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L’éveil comme horizon : un colloque de l’Institut Iliade

L’Institut Iliade, centre de formation pour la promotion de la culture européenne, tenait samedi 9 avril 2016, son troisième colloque annuel. Retour sur un évènement qui a rassemblé près d’un millier de personnes.

A deux pas de l’Assemblée Nationale, la rue Saint-Dominique est inhabituellement fréquentée en ce samedi 9 avril… Point de parlementaires aux portes de la Maison de la Chimie, mais une longue file d’individus piaffant d’impatience. « Face à l’assaut migratoire, le réveil de la conscience européenne » : le constat, lancé par l’Institut Iliade, soulève la curiosité. François Bousquet, Renaud Camus, Philippe Conrad, Jean-Yves le Gallou, Jean Raspail,… : les voix sont nombreuses, venues y répondre.

Immigration : le constat de l’échec

Face à la déferlante migratoire inondant l’Europe, la conscience d’une identité autochtone se doit de battre au cœur du peuple d’Occident. « Un peuple ne peut pas choisir entre différents styles de vie. Ou il vit conformément au sien, ou il ne vit pas », introduit-on à la tribune. Si José Ortega y Gasset donne le la, c’est Philippe Conrad qui ouvre la danse. Constat d’une « intégration » dont l’échec est passé sous silence depuis trop longtemps…. Délateurs du récit national, qu’ils tiennent pour historiette ou roman, les élites férues d’un village global organisent le grand remplacement de la population sous fonds de pleurnicheries compassionnelles. Soumis à un ethno-masochisme malsain, l’Européen est sommé à la repentance, au nom de la traditionnelle litanie d’un pseudo passé colonial, vichyste, antisémite… Réécriture historique sous la prose unilatérale d’une pensée unique bien formatée. Penaud d’abord, on s’enorgueillit ensuite de faire son mea culpa en promulguant le fantasme de l’indifférenciation. « A l’heure du déracinement universel […] la mondialisation nous a fait découvrir le relativisme culturel », pointe justement François Bousquet.

La violence du réel

Faillite d’un système au bord de l’explosion… Le réel vient pourtant frapper violemment à la porte des usuriers de la vieille Europe, vendue à tout intéressé pourvu qu’il ne fût pas sien. Réalité de la démographie, de la géographie, avec lesquelles on ne ment pas… Réislamisation algérienne, entraînant une recrudescence du nombre d’enfants par femme (trois en moyenne), explosion démographique au Niger (60 millions d’ici 2050), … : l’Afrique va déverser sur l’Europe des millions d’êtres qu’elle ne pourra nourrir. Un déplacement gracieusement servi par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [1], permis par la déstabilisation d’une Libye devenue vaste entonnoir depuis le meurtre du colonel Kadhafi… et parachevée, à l’arrivée des clandestins en Italie, par les accords de Schengen, ultime forfaiture. En somme, l’Europe a consenti. Sous les regards béats des avortons affadis par l’homofestivisme, des ectoplasmes jouisseurs, des pantagruéliques libéraux, elle ne se fait pas voler son identité : elle la cède avec veulerie. « On remplace un peuple de veaux par un peuple de loups affamés, farouchement identitaire » relève Renaud Camus.

L’éveil européen

Pour autant, face à l’effarante reddition, le désespoir n’est pas invité à la table. Les alternatives existent et partout en Europe, s’élèvent des voix contestataires. Si certaines solutions laissent circonspects (mise en place d’une politique familiale en Afrique [2]), d’autres lancent de solides perspectives : réaffirmation des racines européennes, appel à la préférence des siens (soit une « communautarisation » déjà appliquée chez les autres, dénoncée lorsqu’elle est nationale) : un changement de sémantique aisé à mettre en œuvre, une attitude à adopter. Mais il est deux conditions indispensables à ce soulèvement : à l’éveil des consciences, doit aller la saine colère, seule capable de tirer l’Européen de l’ébahissement devant le rapt consenti de sa terre. « Soyons guidés par la filia, cultivons l’amitié […] entre camarades » : la deuxième ligne du contrat, sans laquelle tout sursaut est voué à l’état de soupir…

N’en déplaisent aux deux journalistes (les Inrocks ?) ricanant, venus chercher leur dose de « subversion » (sic) du jour, la Maison de la Chimie était bondée et la foule galvanisée… Alarmé, on repart chez soi, conscient que sous les sombres nuages d’un avenir proche, il va falloir faire preuve de courage. Et les paroles d’Hölderlin [3], heureusement rappelées dans la journée, ressurgissent naturellement dans l’esprit : « Une fois encore, le sol très aimé de la patrie me donne ma pâture de joie et de douleur »…

Aloysia Biessy


[1Abrégée en CEDEAO. Cette organisation intergouvernementale ouest-africaine est constituée de 15 États membres, dont notamment le Mali et le Niger. Ainsi, n’importe quel ressortissant d’un Etat-membre peut, au titre de la liberté de circulation à l’intérieur de la CEDEAO, pénétrer au Mali ou au Niger. Depuis ces deux pays, il leur sera aisé de gagner la Libye et, des côtes libyennes, l’ « Eldorado » italien

[2L’idée, lancée par Bernard Lugan, est paradoxale : décrier un tel phénomène en Europe pour l’appliquer par ailleurs, semble hypocrite. Il est par ailleurs proprement scandaleux d’encourager l’avortement, quelles qu’en soient les motivations.

[3Hypérion, Friedrich Holderlin, 1797

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