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Quelques conseils spirituels en temps confinés

Le confinement du début d’année 2020 a été mis en place brutalement, laissant par là même peu de place à l’anticipation et à la préparation de cette période d’isolement forcé. Si certains chanceux ont pu s’éloigner des grands centres urbains, nombreux sont ceux qui ont subi la quarantaine prolongée. L’épreuve du confinement n’a pas été vécue de la même manière et dépendait des contraintes sociales, qu’on pense à la longue solitude subie des personnes âgées ou encore à la difficulté à supporter toute la journée ses proches ou ses enfants a fortiori dans un espace restreint. Même imposé, le confinement a pu être l’occasion pour une partie de la population de réflexion introspective, de méditations ou encore de prières accrues. Cette sorte de retraite imposée, que vous nous avons d’ailleurs à nouveau connue sous une forme plus légère à l’occasion du reconfinement, peut se reproduire dans les temps futurs, et doit nous pousser à réfléchir sur la meilleure manière de la vivre spirituellement. Nous nous inspirerons donc, au cours des lignes suivantes, de la méthode ignatienne pour proposer de modestes, mais espérons-le, utiles pistes permettant de garder en ces temps troublés le regard pointé vers le ciel.

La méthode ignatienne

Saint Ignace de Loyola, bien connu en tant que fondateur de la Compagnie de Jésus, appelé plus couramment l’Ordre des jésuites, doit sa renommée à sa foudroyante conversion, à son parcours religieux jonché d’incroyables péripéties et à son esprit missionnaire. Ces éléments éclatants peuvent parfois faire oublier qu’il fut un exceptionnel maître spirituel. C’est sur son lit d’hôpital à la suite d’une blessure de guerre que le soldat s’adonne à la lecture de la Bible et de vie de saints. Ces lectures donneront lieu à de nombreuses méditations et à sa conversion. Il découvre alors le principe du discernement des esprits c’est-à-dire comment distinguer si une pensée spirituelle bonne ou mauvaise vient d’un esprit bon ou mauvais. Plus tard, il se prêchera et prêchera des retraites spirituelles dénommées les Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola.

Ces retraites silencieuses se composent de méditations sur le péché, notre rapport au Christ, sa Passion et sa Gloire où le retraitant est invité, après avoir été nourri par une instruction religieuse de la part du prédicateur, à s’imaginer revivre une scène de l’Évangile en se focalisant sur les personnes, les paroles et les actions. La fin de la méditation doit déboucher sur un colloque, à savoir un entretien, avec le Christ, la Sainte Vierge ou le Père. Les Exercices sont donc centrés autour de la méditation mais ils sont aussi l’occasion pour le retraitant de faire une confession générale, c’est-à-dire une confession de tous les péchés depuis la naissance, de cerner ses défauts dominants ou de faire élection, autrement dit de se livrer à une décision déterminante pour sa vie. Les Exercices spirituels de saint Ignace ont été notamment vivement recommandés aux fidèles par Paul III, par Saint Pie X, par Pie XI et Pie XII, par Saint Jean-Paul II, par Benoît XVI ou encore par le pape François.

Se fixer une règle de vie

D’habitude absorbé par son travail, ses activités physiques, sa vie de famille, ses sorties et ses instruments cathodiques et électroniques (triptyque de l’enfer : téléphone, ordinateur, télévision), le confiné fait le constat inéluctable d’un notable gain de temps. Deux écueils sont alors à éviter. Il peut être tentant de remplir ce temps de passe-temps inutiles en augmentant par exemple sa consommation de réseaux sociaux ou de séries télévisuelles ou d’essayer de retrouver la suractivité perdue du fait du confinement en travaillant encore plus ou en redoublant d’activités sportives. Avoir plus de temps ne doit ni entraîner une hyperactivité maladive, ni générer une indolence improductive.

Face à un emploi du temps moins chargé, il est donc conseillé de découper sa journée en temps de travail, en temps d’activités sportives, en moments familiaux et en temps spirituels. À cet effet, on peut se rappeler le point 48 de la Règle de Saint Benoît : « L’oisiveté est ennemie de l’âme. Les frères doivent donc consacrer certaines heures au travail des mains et d’autres à la lecture des choses divines. » Régler son temps ne constitue bien sûr pas une fin en soi. L’objectif est avant tout que le confiné se recentre sur l’essentiel.

Se recentrer sur l’essentiel

Trois éléments, deux d’ordre naturel, le troisième d’ordre surnaturel, semblent négligés par l’homme contemporain. La première négligence d’ordre naturel est la tendance à passer à côté de sa vie de famille. Or qu’il y a-t-il de plus important que de profiter de son conjoint et de voir grandir ses enfants ? Est-ce que des activités passagères comme le travail, le sport ou les sorties peuvent décemment venir concurrencer la vie de famille ? Le confinement forcé, difficile à supporter pour beaucoup, peut permettre de renouer de manière plus profonde avec les êtres avec qui nous sommes liés jusqu’à notre mort. La seconde négligence d’ordre naturel constitue la faible capacité à contempler la Création. Pourtant, exercer son âme à la contemplation de la nature peut s’avérer bien apaisant pour l’esprit et tourner le regard de l’homme vers le Beau. Pour les confinés les plus chanceux, c’est-à-dire pour ceux qui ne vivent pas en zone uniquement urbanisée, il s’agira donc de détourner les yeux du goudron pour les lever vers le ciel, la verdure ou même les animaux.

Mais il va de soi que l’élément le plus délaissé par l’homo économicus est la spiritualité. Or, quel est le principe et fondement des Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola ?

« L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme. Et les autres choses qui sont sur la terre sont créées à cause de l’homme et pour l’aider dans la poursuite de la fin que Dieu lui a marquée en le créant. D’où il suit qu’il doit en faire usage autant qu’elles le conduisent vers sa fin, et qu’il doit s’en dégager autant qu’elles l’en détournent. Pour cela, il est nécessaire de nous rendre indifférents à l’égard de tous les objets créés, en tout ce qui est laissé au choix de notre libre arbitre et ne lui est pas défendu ; en sorte que, de notre côté, nous ne voulions pas plus la santé que la maladie, les richesses que la pauvreté, l’honneur que le mépris, une longue vie qu’une vie courte, et ainsi de tout le reste ; désirant et choisissant uniquement ce qui nous conduit plus sûrement à la fin pour laquelle nous sommes créés. » [1]

À la lumière de cet enseignement du fondateur de la Compagnie de Jésus, l’homme confiné et maintenant reconfiné peut se demander s’il place Dieu au centre de sa vie ou si la finalité de son existence se trouve dans le travail, l’argent, la renommée, l’amitié ou l’amour humain. Pour que le créateur retrouve sa place de choix, la créature doit poursuivre les moyens permettant d’accéder à cette fin et abandonner ceux qui risquent de l’en détourner. En outre, elle est invitée à rechercher le détachement des choses matérielles en vue d’accepter humblement le sort qui lui est réservé.

Trouver le temps de la méditation

La méditation est de nos jours exclusivement, et donc faussement, associée à une pratique asiatique, qu’elle soit hindouiste ou bouddhiste. Celle-ci se résume souvent à tenter de faire le vide en vue de trouver un équilibre intérieur. Nombre de chrétiens oublient que l’Église catholique comporte de nombreux maîtres spirituels ayant réfléchi sur la méditation et l’ayant pratiquée. Saint Ignace en fait évidemment partie. Nombreux sont aussi ceux qui craignent de pratiquer la méditation en estimant de pas connaître la technique ou ne pas avoir été initié. Or, la méditation catholique ne s’apparente aucunement à une technique qu’il faudrait patiemment maîtriser dans l’espoir de devenir peut-être un jour un expert en méditation. Le fondateur de l’Ordre des Jésuites ne nous apprend pas une technique mais nous fournit une méthode à la portée de tous pour faire une bonne méditation.

La première exigence préalable pour le confiné est de s’isoler pendant trente minutes et de garder un plein silence. Saint Ignace est on ne peut plus clair à ce sujet :

« Se trouvant ainsi seul avec lui-même, n’ayant plus l’esprit partagé entre plusieurs objets, mais réunissant toute sa sollicitude en un seul, qui est de servir son Créateur et d’être utile à son âme, il fait usage de ses puissances naturelles plus librement pour chercher avec diligence ce qu’il désire avec tant d’ardeur […] Plus notre âme se trouve seule et séparée des créatures, plus elle se rend apte à s’approcher de son Créateur et Seigneur et à s’unir à lui ; et plus elle s’approche effectivement de lui, plus elle se dispose à recevoir les grâces et les dons de sa divine et souveraine bonté. » [2]

Le Cardinal Sarah a lui aussi beaucoup insisté sur la nécessité de faire silence pour se rapprocher de Dieu, le bruit étant relié aux affaires du monde, au sol, à la matière là où le silence nous tourne vers les choses d’en haut [3]

Une fois le silence trouvé, le confiné peut commencer sa méditation. Au préalable, il choisira une scène de l’Évangile telle que la nativité, la fuite en Égypte, la crucifixion ou l’Ascension. En guise d’introduction à sa méditation, il pourra réciter sa prière préparatoire en demandant éventuellement une grâce particulière : « Ô Dieu Souverain Seigneur, je vous demande la grâce nécessaire pour que toutes mes intentions, toutes mes actions et toutes mes opérations de l’âme soient durant cette oraison purement ordonnées au service et à la louange de votre divine Majesté. » Le retraitant confiné replacera dans son contexte la scène de l’Évangile choisie. Il imaginera alors être à côté du Christ pendant son enfance, sa vie publique, sa Passion ou sa Gloire en fonction de la thématique du passage médité. Puis, il arrêtera son imagination successivement sur trois points. En premier lieu, il considérera les personnes de la scène évangélique en essayant de les voir, de les sentir, de les toucher et même de les entendre. En second lieu, il se penchera sur les paroles éventuellement prononcées en tentant d’en comprendre le sens profond. Enfin, il fixera sa pensée sur les actions. Tout cela doit à peu près prendre vingt minutes, les dix minutes restantes étant consacrées au colloque avec le Père, le Fils ou la Sainte Vierge. Ce colloque peut se résumer à un entretien intime avec une de ces trois personnes au cours duquel on peut rendre grâce, faire une demande particulière ou faire le regret d’un péché.

Les progrès dans la vie spirituelle sont souvent parsemés d’embûches qu’il est possible d’éviter grâce à un outil ignatien particulièrement idoine : il s’agit des règles du discernement des esprits. Pour une âme pécheresse, le mauvais esprit aura tendance à la conforter dans ses vices tandis le bon esprit n’aura de cesse que d’alerter sa conscience sur la gravité des actes voulus ou commis. Dès que l’âme se met à progresser, le mauvais esprit peut l’assaillir de tourments et de découragements là où le bon esprit est dans une optique de réconfort. Saint Ignace de Loyola distingue deux états bien différents de l’âme : la consolation et la désolation spirituelle. La consolation spirituelle s’apparente à une joie intérieure qui tourne l’âme vers son Créateur tandis que la désolation spirituelle la dirige vers les choses de la Terre pouvant provoquer une tiédeur vis-à-vis des choses célestes. En période de désolation, il ne faut opérer aucun changement mais il est nécessaire au contraire de persévérer dans ses habitudes spirituelles, voire d’augmenter ses temps de prière et de pénitence. En période de consolation, l’âme doit se rappeler sa grande détresse lorsqu’elle se trouve en temps de désolation et demander de la force pour y faire face quand la consolation aura pris fin. Un dernier point d’attention est à considérer : l’âme peut être tentée sous apparence de bien. Le mauvais esprit peut introduire des bonnes pensées dans l’âme laissant croire à une consolation spirituelle. Afin de savoir s’il s’agit de bonnes pensées émanant d’un bon ou d’un mauvais esprit, le confiné doit analyser ce qui a précédé et suivi ces bonnes pensées. S’il découvre de mauvaises envies, de condamnables inclinaisons ou une quiétude troublée, il saura que ces bonnes pensées lui sont venues d’un mauvais esprit.

Cerner son ou ses défaut(s) dominant(s)

Afin d’éviter de retomber continuellement dans les même fautes, il n’est pas inutile de recourir aux enseignements des jésuites concernant les défauts dominants. Comme suggéré précédemment, la méthode ignatienne comporte un aspect éminemment psychologique. Il n’est donc pas étonnant que les jésuites, à la suite de leur Père fondateur, se soient fortement intéressés à la psychologie humaine. Le confinement paraît être une période appropriée pour se pencher sur nos défauts principaux. En effet, le combat n’est efficace que lorsqu’on connaît l’ennemi. Une fois les défauts désignés, il nous sera plus facile de leur mener la vie dure pour éviter le plus possible les péchés que ces défauts induisent.

Les jésuites distinguent quatre tempéraments auxquels correspondent quatre blessures qui génèrent des défauts. Bien entendu, une personne peut avoir un seul des quatre tempéraments ou un mélange de certains d’entre eux. Le premier tempérament archétypal se nomme le tempérament sanguin. Les sanguins sont des extravertis souvent très généreux. Ils pèchent souvent par faiblesse ce qui induit le défaut de manque de force : inconstance, découragement, désordre, caprices etc. Le deuxième type de tempérament constitue le tempérament nerveux. À l’inverse des sanguins, les nerveux sont introvertis à l’excès et font preuve d’intelligence spéculative et de sensibilité intuitive. Ils sont blessés par l’ignorance qui atteint la prudence. Les nerveux ont les défauts suivants : méfiance exagérée, timidité, respect humain, difficultés dans les rapports humains ou encore perfectionnisme. Le troisième groupe est constitué des bileux ou des colériques qui sont plutôt extravertis. Souvent aptes au commandement et à l’organisation, ces hommes de grande volonté sont néanmoins atteints par la malice qui lèse la justice. Leur principal défaut est l’orgueil qui entraîne de l’autoritarisme, de la dureté de cœur, de la vanité et de l’entêtement. Dans la dernière catégorie, on trouve les lymphatiques appelés aussi les flegmatiques qui sont plutôt introvertis. Bons, patients, réguliers, calmes et ayant horreur du conflit, ils sont sujets à la concupiscence qui affaiblit la vertu de tempérance produisant ainsi ces défauts : paresse, mollesse, avarice et égoïsme.

Faire élection ou la capacité à faire le bon choix

Un autre intérêt notable des retraites spirituelles de saint Ignace de Loyola réside dans ce qu’il est coutume d’appeler l’élection c’est-à-dire la capacité à faire un choix important. C’est pourquoi on trouve fréquemment parmi les retraitants des personnes intéressés par le sacerdoce, la vie religieuse ou encore le mariage. Ces choix de vie sont d’une grande gravité. Il est donc fondamental de prendre la décision finale après une mûre réflexion. La retraite silencieuse constitue indéniablement un moment propice au choix éclairé. Les temps confinés peuvent être évidemment un moment utile de discernement en vue de prendre une sage décision. Trop souvent, nos contemporains font des choix rapides, en fonction de leurs passions du moment sans faire jouer leur raison. L’élection permet d’éviter de prendre une décision précipitée risquant de compromettre l’avenir ou même la moralité du sujet. Il va de soi que des choix de moindre importance peuvent eux aussi être précédés de cette méthode, qu’on pense à un changement de métier ou à un déménagement.

Saint Ignace insiste particulièrement sur ce qui doit précéder le choix d’importance : se rappeler notre finitude et notre appel à servir Dieu. Cela n’est qu’après ce constat qu’on peut choisir le moyen qui nous permettra d’accomplir cette finalité. Il souligne un autre point essentiel :

« Lorsqu’on s’est engagé dans le mariage ou dans les ordres sacrés, il n’y a plus à y revenir, puisque le lien est essentiellement indissoluble. Si donc on n’a pas fait cette élection avec maturité et sans affection déréglée, comme on le devait, il faut tâcher de s’en repentir, et de mener une vie régulière dans l’état que l’on a choisi, bien que cette élection ne soit pas, ce semble, une vocation divine, puisqu’elle s’est faite avec une intention oblique et avec affection déréglée. » [4]

L’objet de l’élection peut être invariable (mariage ou sacerdoce) et dans ce cas on ne peut revenir dessus ou variable (biens matériels) et dans ce cas on peut revenir dessus, notamment si l’élection n’a pas été faite de bonne manière c’est-à-dire sans intention droite ou « avec une affection déréglée ». Faire une bonne élection suppose de se représenter l’objet de l’élection avec la plus grande indifférence possible, autrement dit sans affection désordonnée. Il faudra alors être prêt à suivre ce qui sera le plus propice à la gloire de Dieu et à son salut. Le confiné sera bien inspiré s’il demande humblement au Seigneur de le guider dans son choix. D’un point de vue plus prosaïque, il devra peser les avantages et les inconvénients d’une acceptation ou d’un refus de l’objet envisagé. En fonction de cette analyse, le choix pourra être fait puis offert à Dieu en prière. Au cours du discernement, il peut être utile de se demander ce qu’on conseillerait à un ami, la décision qu’on prendrait sur son lit de mort ou si on serait content du choix envisagé au jour du jugement dernier.

Conclusion

Les temps confinés peuvent être une épreuve pénible pour les animaux sociaux que nous sommes. Rien de plus anormal en effet que d’être privé du prochain et de la vie sociale propre à toute organisation humaine. Il peut être tentant durant ces périodes de s’apitoyer sur son sort, de ruminer des mauvaises pensées ou au contraire de profiter de ce temps pour ne se consacrer qu’à des choses matérielles. Ces conseils spirituels pourront donc aider l’âme troublée par le confinement mais aussi celle totalement apaisée mais tournée uniquement vers la matière à retrouver le chemin du Ciel. Le confinement peut donner un sentiment d’enfermement qu’il est impossible de ressentir lorsque l’âme médite sur les choses célestes.

Karl Peyrade

[1Point 23 des Exercices Spirituels.

[2Point 20 des Exercices Spirituels.

[3CARDINAL SARAH, La force du silence, Fayard, 2016.

[4Point 172 des Exercices Spirituels.

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