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Stabat Mater Dolorosa

22 octobre 2011 Tancrède ,

Je vous soumets ici un des plus beaux florilèges des chants les plus tristes inspirés par la figure mariale à quelques artistes qui ont partagé notre foi. Si nous connaissons tous ce grand génie catholique que fut Jean-Baptiste Pergolèse par l’intermédiaire de son Stabat Mater, nous connaissons moins ceux qui, parmi les plus catholiques des compositeurs classiques, ont écrit des chefs-d’œuvre sous la triple influence de la Foi, de Marie et de l’Église catholique. Sur le rôle qu’a joué celle-ci dans le mécénat des arts en Occident, il faudrait un jour dire quelques mots, car la Tradition catholique, c’est encore la richesse exemplaire du canon, lequel, simultanément générateur et inhibiteur, déploie la puissance esthétique jusqu’au Sublime dans les cadres de la seule Beauté. Hors ce cadre, vous tomberez dans la laideur. Nous sommes ici loin de ces pièges bien trop modernes : les oreilles de ces hommes eurent la chance inouïe de rester chastes.

Pour ceux qui voudraient éprouver la force des génies qui suivent, reportez-vous au texte ci-dessous [1].

Comme exorde à cette série, une Annonciation s’impose : celle de Heinrich Ignaz Franz von Biber.

1. Le Stabat Mater de Pergolèse, éternellement.

2. Le Stabat Mater de Giovanni Sances, qui m’a bouleversé.

3. Le Stabat Mater de Vivaldi, qui fut prêtre.

4. Le Stabat Mater d’Abos, pour les amoureux du classicisme.

5. Le Stabat Mater d’Arvo Pärt, qui vit encore.

Pour finir, la scène finale et tragique d’un opéra de Poulenc inspiré d’un roman de Bernanos lui-même écrit en hommage des Carmélites martyres de la Révolution française.


[11 Stabat Mater dolorosa iuxta crucem lacrimosa dum pendebat Filius
Debout, la Mère des douleurs, au pied de la Croix, tout en pleurs, regardait Jésus mourir

2 Cuius animam gementem contristantem et dolentem pertransivit gladius
Sa pauvre âme tant gémissante, et tant navrée et tant dolente, un glaive aigu la pourfend

3 O quam tristis et afflicta fuit illa benedicta Mater Unigeniti
Quelles peines, quelle agonie subit cette mère bénie près de son unique enfant

4 Quae mœrebat et dolebat et tremebat cum videbat nati poenas incliti
Quel tourment, quel supplice affreux de voir les coups si douloureux que son Fils avait reçus !

5 Quis est homo qui non fleret Christi Matrem si videret in tanto supplicio ?
Quel homme ne fondrait en pleurs à voir la mère du Seigneur dans un supplice si grand ?

6 Quis non posset contristari Pia Mater contemplari dolentem cum filio ?
Qui n’aurait le cœur abattu devant la mère de Jésus souffrant avec son Enfant ?

7 Pro peccatis suae gentis vidit Iesum in tormentis et flagellis subditum
Pour son peuple qui a péché, elle voit Jésus torturé et les fouets qui le déchirent

8 Vidit suum dulcem natum moriendo desolatum dum emisit spiritum
Elle voit son fils bien-aimé, seul et de tous abandonné, qui, dans un grand cri, expire

9 Eia Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac ut tecum lugeam
Bonne mère, ô source d’amour, faites-moi souffrir à mon tour pour que je pleure avec vous

10 Fac ut ardeat cor meum in amando Christum Deum ut sibi complaceam
Allumez en mon coeur le feu de l’amour pour le Christ mon Dieu ; que cet amour lui soit doux !

11 Sancta Mater, istud agas crucifixi fige plagas cordi meo valide
Mère sainte, faites que j’aie en mon coeur à jamais les plaies du divin Crucifié

12 Tui nati vulnerati tam dignati pro me pati poenas mecum divide
Au martyre de votre Enfant, qui pour moi souffrit ces tourments faites-moi participer

13 Fac me vere tecum flere crucifixo condolere donec ego vixero
Qu’avec vous je pleure d’amour, et qu’en croix je sois, tout au cours de ma vie, à ses côtés

14 Iuxta crucem tecum stare te libenter sociare in planctu desidero
Près de vous, au pied de la croix, à vos pleurs associez-moi : c’est là mon pieux souhait

15 Virgo virginum praeclara mihi iam non sis amara fac me tecum plangere
Vierge entre toutes glorieuse, ne soyez pas rigoureuse ; au vôtres mêlez mes pleurs

16 Fac ut portem Christi mortem passionis eius sortem et plagas recolere
Puissé-je avec le Christ mourir, à sa passion compatir, et revivre ses douleurs !

17 Fac me plagis vulnerari cruce hac inebriari ob amorem filii
Blessez mon coeur de ses blessures, ennivrez-moi des meurtrissures et du sang de votre Enfant

18 Inflammatus et accensus, per te, Virgo, sim defensus in die iudicii
L’enfer me jette dans l’effroi, de ses flammes défendez-moi au grand jour du jugement

19 Fac me cruce custodiri morte Christi praemuniri confoveri gratia
Puissé-je, à l’heure du départ, Christ, par votre mère, avoir part aux palmes de la victoire !

20 Quando corpus morietur fac ut animæ donetur paradisi gloria. Amen
Et quand mourra mon pauvre corps, faites entrer mon âme alors dans le paradis de gloire. Amen.

22 octobre 2011 Tancrède ,

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