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Philippe Vardon au sujet de notre controverse estivale : l’immigration

Âgé de 33 ans, Philippe Vardon a participé à la fondation du mouvement identitaire en 2002 et en est toujours l’une des figures les plus connues.
Il a écrit plusieurs ouvrages (notamment un intéressant abécédaire : Éléments pour une Contre-Culture identitaire) et publiera fin août un recueil de nouvelles intitulé Militants. Philippe Vardon a récemment participé à l’élaboration des « 26 mesures pour une politique de remigration » présentées par le Bloc Identitaire en réponse à la feuille de route délirante du Parti Socialiste. Et c’est notamment à ce titre qu’il nous a semblé opportun d’interroger l’auteur et activiste identitaire dans le cadre de notre controverse estivale.

1) Vous êtes l’un des propagateurs du concept de remigration. Pouvez-vous nous l’expliciter ?

Philippe Vardon : C’est assez simple en fait : l’immigration massive que subissent la France et l’Europe crée des troubles majeurs qui mettront en danger l’existence de notre nation et notre civilisation elles-mêmes si l’on ne travaille pas rapidement, c’est-à-dire dans les décennies qui sont devant nous, à inverser la tendance. Pour clore cet interlude, cet accident historique, qu’aura été la présence massive dans notre pays de millions de Français administratifs, n’étant en fait Français ni de sang ni même de cœur pour la plupart, il faut donc envisager – calmement, sereinement, mais sérieusement – qu’une grande partie de ces immigrés ou descendants d’immigrés retrouvent leur patrie, c’est-à-dire la terre de leurs pères.
Il ne s’agit donc pas uniquement de stopper l’immigration, urgence absolue et évidente mais à laquelle je pense que nos politiques (à l’exception de quelques extrémistes ou cinglés) finiront par se ranger, mais bien de mettre en place politiquement les conditions d’un grand retour qui est la seule possibilité d’enrayer le Grand Remplacement.
Le constat de l’échec de la société multiculturelle (donc multiconflictuelle) et multiraciale (donc multiraciste) imposée aux Français est désormais largement partagé. La remigration, c’est-à-dire le retour dans leurs pays d’origine, de manière pacifique et concertée, d’une majorité des immigrés extra-européens présents sur notre territoire est la seule solution permettant de répondre à l’ampleur du phénomène et d’éviter le chaos.

2) La seule solution ? Pourtant d’autres voix en appellent au recours à l’assimilation républicaine, ou encore à la « réconciliation ».

Philippe Vardon : C’est déjà ennuyeux de se mentir à soi-même, mais quand on est un responsable public il faut aussi s’efforcer de ne pas mentir aux autres...
Quelqu’un peut-il réellement s’imaginer que nous allons « assimiler » la dizaine de millions de musulmans, de plus en plus revendicatifs et radicaux, aujourd’hui présents sur notre sol, ou bien que nous allons nous « réconcilier » avec les sympathiques supporteurs de l’équipe d’Algérie ayant démontré suffisamment clairement quel était leur vrai pays de sang et de cœur ?
Imagine-t-on que d’un coup ceux qui brandissent des étendards du djihad ou sortent leurs drapeaux algériens à la moindre occasion, ceux qui se gavent de chansons où l’on répète que l’on « nique la France » à chaque refrain, vont devenir des bons petits Français parce qu’ils chantent la Marseillaise et agitent le drapeau tricolore ?
On me dira qu’il s’agit là de minorités sur lesquels je me focalise, eh bien je crois en fait tout l’inverse. Je pense, et je parle ici par empirisme, qu’ils sont l’expression de la majorité.
J’entends d’autres encore me dire que la France n’applique plus une politique d’assimilation volontariste. C’est en partie vrai, mais quand bien même serait-ce le cas, cela ne suffirait plus. Le seuil où l’assimilation républicaine, comme réponse globale, pourrait encore s’avérer opératoire est largement dépassé.
Vous connaissez la formule : on peut assimiler des hommes, pas des communautés. En effet, l’assimilation est une démarche personnelle profonde, elle exige un dépouillement et une renaissance. D’une certaine manière je pense qu’on peut la comparer à une conversion religieuse. Il n’est d’ailleurs pas rare que dans notre pays le processus d’assimilation de personnes n’ayant pas été élevées dans la religion catholique se termine par un baptême. Cela me semble très significatif.
On me dit souvent aussi que l’assimilation est la « ligne » du Front National, mais je crois qu’elle en est plutôt l’idéal. J’ai entendu à plusieurs reprises Marine Le Pen déclarer que cet idéal d’assimilation était désormais rendu impossible justement par le caractère trop massif de l’immigration. Elle a aussi parfois ajouté, à juste titre, que les différences culturelles trop importantes constituaient un facteur aggravant. [1] C’est aussi la position d’un Eric Zemmour, pourtant grand défenseur de l’assimilation à la française, quand il déclare : « Il y a trop d’immigrés venus d’Afrique du nord et d’Afrique noire, et ils n’arrivent pas à s’intégrer parce qu’ils sont trop nombreux.  » C’est en effet à mes yeux la conjonction entre le nombre d’immigrés et l’origine d’une majorité d’entre-eux – trop éloignée de notre identité française et européenne – qui rend aujourd’hui impossible l’assimilation. Pour résumer, l’assimilation massive ne peut être présentée comme une solution à l’immigration massive.
Pour ce qui est des formations prônant la « réconciliation », il me semble évident que beaucoup d’immigrés ou descendants d’immigrés rejoignent ces groupes davantage par détestation d’Israël ou des USA que par amour de la France. Je suis peut-être trop exigeant, mais cela ne suffit pas à mes yeux pour faire un Français... Je constate par ailleurs personnellement et quasi-quotidiennement l’échec patent de cette logique : les jeunes musulmans qui m’insultent et me menacent sur internet en me reprochant mon engagement contre l’immigration et l’islamisation ont bien souvent des profils Facebook où se côtoient références djihadistes et sketchs de Dieudonné.
Les fameux « patriotes musulmans » existent sans doute, mais tout comme les poissons volants du génial dialogue d’Audiard il est évident qu’ils « ne constituent pas la majorité du genre  ». Loin d’avoir rapproché ces jeunes immigrés du patriotisme français, je me demande même dans quelle mesure les théories de la « réconciliation » mal digérées n’ont pas participé à nourrir leur haine de la France et des Français, vus comme partie prenant du bloc occidental honni.

3) Comment concilier un regard « dur » sur l’immigration avec les nécessités de charité, voire même simplement d’humanité ?

Philippe Vardon : Je commencerai par rappeler qu’il n’est écrit nulle part que ce devoir, auquel je souscris bien volontiers, de charité et d’humanité soit uniquement dû aux immigrés. Parce que je crois que la politique c’est autant mettre les choses en ordre que dans le bon ordre et donc savoir discerner aussi ce qui est prioritaire, pour ma part je n’oublie pas les populations d’accueil, et singulièrement mon peuple, frontalement confrontées aux conséquences (économiques, sécuritaires, sociales, sanitaires et identitaires) de l’immigration massive et incontrôlée que nous subissons. Les responsables politiques ou acteurs publics de toute sorte qui continuent de fermer les yeux me semblent en effet en tout premier lieu manquer de charité et d’humanité envers leur propre peuple ! Par ailleurs, il ne me semble pas non plus que déraciner les hommes, leur faire miroiter un Eldorado qui n’existe pas, ou leur offrir l’extraordinaire chance de crever en se noyant entre les côtes libyennes et l’île italienne de Lampedusa relève d’une pensée réellement charitable. De la bonne conscience sans doute... Une bonne conscience si bien décrite par cette phrase de Jean-Jacques Rousseau dans l’Émile : « Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu’ils dédaignent accomplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins. »
Je crois que notre vision de la remigration, tout au contraire, en offrant un cadre politique (ferme, fort, mais non pas « dur » contrairement au terme que vous avez employé et qui me semble induire une notion d’injustice) répond au principe de charité pour les populations d’accueil et les migrants. Nous nous situons à rebours tout autant du prétendu amour universel béat des sans-frontiéristes, qui oublient le plus souvent dans leur élan leur propre peuple (quand ils ne s’inscrivent pas carrément dans la détestation de celui-ci), et de la haine aveugle de ceux qui ne jurent plus que par des solutions extrémistes pour résoudre ce problème.
A ceux-la, dont je peux comprendre la rage pour avoir moi-même vécu ds une cité, avec ce terrible sentiment d’être un étranger sur ma propre terre, un immigré de l’intérieur, nous souhaitons justement apporter l’espérance a travers une réponse politique.
J’aime beaucoup le mot d’ordre anarchiste « Politise tes inquiétudes, tu inquiéteras les politiciens » ; nous le paraphrasons et disons aux petits blancs qu’on dépossède peu à peu de leur héritage « Politise ta colère » ! Je pense que les propositions que nous mettons sur la table s’efforcent de respecter la nécessaire charité, et visent in fine à préserver le bien commun tout simplement.

4) Très bien, mais parlons donc concret alors : comment voyez-vous les choses ? Quel est le « plan »et comment s’articulent vos propositions ?

Philippe Vardon : Le plan ? Rendre la France à elle-même, et donc aussi rendre cette vieille nation à son peuple historique... les Français ! C’est pour cela que je pense par exemple que ceux qui veulent à tout prix opposer défense de l’identité et défense de la souveraineté font fausse route. Je me définis aujourd’hui comme un alter-européen : je crois en la nécessité d’une alliance politique des patries d’Europe et suis un défenseur acharné de notre civilisation commune, et c’est justement à ce titre que je m’oppose au monstre froid de Bruxelles.
Ainsi, sans verser donc dans un discours anti-européen absurde, il est tout à fait évident que pour mettre en place les mesures que nous préconisons et une politique de remigration efficace, le peuple français devra recouvrer sa souveraineté. C’est-à-dire simplement sa liberté politique, le droit de décider de son avenir. Mais si cette souveraineté nationale et populaire n’était pas mise au service de la défense de l’identité de notre nation et son peuple, alors elle ne serait plus qu’un vulgaire outil administratif. Peu m’importe la souveraineté d’un État qui ne serait plus l’incarnation institutionnelle de la France charnelle et éternelle qui vit en nous, tout comme en nos ancêtres et nos descendants. Il y a là un écueil et une limite du discours strictement souverainiste qui semble parfois attacher plus d’importance au contenant qu’au contenu, aux frontières et à la monnaie qu’au peuple et à son identité.
Mais venons-en justement à la batterie de mesures concrètes que nous avons proposé. [2]
Précisons tout de même auparavant que pour une politique efficace, cette feuille de route mériterait d’être complétée par une seconde, celle de la promotion d’une redécouverte de notre identité à travers un certain nombre de mesures de réenracinement (allant de la culture à l’économie, en passant par l’éducation ou les institutions) de nos compatriotes. Nous avons esquissé cela à travers notre dernière proposition, la création d’un grand Ministère de l’identité et de l’enracinement.

On peut considérer que nos propositions s’articulent autour de trois grands axes : tout d’abord, bien sûr, l’arrêt de l’immigration et la refonte des conditions d’acquisition (et de déchéance) de la nationalité française ; ensuite la mise en place d’une série de mesures marquant nettement la différence entre étrangers et nationaux sur notre sol et la réaffirmation de la primauté absolue de notre identité, notamment à travers le refus de l’islamisation ; enfin la redéfinition de nos rapports avec les pays d’émigration et la mise en places de mesures d’aides au retour.
J’insiste sur les deux derniers axes, la logique est simple : il s’agit de faire comprendre qu’ici c’est chez nous et qu’il n’est donc plus possible d’agir en profitant de notre régime social tout en se plaçant dans une logique de sécession politico-culturelle, bref de créer une envie de retour, pour répondre dans un deuxième temps à cette envie à travers des propositions concrètes de remigration. Sans allocations généreuses, sans lois prétendument « anti-discrimination » les transformant en sorte de super-citoyens capricieux à qui on ne peut rien refuser, sans possibilité de vivre selon leurs règles, il est certain que nombre d’immigrés envisageront de retourner vers des cieux plus cléments.
Voilà pour l’esprit, mais il me semble d’illustrer le propos en évoquant quelques unes des mesures que nous avons proposées, tout en renvoyant vos lecteurs vers l’ensemble de celles-ci. [3] Tout d’abord, dans le cadre de l’arrêt de l’immigration nous pouvons évoquer des évidences telles que l’abrogation du droit du sol et du regroupement familial (funeste mesure instituée par le tandem de « droite » Giscard-Chirac je le rappelle) ou encore l’expulsion automatique et interdiction de territoire de tout étranger commettant un délit ou un crime, entrée illégale sur le territoire comprise, sur notre sol. Ajoutons aussi la déchéance rétroactive de la nationalité française pour tout étranger naturalisé ayant commis un délit ou un crime ces 10 dernières années et pour tout binational ayant commis un crime ou délit. Enfin, évoquons dans le même registre le gel des naturalisations pour les pays hors-UE pendant 10 ans, hormis à titre militaire (le passage par les rangs de la Légion Étrangère n’est-il pas une belle preuve d’attachement à la France ?), et la négociation avec nos partenaires de la mise en place d’une véritable protection aux frontières de l’UE, s’accompagnant d’une sortie de l’espace Schengen en cas de refus. Dans le volet concernant les mesures sociales restaurant la priorité nationale nous avons proposé la suppression totale de l’AME, l’instauration de la préférence locale, nationale, et européenne dans le cadre des embauches, et l’exclusivité des aides sociales et des logements sociaux aux nationaux et ressortissants européens. Très logiquement, l’interdiction de toute propagande en faveur de l’immigration réalisée à l’aide de fonds publics (chaînes de télévision et radios, mais aussi journaux bénéficiant de l’aide de l’État) accompagne ces mesures.
Dans le même ordre d’idées, nous prévoyons l’arrêt des subventions et l’interdiction des associations soutenant l’immigration clandestine, ainsi que le retour dans le code pénal du délit d’aide à l’immigration clandestine avec peine de prison systématique en cas de récidive tout comme pour les patrons employant en connaissance de cause des salariés immigrés clandestins.
Concernant la lutte contre l’islamisation, nous proposons des mesures de bon sens telles que l’interdiction de tout financement public ou étranger des mosquées, l’interdiction des minarets, l’interdiction des prêches en arabe et l’interdiction également de prêcher pour les imams étrangers. Afin d’endiguer la radicalisation et l’affirmation-provocation nous proposons aussi d’interdire le port du voile islamique dans l’espace public ou encore d’interdire l’UOIF (émanation en France des Frères Musulmans interdits dans plusieurs pays arabes) et toute organisation liée à des réseaux islamistes internationaux.

Enfin, une nouvelle ère doit s’ouvrir dans les relations avec les pays de la rive sud de la Méditerranée, en refusant le pillage des richesses – et notamment des cerveaux en rejetant la logique de l’immigration choisie – mais aussi par exemple en soumettant les aides économiques et militaires à un contrôle de leurs zones d’émigration ou encore en exigeant que les peines de prison de leurs ressortissants soient effectués chez eux.
Vous l’aurez compris, l’ensemble de ces mesures risque de donner de vives envies de retour au pays, et c’est pourquoi nous envisageons dans ce « plan » la création d’un Haut-Commissariat à la Remigration et la mise en place d’un Fond d’Aide au Retour associé au lancement d’une campagne de sensibilisation incitant les immigrés à rentrer chez eux. Ces mesures vous semblent aujourd’hui « impossibles » ou « radicales » ? Je suis intimement persuadé que les temps à venir se chargeront de vous faire changer d’avis... Ce qui est réellement impossible c’est la poursuite de la cohabitation explosive de plusieurs populations sur notre territoire. « C’est une tragique illusion que de vouloir faire coexister dans un même pays des communautés ayant des civilisations différentes. L’affrontement est alors inévitable. » nous avertissait déjà en 1978, clairvoyant, l’ancien Ministre de l’intérieur de Giscard, Michel Poniatowski. Mais cela, une majorité de Français en ont bien conscience aujourd’hui. Il est d’ailleurs très intéressant d’observer l’évolution du discours des immigrationnistes eux-mêmes : ceux qui nous disaient auparavant « C’est formidable » murmurent aujourd’hui « Ils sont là, faut faire avec » ! Terrible aveu.

5) Pensez-vous qu’il soit aujourd’hui possible pour un parti politique français de parler de remigration ?

Philippe Vardon : Oui. Tout d’abord parce que je ne crois pas aux « agendas cachés » en politique et je ne les crois pas souhaitables. Ainsi, si l’on considère qu’il est aujourd’hui nécessaire d’envisager la remigration d’une bonne partie des immigrés et descendants d’immigrés extra-européens présents en France et si c’est la politique que l’on souhaite mettre en place dans le cadre d’une accession au pouvoir (a priori objectif de toute formation politique sérieuse), alors il faut non seulement le dire mais s’efforcer d’en convaincre les électeurs. Aujourd’hui les partis, à travers la dérive sondagière, ont de plus en plus tendance à élaborer leurs positions en fonction de l’opinion. C’est la mort de la fonction politique. Je crois tout au contraire que le parti est un outil de transformation sociale et de diffusion d’idées, il doit donc être la courroie de transmission vers le peuple en cherchant à convaincre les citoyens de ce que ses responsables et militants croient juste et bon, tout autant qu’un médiateur entre le citoyen, dont il se fait le porte-parole, et les gouvernants.
Pour en revenir à la remigration et la possibilité de la défendre dans le cadre d’un programme, puisque c’est là le fond de votre question, je rappelle tout d’abord que le Front National a longtemps défendu dans son projet officiel « l’inversion des flux migratoires », terme un peu technocratique mais signifiant sensiblement la même chose. Une position reprise à son compte par Marine Le Pen elle-même quand, le 11 septembre 2011 lors de ses Journées d’Été dans ma bonne ville de Nice, elle a déclaré après avoir considéré que l’assimilation est devenue impossible que « l’intérêt de la France est de cesser toute immigration et même d’en favoriser l’inversion des flux. » [4] Et pour rester du côté du « nouveau » FN, c’est l’eurodéputé Aymeric Chauprade qui dans une toute récente et brillante tribune (dont je recommande la lecture globale) a développé une vision sur le sujet qui me semble très proche du concept de remigration et même de la façon dont celui-ci a été articulé dans les 26 mesures élaborées par le Bloc Identitaire : « Notre pays a accueilli des millions de musulmans. Une partie restera, une autre devra partir. […] Les autres (ils sont nombreux) qui font le choix de l’Oumma plutôt que de la France, qui voilent leur femme et leurs filles, qui adoptent la barbe salafiste, ceux-là n’ont vocation ni à être ni à rester français. Le refus énergique de l’islamisation (en refusant la construction de mosquées et l’intégration des règles islamiques dans nos coutumes) autant que la réforme profonde des conditions d’accès à l’État-Providence seront les deux choix politiques forts qui créeront les conditions du retour de ceux qui n’ont pas voulu choisir d’aimer la France. » [5]
Le FN n’est pas forcément le seul parti concerné d’ailleurs. Je suis persuadé que dans les mois ou années à venir – et notamment pour circonvenir le vote frontiste justement – nous verrons des élus de la droite dite « parlementaire » (sans doute parce qu’elle palabre beaucoup et agit peu) effleurer l’idée de remigration. Et je m’empresse de rajouter que c’est tant mieux ! L’idée doit se propager, dépasser les frontières partisanes.
Il est évidemment logique qu’il y ait une avant-garde, et c’est tout le sens du combat idéologique et culturel que mène (en l’adossant à un activisme audacieux) les identitaires. Le constat de l’échec du multiculturalisme, comme je l’ai évoqué plus haut, est aujourd’hui relativement unanime ou le sera bientôt. Mais l’on ne peut se contenter de cela et il nous appartient d’élaborer des réponses alternatives. Bref, passer du constat partagé à la solution politique à propager.
Des solutions dont l’objectif n’est pas que le débat intellectuel, l’étalage de concepts ou l’amour de la disputatio mais bien l’application concrète en vue du Bien Commun. Le préalable est donc la prise de pouvoir politique par une force patriote et alternative, et vous l’aurez compris (j’ai par ailleurs clairement exprimé ce choix lors de l’élection présidentielle de 2012) c’est aujourd’hui en Marine Le Pen que je place mes espoirs, comme un nombre chaque jour grandissant de Français. Malgré les défauts réels du FN et les reproches que l’on pourrait lui faire (et que d’une certaine manière, si l’on est son « ami », on se doit même de lui faire), c’est bien sa présidente qui me semble la plus à même de répondre au défi historique que notre nation et notre civilisation vont devoir affronter. Derrière le Grand Remplacement, derrière la remigration, il y a une idée simple : la renaissance ou la disparition. Avouez que ce n’est pas rien... mais c’est aussi pour ça que je remercie Dieu de vivre aujourd’hui, pour être un acteur de cette période cruciale.
Dans la perspective de cette prise de pouvoir politique que j’estime aujourd’hui possible avec un petit coup de pouce de la Providence, il est nécessaire de fournir une boussole, des orientations, à notre camp. « Les vents ne sauraient être favorables à celui qui ne sait où il va. » enseigne Sénèque.

6) Dans le cadre de notre controverse notre directeur de la publication, Carol Ardent, a proposé la mise en place d’un statut de « pérégrin ». Que pensez-vous de cette idée ?

Philippe Vardon : Je crois y déceler une certaine proximité(et la même référence antique) avec l’idée développée par le GRECE et en particulier par Alain de Benoist d’une dissociation entre nationalité et citoyenneté. A vrai dire, qu’il s’agisse de cela ou du statut de « pérégrin », cela ne me semble pas une réponse adaptée. Il y a dans cette idée, je le crains, une dimension rejoignant le fameux « Ils sont là, faut faire avec » que j’ai déjà évoqué.
Eh bien non, on ne va pas faire avec, on va faire ce qui est nécessaire pour le bien de notre peuple et la continuité de notre civilisation. Et je ne crois pas que faire cohabiter sur un même territoire différentes catégories de citoyens, dotés de droits variables, soit un facteur de stabilité et de paix civile. D’autant plus que ces différentes catégories de citoyens recouperont très largement des communautés ethno-culturelles... Situation explosive à prévoir. Je ne crois pas que l’on puisse se permettre le luxe d’un accommodement raisonnable : il faut revenir à la norme une nation, un peuple, une identité. Un modèle qui réussit mieux au Japon que le multiculturalisme n’a réussi au Liban ou à la Yougoslavie. Dans la France d’après (pas celle de Sarkozy, celle d’après la remigration !), idéalement il ne devrait plus rester que le petit nombre de descendants d’immigrés parfaitement assimilés et des résidents étrangers pour lesquels la question de l’obtention de droits politiques ne me semble pas devoir se poser. Les invités ne décident pas du menu...
Notre nationalité ayant été vidée de sa substance par le cumul de différents processus (citoyenneté jacobine abstraite, droit du sol, regroupement familial, naturalisations et « régularisations » de clandestins, etc.), nous devons mettre en place une refondation du vieux pacte patriotique, celui qui nous relie à notre terre en même temps qu’à nos pères, tout autant qu’une refonte du code de la nationalité. La remigration, qui n’est rien d’autre qu’une reconquista par des moyens politiques, légaux et pacifiques, doit permettre de restaurer le lien fondamental entre nationalité, identité et citoyenneté. L’identité fonde la nationalité qui elle-même fonde la citoyenneté. Cela me semble devoir être la norme.

7) Un dernier message ?

Philippe Vardon : Oui, à travers deux citations volontaristes qui me semblent absolument essentielles et parfaitement complémentaires : « Le désespoir en politique est une sottise absolue », enseignement de Charles Maurras, et « La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire » du Cardinal de Richelieu.


[1https://www.youtube.com/watch?v=H3rtlEVz4NQ «  Il suffit enfin d’avoir des yeux pour s’apercevoir que cette arrivée massive en un temps très bref, 20 ou 30 ans, de femmes et d’hommes ayant pour une très grande majorité une culture très différente de la notre rend toute assimilation inopérante, voir impossible.
La France se voit ainsi confrontée au multi-culturalisme qui bouleverse ses lois, ses moeurs, ses traditions, ses valeurs de civilisation et son identité, alors que l’on sait que les sociétés multi-culturelles deviennent toujours multi-conflictuelles. Alors je le dis ici solennellement, l’intérêt de la France est de cesser toute immigration et même d’en favoriser l’inversion des flux.
 »

[2Pour consulter les 26 mesures du Bloc Identitaire dans sa « Feuille de route pour l’identité et la remigration » > http://www.bloc-identitaire.com/actualite/3033/bloc-identitaire-presente-feuille-route-politique-identite-et-remigration

[3Pour consulter les 26 mesures du Bloc Identitaire dans sa Feuille de route pour l’identité et la remigration > http://www.bloc-identitaire.com/actualite/3033/bloc-identitaire-presente-feuille-route-politique-identite-et-remigration

[4https://www.youtube.com/watch?v=H3rtlEVz4NQ « Il suffit enfin d’avoir des yeux pour s’apercevoir que cette arrivée massive en un temps très bref, 20 ou 30 ans, de femmes et d’hommes ayant pour une très grande majorité une culture très différente de la notre rend toute assimilation inopérante, voir impossible. La France se voit ainsi confrontée au multi-culturalisme qui bouleverse ses lois, ses moeurs, ses traditions, ses valeurs de civilisation et son identité, alors que l’on sait pourtant que les sociétés multi-culturelles deviennent toujours multi-conflictuelles. Alors je le dis ici solennellement, l’intérêt de la France est de cesser toute immigration et même d’en favoriser l’inversion des flux. »

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