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Étiologie de l’homosexualité

À quelques jours de la prochaine Manif pour Tous, il convient de se poser la vraie question, au-delà des accusations des partisans du mariage ganymède, qui ne comprennent pas la bataille encore en cours pour les droit de l’enfant. Il convient de comprendre ce que cache l’accusation d’homophobie en regardant de plus près ce qu’est l’homosexualité en soi.

Dans la charte « Grandes orientations pour les droits des personnes LGBTI en Europe : Un appel au prochain Parlement Européen (2014-2019) pour faire la différence » on retrouve comme point : « Dans ce contexte, [l’union européenne] devrait intégrer dans ses actions les préoccupations de santé spécifiques des personnes LGBTI. En particulier, l’UE devrait poursuivre ses efforts vers la dépathologisation de toutes les identités trans dans la Classification Internationale des Maladies de l’OMC et dans les classifications nationales existantes. ».

Ce point mérite quelque peu de réflexion. On définit la pathologie comme l’étude des maladies, de leurs origines, de leurs symptômes, la maladie étant une altération des fonctions ou de la santé d’un organisme vivant, animal ou végétal, en particulier quand la cause est connue. Une maladie est donc ce qui par définition altère une fonction de l’organisme, et a une étiologie (ou cause).

Nous laisserons de côté l’hypothèse selon laquelle l’homosexualité porte atteinte aux fonctions reproductrices. Nous signalerons simplement que même l’inter-LGBTI utilise le terme de « préoccupations de santé spécifiques » pour les personnes qu’elle prétend défendre, ce qui montre bien l’hypocrisie de leur démarche.

Les études sur l’homme nous rapportent que plusieurs phénomènes favorisent l’apparition de l’homosexualité tels que les abus sexuels (Bartholow et al. 1994 [1] ; Beitchman et al. 1992 [2] ; Doll et al. 1992 [3] ), les violences domestiques (Schilit et al. 1991 [4] ), l’absence du père (Buhrich & McConaghy 1978 [5] ), le fantasme de la mère pour un enfant de l’autre sexe (Buhrich & McConaghy 1978). Ces études montrent que l’homosexualité ne peut pas être un comportement complètement inné, mais bien lié au vécu, notamment durant l’enfance.

Extraits de Beitchman et al. 1992 : "Les femmes adultes qui ont été victimes de sévices sexuels au cours de leur enfance présentent des signes de troubles sexuels, elles rapportent des expériences homosexuelles à l’adolescence ou à l’âge adulte, elles présentent des symptômes dépressifs et courent plus de risques d’être victimisées à nouveau."
"Les victimes masculines d’abus sexuels au cours de l’enfance présentent un fonctionnement sexuel adulte perturbé."

Extraits de Doll et al. 1992 : De mai 1989 à avril 1990, 1001 hommes homosexuels et bisexuels vus dans des consultations de maladies sexuellement transmises ont été interrogés sur leurs éventuels contacts sexuels abusifs au cours de leur enfance ou de leur adolescence. 37% des participants ont signalé qu’ils avaient été encouragés ou forcés à avoir des contacts sexuels avant l’âge de 19 ans avec un partenaire plus âgé et plus fort qu’eux-mêmes, 94% de ces contacts ont eu lieu avec des partenaires masculins.

Étude scientifique des cause de l’homosexualité

Lorsque l’on veut étudier un phénomène de façon scientifique (c’est à dire expérimentale), il n’est pas possible pour des raisons d’étique, d’expérimenter sur l’être humain. On fait en général appel à des organismes modèles, qui se comporte comme les êtres humains. Pour la pharmacologie, on utilise la souris (Mus musculus) les rongeurs étant l’une des familles les plus proches des primates ; pour la génétique, la drosophile (Drosophila melanogaster) pour son court temps de génération. De même, pour les comportements matrimoniaux, le mandarin (Taeniopygia guttata), qui est monogame, en famille biparentale stable, et qui peut présenter des cas de couples du même sexe, est un sujet de choix pour les expériences comportementales à long terme.

L’étude "Banerjee & Adkins-Regan 2014 [6] " effectuée sur le diamant mandarin montre que si l’on retire la mère juste après l’éclosion, la croissance physique du jeune est normal, mais le jeune mâle aura tendance à ne pas faire la cour aux femelles, mais à la faire au mâles. Par la suite, il pourra se mettre en nid avec un mâle, ce qui ne s’observe pas dans le groupe témoins ; il y a aussi une tendance à la hausse de la nidation individuelle. Les femelles de cette étude ont une tendance à être plus agressives et plus solitaires lorsqu’elles ont été élevées par leur père seul. Enfin, les paires homosexuelles ne se sont composées que de mâles qui ont été privés de mères.

Pour la même espèce, si l’on retire les mâles adultes (Adkins-Regan & Krakauer 2000 [7]), on remarque que les jeunes femelles vont chercher davantage la compagnie des femelles, que les mâles commenceront à faire la cour à d’autres mâles, et dans les deux sexes, des pratiques homosexuelles apparaissent.

L’étude "Adkins-Regan 2005 [8]" démontre que les mécanismes sous-jacents à ces déviances sont plus ou moins complexes, notamment la néophobie dans le cas de l’homosexualité féminine et des effets hormonaux.

Bien que la différence de comportements en fonction du sexe soit innée et ancrée dans notre métabolisme et notre héritage évolutif (Lonsdorf et al. 2014 [9] ), la perception que l’on peut avoir du sexe de l’autre ne l’est que partiellement : les animaux, tels que les chiens, capables de distinguer les humains selon leur sexe cependant, voient cette capacité amoindrie si l’entourage du chien n’est composé que d’une personne ou uniquement de personnes du même sexe (Ratcliffe et al. 2014 [10] ).

Lonsdorf et al. 2014 : Male infants interacted with significantly more individuals than female infants did , even when maternal sociability was controlled for. Furthermore, male infants interacted with significantly more adult males than female infants did. [11]

Les donnés scientifiques récentes vont donc plus dans le sens d’un maintien de l’homosexualité et des transgenres dans le domaine du pathologique. Les étiologies étudiées expérimentalement (Adkins-Regan & Krakauer 2000 ; Banerjee & Adkins-Regan 2014) confirment les observations faites sur les populations humaines (Buhrich & McConaghy 1978). De plus, elles permettent d’anticiper des effets mesurables de l’absence d’un parent et des familles homoparentales ainsi que la contre-productivité d’une « déconstruction » des « stéréotype de genre ».

Légalité de la proposition

Derrière la question du caractère pathologique de l’homosexualité se pose la question suivante : de quel droit des parlementaires ou des juristes peuvent-ils se permettre de légiférer sur ce qui est pathologique ou pas ?
D’après la constitution Française :

LE PARLEMENT : Article 24 Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques.
La loi fixe les règles concernant :

  • les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ; la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias ; les sujétions imposées par la Défense nationale aux citoyens en leur personne et en leurs biens ;
  • la nationalité, l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et libéralités ;
  • la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ; la procédure pénale ; l’amnistie ; la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des magistrats ;
  • l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures ; le régime d’émission de la monnaie.
    La loi fixe également les règles concernant :
  • le régime électoral des assemblées parlementaires, des assemblées locales et des instances représentatives des Français établis hors de France ainsi que les conditions d’exercice des mandats électoraux et des fonctions électives des membres des assemblées délibérantes des collectivités territoriales ;
  • la création de catégories d’établissements publics ;
  • les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de l’État ;
  • les nationalisations d’entreprises et les transferts de propriété d’entreprises du secteur public au secteur privé.

La loi détermine les principes fondamentaux :

  • de l’organisation générale de la Défense nationale ;
  • de la libre administration des collectivités territoriales, de leurs compétences et de leurs ressources ;
  • de l’enseignement ;
  • de la préservation de l’environnement ;
  • du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et commerciales ;
  • du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale.

Dans cette liste, rien n’habilite les parlementaires à décider de ce qui est pathologique ou pas. Vous pouvez vous engager à considérer ou non l’homosexualité comme étant un crime ou un délit, mais en aucun cas à prendre des décisions sur ce qui est du domaine du pathologique ou non. Considérer un état comme pathologique appartient au domaine de la médecine, et cela doit être fait sur une base scientifique, clinique et épidémiologique, en aucun cas sur la demande d’un collectif de personnes aux motivations clairement idéologiques. L’action de l’inter-LGBTQIA sur ce point résulte en l’absence de soins pour les personnes qu’ils prétendent protéger. Dans quel camp est « l’homophobie » ?

Benjamin Leduc

[1Bartholow, B.N. et al., 1994. Emotional, behavioral, and HIV risks associated with sexual abuse among adult homosexual and bisexual men. Child Abuse & Neglect, 18(9), p.745‑761.

[2Beitchman, J.H. et al., 1992. A review of the long-term effects of child sexual abuse. Child Abuse & Neglect, 16(1), p.101‑118.

[3Doll, L.S. et al., 1992. Self-reported childhood and adolescent sexual abuse among adult homosexual and bisexual men. Child Abuse & Neglect, 16(6), p.855‑864.

[4Schilit, R. et al., 1991. Intergenerational Transmission of Violence in Lesbian Relationships. Affilia, 6(1), p.72‑87.

[5Buhrich, N. & McConaghy, N., 1978. Parental Relationships during Childhood in Homosexuality, Transvestism and Transsexualism*. Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, 12(2), p.103‑108.

[6Banerjee, S.B. & Adkins-Regan, E., 2014. Same-sex partner preference in adult male zebra finch offspring raised in the absence of maternal care. Animal Behaviour, 92, p.167‑173.

[7Adkins-Regan, E. & Krakauer, A., 2000. Removal of adult males from the rearing environment increases preference for same-sex partners in the zebra finch. Animal Behaviour, 60(1), p.47‑53.

[8Adkins-Regan, E., 2005. Tactile contact is required for early estrogen treatment to alter the sexual partner preference of female zebra finches. Hormones and Behavior, 48(2), p.180‑186.

[9Lonsdorf, E.V. et al., 2014. Boys will be boys : sex differences in wild infant chimpanzee social interactions. Animal Behaviour, 88, p.79‑83.

[10Ratcliffe, V.F., McComb, K. & Reby, D., 2014. Cross-modal discrimination of human gender by domestic dogs. Animal Behaviour, 91, p.127‑135.

[11Les jeunes mâles ont interagi avec un nombre remarquablement plus élevé que les jeunes femelles, même lorsque la sociabilité infantile était contrôlée. De plus, les jeunes mâles ont interagi avec un nombre d’adultes remarquablement plus élevé que les jeunes femelles.

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