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L’action métapolitique : « sous les tympans, le soleil. »

Description pratique et symbolique de l’action métapolitique.

Si la politique n’espère plus, nous le ferons à sa place. Et, lecteurs, le contraire de leur vieille politique, c’est la pagaille ! Sa Sainteté François nous y exhorte [1], faisons-le.

D’aucuns appellent cela l’action hors-système, d’autres l’entrisme ou l’« agitprop ». Elles visent à découvrir les visages de nos « meneurs » et à inverser la relation qui nous lie à ces derniers jusqu’à les obliger à nous suivre. En réalité, tiré droit, coupé ou dégagé, ces attaques sont toute une si elles sortent du fourreau de Michel, l’Archange. Comme je me plais à croire que les symboles plaisent à Dieu, c’est leur efficacité eschatologique que je veux vanter.

L’autre société

La Manifestation Pour Tous, qui n’a pu remplir le but qu’elle s’était assignée, le retrait de la loi Taubira, a tout de même eu le grand mérite d’exposer à tous les manifestants l’iniquité du socialisme, voire de la République.

Pendant longtemps, les catholiques furent dupes de ce régime qui fut créé contre eux, mais qu’ils crurent pouvoir rallier tout de même par leur exemplarité.

Est-il désormais évident pour tous que le système veut contrôler la totalité de votre vie : depuis le droit de vie de votre enfant jusqu’au droit de mort de vos parents, sans oublier ses immiscions toujours plus pressantes dans votre sexualité ? Est-il désormais visible qu’il ne s’embarrassera pas de vous humilier dans ses cellules comme plusieurs centaines d’entre nous en ont déjà fait les frais ? Comprenez-vous qu’il n’hésitera pas à rouer de coups des gamins ? Chacun de ces cas devraient faire de vous un militant, et même un militant de Dieu, puisque c’est bien ce dernier qu’il refuse de respecter en vous.

Le temps est venu de nous replier dans nos citadelles, de créer - sans se désintéresser pour autant du destin collectif des Français - une contre-société fraternelle. À l’image des premières communautés chrétiennes, organisons la solidarité qu’exige notre filiation commune : aimons-nous enfin ! Partageons la nourriture, les soins, les informations, les coups, les blessures et les prières ! La solution est ce scoutisme pour adulte, ce corporatisme qui ne dit pas son nom, ce corporatisme d’eau et d’esprit qui ne cède à la consanguinité supralapsaire des coteries. Il ne fait aucun doute que ces foyers, allumés immédiatement à la flamme dominicale, ne laisseront pas d’ouvrir leurs portes aux pèlerins qui y frappent, d’où qu’ils viennent au demeurant. Mais restaurons les portes pour retrouver la lumière.

La lumière et la porte

J’aimerais parler de ce camarade que je connais depuis quelques années, et dont l’engagement fait figure de parabole. Notre amitié était comme née de nouveau le 24 mars, alors que nous servions de barricades humaines, soudés par ce chant que nous avions entonné ensemble : Les Bleus sont là. Ils étaient bien là, les bleus, à frapper et gazer des jeunes désarmés mais debout, statiques mais forts. À de nombreuses reprises par la suite, nous avons frôlé les matraques et les gardes à vue ensemble. Le 26 mai, les forces de l’« ordre » lui ont arraché un œil, en jetant une grenade assourdissante. Le 26 mai, les Français ont retrouvé la vue.

Le combat se déroule désormais à ciel ouvert. Leurs dernières hypocrisies sont autant d’hommages à nos premières vertus. Elles ne tarderont pas à être mises sous les feux de la vérité, elles aussi. Et l’on croit reconnaître, derrière ses médiocres instruments, le vieil Ennemi. Le combat qui se joue n’est pas simplement politique, il est véritablement eschatologique : le Royaume des Cieux, pour arriver, réclame notre assistance à travers la promotion d’un couple symbolique, largement utilisée par le Christ pour décrire ce même royaume : la lumière et la porte, lesquelles ne vont jamais l’une sans l’autre, pour l’efficacité de chacune.

Soyons, certes, des enfants de lumière ! Témoignons par rayonnement, selon le mot de Marthe Robin, par la sainteté de nos vie pour la conversion des hommes de bonne volonté. Mais il appartient davantage à vos pasteurs qu’à vos rhéteurs de vous délivrer l’éclatante Vie par les sacrements. Permettez-moi toutefois de vous rappeler à la charité et à la prière. Si le Curé d’Ars dit vrai, un seul ave maria fait trembler l’enfer tout entier. Combien plus chaque conversion doit en ébranler les portes !

Elevámini, portæ æternáles ! Élevez-vous portes éternelles, disait-on autrefois pour introduire le roi de gloire à Jérusalem, alors que le prêtre frappait sur les portes de l’église [2]. D’ascendance divine par adoption, c’est notre tour de monter glorieusement au calvaire et d’ériger à nouveau ces portes contre les tambours [3] automatiques et transparents que veut nous imposer le Moderne. N’était la résistance éternelle de cette porte opaque qu’une main vient ouvrir et contre laquelle l’enfer ne prévaudra pas, la porte de l’Église, le démon aurait réalisé son odieux projet : la fin des distinctions (qu’elles s’appellent âges, hiérarchies, arcanes, frontières ou sexe) et des ouvertures (du moindre accueil au grand Salut) au profit des machines et de la transparence.

N’ayons donc pas peur de créer cette cité alternative et eschatologique au cœur de la société française. Pour conserver la précieuse lumière de France, créons des portes qui protègent et qui accueillent, érigeons-nous en tabernacle, faisons-nous église :« sous les tympans, le soleil ! »


[1Dans son discours du 25 juillet 2013 dans la cathédrale Saint Sébastien de Rio de Janeiro : http://www.ndf.fr/nos-breves/26-07-2013/le-pape-exhorte-les-jeunes-a-sortir-dans-les-rues

[2Attóllite portas príncipes vestras,
& elevámini, portæ æternáles ;
& introíbit Rex glóriæ.

[3En témoignent les portes tambours de supermarché.

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