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La fin des élégances

Le gouvernement a tranché. La Pravda le clame haut et fort [1] : nous n’aurons pas le « mariage » homosexuel, mais nous avons déjà supprimé le « mademoiselle ». Du passé, faisons table rase ! Voilà de quoi prévoir une fin plus heureuse au procès que la gauche a intenté à l’UMP en crime de réaction. Grâce à la lancardisation des esprits, le grand fourre-tout réputé de droite pourra bientôt rejoindre l’Internationale socialiste sous les acclamations posthumes du Général, de Jaurès et de Jeanne d’Arc.

L’appauvrissement de la langue des hommes politiques traduit assez la façon dont ils voient la société : un groupe monolithique et anarchique, une société des diversitudes où il est pourtant interdit d’interdire aux têtes de dépasser, aux hommes d’être polis, aux galanteries d’être élégantes. D’aucuns dénoncent le « sens des priorités du gouvernement » alors que nous sommes en pleine crise économique, à la tête d’une échéance électorale non négligeable. Il n’aura pourtant échappé à personne que si l’actuel titulaire de la Présidence de la République conserve son office, ce sera par une véritable effraction.

J’ajoute même que cette mesure est plus désastreuse encore que tous les atermoiements qui amèneront la famine et la guerre en Grèce. Elle attaque les bases de la société, elle supprime les réalités. Des crises ! Des guerres ! Nous y avons survécu. Mais survirons-nous à l’abrutissement général, à la destruction des familles, aux tourments que nous feront subir toutes les déviances hédonistes et matérialistes : tous les grands peuples ont vu leur fin arriver par là. Y survivrions-nous, ce serait pour notre malheur : peuple impie de dégénérés, multitude d’imbéciles décérébrés se gobergeant dans la facilité et l’immédiateté des plaisirs, nous ne mériterions plus de vivre, car un peuple tel que celui de France ne saurait demeurer dans la fange de son déshonneur.

Voilà hélas une France qui s’en va. Il faut croire qu’à la suite d’une campagne aussi artistique qu’« Osez le clitoris », aucun élève n’aura plus le loisir de se faire rappeler à l’ordre comme le furent nombre de mes camarades par un vieux professeur qui exigeait de nous qu’on l’appelât « Mademoiselle ». Charmante coquetterie désuète qui s’en va disparaître des formulaires insipides de l’administration dictatoriale, pour mourir paisiblement dans l’esprit de ceux qui auront lu La Princesse de Clèves.

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