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[LOI] Ce bon père de famille qui dérange

L’assemblée nationale a adopté mardi 21 janvier un amendement supprimant du droit français le terme « en bon père de famille », . Cette expression, présente encore dans plus d’une dizaine de textes de loi datait, dans le code civil, de 1804.

Cet amendement a été proposé par Brigitte Allain, député Europe Écologie-Les Verts (EELV) et soutenu par l’ensemble des députés EELV au nom de « l’égalité entre les hommes et les femmes, dans tous les aspects, aussi bien humains que sociaux ».

Pour la députée, l’expression est « discriminatoire vis-à-vis du genre, qui sous-entend que la femme n’est pas capable de gérer ». Elle estime que ces termes font « l’amalgame entre un lien affectif, éducatif, et la notion de bonne gestion, ce qui n’a rien à voir ».

Méconnaissance historique

Si ce terme de « bon père de famille » a été introduit en 1804 dans le code civil, il est bien plus ancien et est issu du latin « bonus pater familias ».

A Rome, le « bonus pater familias » n’a pas grand chose à voir avec la paternité (il est d’ailleurs employé pour des hommes non mariés), et son emploi, tant dans le droit, que dans les autres types de textes, fait toujours référence à la bonne gestion du propriétaire, et non aux relations familiales.

Louer un Romain comme bonus pater familias était lui attribuer la responsabilité de la gestion de ses biens. Bonus pater familias ne signifie pas « bon père » pour les lecteurs romains, qui n’utilisaient pas le terme de « père de famille » dans leurs occasionnelles discussions morales sur la vie de famille [1].

De même, en anglais, le terme « good husbandry » n’a aucun rapport avec les relations conjugales.

Lutte contre l’inégalité ou attaque contre la famille ?

La député dénonce une expression « désuète » qui rappelle une tradition patriarcale".

Point intéressant, l’égalité aurait voulu que la notion de bon père de famille soit remplacée par la notion de « bon père et bonne mère de famille ». Mais l’amendement proposé a préféré faire disparaître cette notion. Il n’y a donc plus de notion de père, plus de notion mère. Les autres articles de cette loi ne laissent aucun doute : derrière ces arguments pseudo-égalitaires, il s’agit bien d’une nouvelle attaque dont l’objectif est de détruire tout ce qui touche à la famille traditionnelle.

A défaut de pouvoir changer le réel, le législateur essaie de promouvoir « l’égalité des sexes », pour tenter de forcer une société qui ne la réalise pas spontanément. Pour ces gens là la solution est simple : Si le réel ne correspond pas à leurs fantasmes, il faut changer le réel.

Vers un neutre systématique à la place du masculin/féminin ?

On pourrait se demander jusqu’où sont capables d’aller nos députés pour faire disparaître toute les notions introduisant une quelconque référence à l’homme, la femme, le père ou la mère. Ainsi en février 2013, La députée PS de Paris Sandrine Mazetier s’était déjà élevée contre l’école maternelle, mot jugé sexiste. Elle souhaitait « remplacer ce nom genré par un nom neutre [...] qui repositionnerait l’école dans son rôle éducatif différent de celui des parents ».

Ce genre de proposition a ainsi trois buts :

  • Promouvoir la théorie du genre (indécision, « neutre »)
  • Refuser aux parents le droit de contrôler l’éducation que reçoivent leurs enfants (comme cette proposition de loi pour supprimer l’école à la maison)
  • Affirmer le droit pour l’état de juger ce qui est bon pour les enfants à la place des parents ("les enfants appartiennent à l’état")

[1Pater Familias, Mater Familias, and the Gendered Semantics of the Roman Household, Richard P. Saller, Classical Philology , Vol. 94, No. 2 (Apr., 1999) , pp. 182-197

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