n’ont jamais été absentes de l’Histoire de l’Occident et de la Chrétienté, bien au contraire.

Le rire final provoqué par le discours du ministre est l’invocation de Jeanne comme une figure universelle « que chacun reste libre d’adopter quels que soient son pays ou sa langue d’origine, sa culture ou sa religion ». Ou encore, un exemple de concorde contre « toute dispersion qu’elle soit géographique, politique, spirituel, ou idéologique » (sic ! ). Le porte-parole du gouvernement fait donc la leçon en condamnant les divisions nées des idéologies : en pleine réforme du mariage sur fond de théories des genres imposée au enfants, c’est culotté voire grossier.

Enfin, le ministre nous prévient contre « notre monde qui menace à chaque instant de céder aux vieux démons du nationalisme étroit, du fanatisme et de l’intolérance ». Il fallait finir en beauté, Madame Belkacem a osé : du plat, du faux et du politicien, le contraire de Jeanne en somme.

En associant Jeanne à une personnalité combattant vaillamment pour le féminisme anti-homme, condamnée seulement parce qu’elle portait un habit d’homme ("après tout, on choisit son genre, non  ?" ), combattant les inégalités et défendant l’universelle concorde sur une scène médiatique et hystérique, Madame Belkacem a sûrement confondu Sainte Jeanne d’Arc avec une Femen.

Louis Jaeger

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