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Le bon Samaritain et les migrants

L’Évangile de dimanche dernier (XIIe Dimanche après la Pentecôte selon le calendrier catholique Romain, sous sa forme extraordinaire) contenait la parabole du bon Samaritain. Puisqu’il est à la mode d’accommoder le Nouveau Testament à toutes les sauces politiques, prêtons-nous au jeu. Voici donc une interprétation tout à fait apocryphe, qui en vaut bien une autre [1].

Un homme, nous dit Jésus, descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de voleurs, qui le dépouillèrent, et, après l’avoir couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi-mort.

Premier constat : l’homme est laissé pour mort au bord du chemin, pas pauvre ou désireux de quitter son pays en guerre. Il y a une urgence vitale à le secourir immédiatement.

Or, il arriva qu’un prêtre descendait par le même chemin ; et l’ayant vu, il passa outre. De même un lévite, qui venait en cet endroit, le vit et passa de même.

Ici, on pourrait faire la comparaison avec un passant qui, venant de voir un homme s’effondrer sur le trottoir, filmerait avec son smartphone au lieu de lui faire un massage cardiaque. On peine à voir le rapprochement immédiat avec un Français moyen refusant le camp de migrants qu’on lui impose, quand le terme de « migrant » recouvre absolument tous les motifs de « migration ».

Mais un Samaritain, qui était en voyage, passant près de lui et le voyant, fut touché de compassion. Il alla à lui, banda ses plaies, y versa de l’huile et du vin, puis, l’ayant placé sur sa monture, le conduisit dans une hôtellerie et prit soin de lui.

Notons que le Samaritain vaquait à ses propres occupations lorsqu’il a croisé par hasard l’homme mourant sur son chemin. Il ne l’attendait pas de pied ferme, slogans sans-frontièristes en bandoulière, tel un groupe de No Borders sur une plage méditerranéenne. Il n’y a aucune préméditation, aucun programme politique, aucune proclamation de l’avènement d’un monde nouveau et solidaire de la part du Samaritain.

Le lendemain, il prit deux deniers, les donna à l’hôtelier, et dit : Aie soin de lui ; et tout ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour.

On remarque que le Samaritain paie l’hôtelier de sa poche pour les soins qu’il lui demande. Il ne quémande pas d’argent public, ne recourt ni à la CAF ni à l’AME, ni de manière quelconque à l’argent d’autrui. S’il exerce la charité, c’est à ses propres dépens.
On remarque aussi que le Samaritain est en possession de l’argent qu’il donne d’abord, et certain d’être en possession de l’argent qu’il promet à son retour. On ne l’imagine pas faire une promesse inconsidérée et ne pas pouvoir payer l’hôtelier. On ne le voit pas non plus s’endetter et hypothéquer sa maison pour subvenir aux besoins d’un inconnu.
Par ailleurs, cette charité est censée durer peu de temps : le temps que l’homme, remis sur pied, puisse reprendre sa route. Si l’homme en profitait pour faire bombance, s’établir à l’hôtellerie pour de bon et y inviter ses amis aux frais de son bienfaiteur, le Samaritain ne se laisserait sans doute pas faire.

En somme, le bon Samaritain ressemble à un individu charitable et suffisamment aisé pour improviser un massage cardiaque dans la rue et offrir les soins hospitaliers nécessaires à celui qu’il vient de sauver, qui se trouverait ne pas avoir de mutuelle. Un Saint-Martin, éventuellement amélioré.
On peine tout de même à y reconnaître l’association subventionnée faisant nourrir, loger et soigner à grand renfort d’argent public les aventuriers du « rêve européen » dans un pays endetté, accablé par le chômage et par une pauvreté grandissante, et qui se montre déjà incapable d’assimiler les millions d’étrangers qu’il a récemment fait entrer.

Guillemette Pâris

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