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[COLONNES INFERNALES] du mardi 10 XII 2013

Chers amis,

Voici votre réinformation du jour. N’oubliez pas d’écouter les bulletins de Radio Courtoisie.

1. Mandela, adulé comme un faux prophète ?

Après le psychodrame collectif entretenu par les médias suite à la mort de Nelson Mandela, une nouvelle page s’est ouverte aujourd’hui en Afrique du Sud : le culte.

Un cortège funèbre de trois jours a sillonné le pays et son corps de « Madiba » est désormais exposé. Cette dévotion n’est plus l’apanage des militants à l’image de Christian Taubira, mais c’est le monde entier qui, par la présence des chefs d’État, s’est empressé de venir se recueillir dans un grand stade. Se sont enchaînés des discours engagés au milieu desquels, Barack Obama a bien entendu obtenu la vedette. Cette longue litanie aurait même été accompagnée d’une pluie, perçue comme une « bénédiction divine ».

Mandela, outre ses compétences de « Père de la nation arc-en-ciel » est devenu l’homme qui unit les peuples, à l’image de la poignée de main entre Barack Obama et Raoul Castro..

Cette vocation unificatrice laisse toutefois à désirer compte tenu de la situation dramatique de l’Afrique du Sud, caractérisée par des ghettos riches surprotégés et des ghettos pauvres, de plus en plus peuplés de Blancs. Beaucoup de ces derniers préfèrent cependant quitter le pays, de peur de subir larcins, violences, viols et meurtres.

L’ancien terroriste affilié aux communistes et meneur d’une lutte des Noirs contre les Blancs est devenu l’apôtre de la paix et de la fraternité, un exemple pour le genre humain.

2. Le Nouvel Imposteur et son « étoile mystérieuse »

Face à Alain Finkelkraut et son dernier livre sur l’identité, il fallait un opposant de taille. Un homme qui ose s’élever contre la tyrannie identitaire et réactionnaire, contre cette pensée aux relents nauséabonds. Cet homme, le Nouvel Imposteur nous l’a sorti de son chapeau magique. Quelques coups de baguette magique et hop, l’homme providentiel apparaît. Il s’appelle Frank Eskenazi. Malgré son nom, ce n’est pas un fasciste, bien au contraire. Il s’agit d’un militant de gauche et de confession juive : la parade est parfaite. Nous allons oser la critique.

  • Un homme courageux

Frank Eskanazi se dresse contre la barbarie. Pour le torchon de gauche, cet homme ose tout, c’est d’ailleurs à cela qu’on reconnaît la plume de Eric Aeschimann qui nous peint, comme une vulgaire aquarelle autrichienne, cet intellectuel engagé. Il a été journaliste à l’Aberration et chez Cabale Plus et milité au sein de « l’Union juive française pour la paix ». Le Nouvel Imposteur l’affirme :

« Bref, il n’a pas peur de s’exprimer en public. »

Il a effectivement pris de grands risques devant les caméras et les micros amis, écouté et lu par les bobos extasiés. Mais cette prise de parole serait l’aboutissement d’un long travail personnel sur l’identité juive du personnage d’après le Nouvel Imposteur. Un expérience qui le conduit à s’opposer à Finkelkraut, passé du côté obscur.

  • Projet contre héritage

Finkelkraut a en effet eu le malheur de défendre l’héritage culturel comme socle de l’identité. Mais le vénérable Eskenazi (arrêtez de rire en lisant son nom) fait la promotion du projet. Le projet. C’est beau, n’est-ce pas ? Un projet à construire, à imaginer et à modeler avec ses petites mains potelées. Une de ces idées qui nous permet de « faire France », de « faire société », ensemble, tous unis, main dans la main, main tendue vers l’avenir. On connait le refrain. Face à « l’identité malheureuse » de Finkelkraut, Eskenazi incarne une « étoile mystérieuse » selon l’auteur de cet article. Nous ne sommes pas dans « Tintin dans le Sentier » mais le thème central reste l’identité juive. Là apparaît la contradiction. Car pour s’opposer à l’héritage défendu par Finki, Eskenazi regrette l’absence d’intellectuels juifs dans le roman national et s’appuie sur son histoire familiale. Face à cela, on ne peut que s’incliner, l’argument de choc est avancé.

  • L’enfant de la persécution

Eskenazi est un héritier. Celui d’un histoire dont il veut parfois s’éloigner, mais sans la trahir, précise-t-il. Il raconte ses petites histoires d’enfance :

Jusqu’au jour où son meilleur copain, petit blanc et fils de policier, lui murmure en classe : « Alors, les juifs, vous vous êtes fait griller le cul à Auschwitz ? » Un petit juif et son pote antisémite : ce sont les amitiés d’école de ces années-là.

De cela et d’autres révélations, va naître une prise de conscience qui le poussera à se détacher des drames de la dernière guerre fratricide en Europe. Eskanazi prend, reconnaissons-le, des pincettes. Il ne veut pas entrer dans la culpabilisation, il veut poser la question, « être ou ne pas être juif ».

Malheureusement, on posant ainsi le décor, la manipulation du Nouvel Imposteur ne tient pas longtemps dans l’ombre. Il s’agit avant tout de faire croire à une fausse conciliation, un prétendu éloignement de l’histoire personnelle pour tenter de prouver que l’on se projette dans l’avenir. Mais la pensée ici décrite de l’intellectuel est bien incarcérée dans un esprit nombriliste qui pousse le personnage à inventer un monde d’après ses réflexions sur son histoire personnelle et familiale.

Un projet collectif de déracinement oui, mais pas pour tout le monde.

En prime, le Nouvel Imposteur rappelle l’horreur afin d’éviter tout soupçon et de protéger l’article de toute attaque digne des HLPSDNH. La Lumière vous guide mais le Rouge et le Noir n’a pas peur d’éclater le verre de l’ampoule : Mazel tov.

3. Le chômage, un idéal de vie selon Caniveau89

En ces temps où tant de Français souffrent du chômage, Caniveau89, le journal préféré des bobos fortunés a trouvé la solution. Plutôt que de chercher du travail et de vous épuiser à Pôle Emploi, chers prolétaires, allez plutôt au théâtre, au musée… ! Et que ce ceux qui ne l’ont pas encore fait démissionnent sur le champ pour goûter enfin à la « vraie » vie, telle qu’on la rêve dans les bureaux de Caniveau 89.

Voilà une histoire remarquable. Celle d’un jeune homme qui déprimait dans son travail. Et puisqu’il déprimait de gagner ainsi sa vie, il a logiquement décidé d’effectuer une formation dans un domaine où l’emploi est rare, pour ne pas dire exceptionnel… avant de démissionner tout à fait de son précédent emploi, si peu fait pour lui.

Pour publier de pareils textes, les journalistes de Caniveau 89 sont sans doute persuadés que dans les temps actuels, il est plus que jamais nécessaire de penser à soi, plutôt qu’au relèvement de son pays. Car le brave chômeur Eliott [1] décide finalement de se transformer un vacancier, malgré une alternance de loisirs et de recherche de travail, qui doit être très soutenue, on s’en doute. Lui-même l’avoue : cette dernière ne consiste guère qu’à envoyer le nombre de CV nécessaires pour satisfaire aux exigences de Pôle Emploi. Et de s’extasier : comme on peut ainsi prendre du bon temps, en apprendre sur soi ! En un mot, Caniveau 89 fait la promotion d’un nombrilisme qui prêterait à rire de la part d’un grand garçon de 32 ans, si cette option n’était pas extrêmement discutable au point de vue moral et social.

4. Délit de faciès : encore une bavure de l’Aberration

Qui, depuis les unes larmoyantes de l’Aberration — premier actionnaire du trust des kleenex — sur la France raciste, l’outrage aux divers, les intolérables contrôles au faciès, etc., n’a pas retenu la belle leçon de vivrensemble qui consiste à ne pas juger selon le physique des gens ?

Visiblement, mais est-ce que cela surprendra grand monde ? les aboyeurs ne sont pas les payeurs. Et les prétendus « chercheurs d’horreur » pas davantage. En l’espèce, nous tenons ici une pépite où rien n’est à jeter : le ton scandalisé, la peur larvée, les fausses évidences — un lot fort commun jusqu’à présent — mais encore cette effrayante prémisse qui veut que l’on ait la tête de ses idées, et qu’étant militant du FN, l’on ait donc l’air bête, hideux, mal éduqué, si possible Français moyen obèse péquenot (voir notre article suivant), et l’on en passe. Au lieu de cela, l’on s’émeut lorsque le même militant FN se trouve être « un jeune homme qui a l’allure de n’importe quel autre jeune homme de la classe moyenne blanche française : un chic Celio et, ma foi, une bonne tête de gars plutôt avenant », le monde s’effondre. « Car enfin, ce n’est pas possible et même triste d’avoir un aussi doux visage et, derrière la tête, des idées aussi moches. »

On suspecterait volontiers le canular tellement la ficelle est grosse ; mais il se trouve que la gauche est parfaitement familière des procédés hygiénistes et déterministes, lesquels participent de son scientisme généralisé. Que l’on remette donc cet article de l’Aberration en ligne avec le soutien historiquement apporté par les progressistes à la phrénologie — cette discipline qui prétendait détecter les criminels à la forme de leur crâne... curieuse coïncidence, — à l’eugénisme et autres doctrines démiurgiques. Et l’on verra combien les réflexions de ces gens-là ne sont pas anodines. On sait à présent où chercher l’horreur...

5. Quand l’Immonde rencontre le pays réel

Il est de certaines rencontres qui ne laissent que de penser à une poule qui aurait trouvé un couteau. Ainsi lorsque l’Immonde franchit le périphérique parisien et se pince le nez pour aller à la rencontre de la France moisie qui vote FN. Brachay est aujourd’hui à l’honneur : c’est le village qui a donné le plus de ses suffrages — près de 72 % — à la vraie droite aux dernières présidentielles. Le journaliste ne manque pas de nous rappeler que ces pourcentages ne veulent rien dire — ce qui ne l’empêchera pas de crier victoire lorsque la cote de popularité de M. Hollande aura gagné 1 % ou que le nombre de chômeurs n’aura crû « que » de 0,5 % alors qu’il gagnait 0,8 % le mois précédent : la joie des chiffres...

Surtout, c’est le ton de commisération hautaine de l’ensemble de cet article qui frappe. À la manière d’un entomologiste disséquant la vermine que l’on place sous son microscope, ces grands messieurs de la presse condescendent à crotter leurs bottes en Haute-Marne. Le résultat frise le ridicule lorsque l’Immonde se sent obligé de relayer entre guillemets les propos du maire qui explique que son village reste un endroit chaleureux, ou encore cet habitant rejetant à juste titre les faignants et la décadence.

Rien n’existant plus à Paris de tel que la chaleur humaine ou le sentiment de décadence — difficile à appréhender il est vrai lorsque l’on est journaliste et que l’on se roule dans la facilité intellectuelle subventionnée par l’argent public, — on comprend que le langage vrai des Français doive faire l’objet de guillemets, préalables aux vitrines dans lesquelles on l’exposera un jour, au musée de la crimepensée.

Le Rouge et le Noir veille,

Florimond, Louis Jaeger & Carl Moy-Ruifey


[1Prénom d’emprunt utilisé sur Cainveau 89.

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