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De la création d’un statut de pérégrin

Sont-ils seulement français ? Il est vain de s’interroger sur l’immigration sans se poser cette question : un coup de tampon peut-il effectuer la prouesse extraordinaire de transformer un clandestin en un Français ?

Aujourd’hui, il se trouve pourtant de nombreuses personnes, même dans nos rangs, qui croient à ce miracle quotidien. L’essence française n’est-elle pas plus que l’affirmation d’une personne ou de la justice ? Si « leur » Patrie n’est qu’une idée, comme disait Charette dans ce texte que vous savez par coeur [1], l’adhésion a un système de valeurs suffit bien sûr pour en faire pleinement partie, encore que ces valeurs gagneraient à être explicitées, car il est sûr qu’elles ne seront jamais les nôtres, à nous autres catholiques. Mais nous ne pouvons pas admettre de ceux qui n’ont pas le pouvoir de créer des anges qu’ils dépècent la France de sa chair et la vident de son sang.

Être français

Alors, quoi ? Qu’est-ce qu’être français si la bonne volonté — condition nécessaire et suffisante pour bon nombre d’hommes de « droite » — n’y pourvoit pas ? Cette haute question ne peut souffrir une réponse prétendument spirituelle et exclusivement idéologique.

Être Français est un don

Être français, c’est d’abord un donné. C’est ainsi. Je suis né français, et même si je devais un jour quitter la terre de mes ancêtres, j’aurais à cœur d’utiliser toutes mes ressources pour accomplir au mieux ma nature plutôt que de la contrarier ou de chercher à l’effacer. Quand bien même ma famille reviendrait cent années plus tard de ses aventures ultramarines, elle n’en serait pas moins française, jusqu’à la fin. N’ont-ils pas été d’excellents Français, ces pieds-noirs qui ont mis toute leur âme de bâtisseurs dans l’édification de l’Algérie, générations après générations ?

Il me plaît même de croire qu’être Français est un don de Dieu, Lui qui a donné la vie à chacun de nous, et mieux, qui leur a donné un sens. De quoi donc nous mêlons-nous quand nous embrouillons les natures individuelles et créons les destinées : pensons-nous vraiment pouvoir faire mieux que notre Seigneur Lui-même ?

Les douze tribus d’Israël, dont la création préfigure celle de nos nations
« Elle a une grande et haute muraille, avec douze portes ; à ces portes sont douze anges, et des noms inscrits, ceux des douze tribus des fils d’Israël. II y a trois portes à l’orient, trois portes au nord, trois portes au midi et trois portes à l’occident. La muraille de la ville a douze pierres fondamentales sur lesquelles sont douze noms, ceux des douze apôtres de l’Agneau. » (Ap XXI, 12-14)

Il nous est donné d’appartenir à la France avant toute ratiocination identitaire ou même toute élaboration culturelle, et ce donné ne fut guère mieux exprimé par nos prédécesseur que par la réalité du sang. Le sang, disqualifié à tout jamais aux yeux des intellectuels occidentaux à cause des horreurs du nationalisme allemand, est pourtant pertinent pour signifier les caractéristiques et la continuité d’une famille, d’une dynastie, ou plus profondément, d’une nation. Le mot « nation » est utilisé à dessein, car il est emprunté au latin natio, dérivé de nasci. On naît à la France car on est de son sang. La France ne commande pas ses enfants par GPA.

Être Français est un héritage

On pourra, à raison, opposer à cette vision naturaliste et presque pastorale de la France les efforts rationnels, centralisateurs, territoriaux de nos rois. Certes, la France actuelle n’est pas qu’un donné, surgi ex nihilo avec les frontières définies par le traité de Westphalie. La France fut autrefois une enfant ; et sous, les Capétiens, la plus belle des jeunes filles, l’aînée du peuple de Dieu ; et — nous devons l’espérer — elle arrivera encore à plus de maturité. Comme il est difficile de dissocier ce qui tient de la nature, ce qui tient de la culture (c’est-à-dire de la volonté de tous les autres), et ce qui tient de la volonté propre dans la transformation d’une petite fille en femme. Quand, comme dans le cas de la France d’avant, cette croissance est si harmonieuse, que la culture accompagne si sûrement la nature, et que la volonté tend encore à la sublimation de ces deux dernières, cette difficulté s’accroît encore. L’exercice périlleux de les dissocier, le temps d’une bien insuffisante abstraction, est pourtant nécessaire pour mesurer la part de volonté collective et séculaire composant la France, et plus avant, la part de bénéfice « identitaire » revenant à chacun des groupes présents sur le territoire français. Puisque cet héritage est l’effet d’une volonté historique et collective, il est naturel de s’intéresser d’abord aux Français, aux Européens, aux chrétiens ou aux autres immigrés comme des groupes, sans s’attarder d’abord sur les volontés individuelles surtout si elles sont discordantes (du point de vue du groupe ou de l’histoire).

À ce titre, nous autres Français, nous héritons des querelles des Gaulois, de l’alouette de Vercingétorix, de la conversion de Clovis, de la grandeur de Charlemagne, de la foi de Louis, du sacrifice d’un autre Louis, du panache de Cyrano, de l’esprit de géométrie, de celui de finesse, du classicisme de Racine, de la conversation des courtisans, de la légèreté des poètes [2] ; et surtout nous héritons du labeur de tant d’hommes et de femmes pendant tant de siècles, qui ont des petites choses fait des merveilles ; et enfin, nous héritons du sang de tant de petites gens qui savaient qu’ils n’avait qu’un devoir, maintenir la France, et qui n’avaient qu’un désir, la transmettre plus grande qu’ils ne l’avaient reçue. N’étaient les barres de HLM des cités nouvelles, l’héritage commun ne fut guère renfloué par l’arrivée massive d’une main d’oeuvre étrangère, utilisée sans vergogne pour des projets dont l’ambition esthétique n’a d’égal que le désintéressement pécuniaire [3]. Et même si c’était le cas, même si l’apport des immigrés était louable, peut-on imaginer qu’il suffise d’appliquer sa volonté — la meilleure soit-elle — le temps d’une génération, ou même de trois, pour récupérer les fruits de cet effort millénaire ? Est-il juste que les ouvriers de la dernière heure puissent recevoir autant que les enfants de la maison, celle de France ?

Bassin d’Apollon - Château de Versailles

Encore les habitants du comté de Nice ou du duché de Savoie avaient pour eux d’avoir grandi à côté de nous, comme voisins, comme Européens et comme catholiques. Mais comment peut-on imaginer qu’il faille trois générations aux immigrés d’Afrique Noire ou du Nord, surtout s’ils sont de confession mahométane, pour recueillir et s’approprier ce que nous avons mis mille ans à confectionner de nos mains ? Comment l’imaginer alors même que le soin et l’ardeur du travail français sont chantés par tous les poètes d’avant ? Comment l’imaginer alors que ce labeur était dédié à leurs descendants ?

Ont-ils tort toutefois de prendre ce que nous avons laissé en jachère sur la terre de nos pères, par la faute de notre laxisme ? N’est-il pas possible, à l’échelle des individus, par un prodigieux effort de la volonté, de se faire Français ?

Être Français est un effort

L’appartenance charnelle à la France suppose par elle-même la nécessité pour chacun de ses membres de l’agrandir. Devenir Français est un devoir qui ne nous est pas épargné, qui incombe même à tous les Français de sang, et qu’il convient d’abord de leur rappeler, fussent-ils des traitres à leur patrie. Si tant est qu’il reste suffisamment de courage et mots pour cela, nous devons être à la hauteur de nos ancêtres, ensemble guerriers et poètes [4], artisans et mystiques, et de toutes choses (même la conversation ou la cuisine) faire un art.

Il n’est pas aberrant cependant que l’on puisse entrer dans la communauté Française au sens plein comme on entre dans une famille. Mais avez-vous déjà vu un groupe entrer dans une famille ? Si incorporation il y a, elle ne peut être qu’individuelle. L’incorporation à la France demande un engagement total, fidèle et exclusif comme le mariage ou l’adoption l’exigent d’une famille (et de tous ses membres). Il faut remarquer d’ailleurs qu’une femme entre dans la famille de son mari en renonçant à son nom de jeune fille. De même, la France ne devrait plus tolérer la double nationalité (sans pour autant dénigrer l’appartenance nationale sacrifiée) [5].

Du statut de pérégrin

Si la France n’est pas qu’une idée, elle est aussi une idée, et il n’est pas inconvenant d’imaginer des statuts ouvrant à une appartenance spirituelle ou territoriale à la France, à défaut d’une pleine appartenance charnelle et spirituelle à celle-ci (en particulier pour les parents de ressortissants français, les résidents de longue date, ou les anciens binationaux).

Soyons réalistes

Même si nous reconstruisions les murs de nos frontières, les flux migratoires seraient encore difficiles à inverser, en raison de la mondialisation toujours croissante [6], de la richesse de la France, et de l’importance de l’immigration illégale. Excédés, certains se prennent à rêver d’une expulsion de tous les étrangers. Cette mesure serait trop douce pour ce qu’elle a de dur et trop dure pour ce qu’elle a de doux : trop douce, car elle ne réviserait pas philosophiquement notre position réelle sur la nationalité ; trop dure, car l’expulsion de toute personne humaine contre sa volonté est douloureuse pour les deux partis. Et il ne serait pas décent de laisser ces pauvres hères sans statut juridiques, car l’hospitalité, à la différence de l’indifférenciation, est une vertu évangélique. Alors autant accompagner la fermeture des portes de notre pays de la création, à la romaine, d’un statut de pérégrin.

La citoyenneté romaine devrait inspirer les intellectuels chrétiens, elle qui servit aux premiers chrétiens de modèle pour forger et définir la citoyenneté chrétienne [7]. La citoyenneté romaine est une notion compliquée, dont l’histoire est dense, et qui suppose beaucoup de nuances. Toutefois, tentons de rester fidèle à son esprit, et, du moins, gardons ce que les chrétiens d’alors en avaient retenu. La citoyenneté chrétienne donne à son détenteur un titre de fierté (Paul, qui tire sa gloire de ses frères en Jésus- Christ [8], qui dit vouloir se garder de se glorifier, sinon dans la croix de son Dieu [9], sait mettre en avant sa citoyenneté romaine [10], précisant même qu’il la tient de naissance [11]). Elle lui accorde des faveurs (si les sacrements chrétiens peuvent être comparés aux égards de l’administrations romains) ; elle lui ouvre de nouveaux droits ; elle lui offre une justice plus clémente (la justice romaine évite à Paul des coups de fouets [12], la justice divine lui fait miséricorde [13]) : en somme, elle le distingue des alieni (Blaise relève [14] que cet adjectif, appliqué par les Romains aux étrangers, peut prendre la signification de « païen », ou qualifier l’attitude de celui qui se détourne de Dieu sous une plume chrétienne), elle le distingue des gentes [15], lui confère une supériorité invisible du premier coup d’œil (comme les esclaves ne pouvaient être distingués des citoyens romains [16]), mais qui est attestée par les païens (d’après les chrétiens).

À l’époque déjà, la citoyenneté romaine pouvaient être octroyée à des étrangers issus des provinces romaines, par l’empereur seul [17], à titre individuel ou à titre collectif (aux habitants d’une cité en paix avec Rome depuis longtemps). Dans tous les cas, ces citoyens devenaient Romains par leur cité d’origine (comme on pouvait être Breton ou Provençal et sujet du roi). L’Apôtre n’était pas un Romain de Rome, mais un Romain de Tarse. Cet honneur, comparable à l’anoblissement médiéval, pourrait être conservé à l’usage de ceux qui ont donné leur sang, pour qu’il se mêle définitivement à celui de France.

D’autres hommes libres sont quant à eux assujettis au droit latin (moins généreux que le droit romain) : les Latins (qu’ils le soient depuis toujours comme les Vieux-Latins, qu’ils soient issus des vieilles colonies latines, ou d’une cité ayant reçu le droit latin). Il est notable que ces derniers possédaient le droit de vote à la condition de la résidence. Par toutes ses caractéristiques, le statut de Latin semble épouser parfaitement celui que l’on donne aujourd’hui à l’Européen (qui a le droit de vote pour les élections locales de la ville qu’il habite), et que l’on pourrait sans trop de peine étendre aux chrétiens.

Enfin, les pérégrins constituaient la dernière catégorie juridique d’hommes libres. Ils sont rattachés à une cité ou à un peuple (ou doivent le faire pour obtenir plus de droits), ils utilisent leurs propres coutumes (notamment juridiques), mais ont accès à la justice commune (au ius gentium) lorsqu’ils ont un différend (propriété, commerce) avec un Romain. En réalité, ce statut existe déjà dans nos cités : à nous de le traduire juridiquement pour les personnes issus d’une immigration dont la culture est irréconciliable avec la nôtre. Ce statut serait dissuasif et ne choquerait d’ailleurs pas le droit international, car il est monnaie courante hors d’Occident : la plupart des États délivrant plus facilement des cartes de résidents que de des cartes de ressortissants.

Rendons justice aux immigrés

Saint Ambroise, père et docteur de l’Église, vit aux temps de la christianisation de l’Empire romain. À son époque, comme à la nôtre, tout reste encore à faire. Mais les grands saints de cette époque l’on fait. Et c’est pourquoi nous devons retenir les leçons du IVe siècle, en particulier les leçons politiques quand elles nous sont données par Ambroise.

Nous serions bien naïfs de croire les problèmes de coexistence avec une population étrangère nouveaux. En 212, l’édit de Caracalla brade la citoyenneté romaine avec encore plus de « générosité » que nos gouvernants actuels. Bien plus tard, en 384, alors qu’il est préfet urbain, Symmaque, le « dernier Romain », décide de l’expulsion des pérégrins en raison de la famine qui éreinte alors Rome.

Son lointain cousin, l’évêque de Milan, Ambroise critique la décision prise sous la préfecture de Symmaque d’expulser les peregrini, tandis qu’il loue la justice de son ami Rufin qui ne les chassa pas. Pour autant, il ne nie pas l’existence des peregrini ni le bien-fondé d’une telle classification juridique. Cette classification ne renvoie d’ailleurs pas à la catégorie juridique de pérégrin qui existait avant l’édit de Caracalla, elle est encore plus large, puisque ce sont des Provinciaux [18], des « fils d’Italie » [19], dit Ambroise, qui sont classés comme pérégrins par la préfecture urbaine, malgré l’édit de Caracalla. Pourtant, Ambroise n’en fait pas plus des Romains que Symmaque. En revanche, à la différence de ce dernier qui parle d’odio provinciarum [20], Ambroise réclame la justice et la reconnaissance pour ceux qui nourrissent Rome : on ne peut se laisser nourrir sans nourrir en retour [21]  ; on ne peut demander à l’Italie du blé, et bannir ses enfants ; on ne peut repousser l’homme comme étranger, et réclamer le blé comme sien. Il y a un choix à faire, qu’Ambroise ne fait pas ce texte : soit le blé et les Provinciaux sont romains ; soit les Provinciaux sont des pérégrins, mais le blé est leur [22]. Si cette injustice l’interpelle, le premier argument qu’il invoque avec véhémence est que nul homme n’est l’alienus d’un autre. Puisqu’il s’agit d’abord de faire preuve d’humanité, c’est sur le plan de l’humanité, et non de la citoyenneté romaine, qu’il se situe d’abord : il n’utilise donc pas peregrinus, mais alienus, pour dire qu’un homme ne connaît pas d’homme qui lui soit étranger. Ce qui n’équivaut pas à dire que le citoyen romain ne connaît pas d’homme qui lui soit étranger.

Les pérégrins soignés par des chrétiens
Un timbre-poste imprimé au Vatican montre hospitalité chrétienne à des étrangers, circa 1960.

Ces hommes sont tous deux de parfaits Romains, issus de hautes lignées, et si l’hospitalité du chrétien l’oppose à la ladrerie du païen, aucun des deux ne reconnaît les Provinciaux « nationalisés » par Caracalla comme de réels Romains [23]. Leur différend n’est pas anthropologique ou juridique : il est moral. Est-il juste de chasser sans ménagement ceux qui concourent à la gloire d’un pays ? Est-il juste de considérer les bien des étrangers comme siens sans rendre ses étrangers nôtres ? Non et non. Les mots d’Ambroise nous intiment la justice et la sollicitude à l’égard de tous les étrangers qui habitent et travaillent le sol français. Et ce serait le premier des égards de donner à tous ces immigrés sérieux et travailleurs un statut, celui de pérégrin, qui les récompenserait de leurs efforts, sans trahir la réalité ni leur enlever leurs différences.

Les frontières restaurées, écrivais-je il y a quelques mois, « quel cœur refuserait alors d’ouvrir la porte à l’étranger grelottant qui se trouve sur son pas ? Si chaque étranger présent sur cette bonne terre de France avait été ainsi accueilli, personnellement, il aurait contracté une dette éternelle à l’égard de celui qui lui aurait permis d’entrer dans un espace qui n’est pas le sien, qui lui était nécessaire, et qui lui est accordé pour un temps. » Nous aurons d’ailleurs la même charité pour ceux qui se prétendent « citoyens du monde » quand le monde les aura mis à la porte.

Quant à ceux qui abusent de notre hospitalité, au détriment des nôtres, il est juste qu’ils sortent.


[1"Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi... Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition... Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce pas ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous, elle est une terre. (...) Il est vieux comme le diable leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu... Vieux comme le diable... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur..."

[2Il fallait bien s’arrêter, mais nous héritons de bien des choses encore, parfois moins prestigieuses.

[3Cette phrase est ironique.

[4Gallia dua res industiosissime persequitur, rem militarem et argute loqui, disait déjà Caton des Gaulois.

[5Une telle décision aurait des conséquences immédiates. Par exemple, de nombreuses personnes en France naissent avec la nationalité algérienne, par le simple fait qu’ils ont un père ou une mère algérienne (article 6 du Code de la Nationalité Algérienne) ; or le régime habituel de la perte de la nationalité algérienne est l’autorisation par décret (article 18 du Code de la Nationalité Algérienne), ce qui en fait une chose assez rare ; donc, de nombreux algériens serait automatiquement privés de leurs papiers français.

[6Évidemment, jamais les États-nations n’ont été tant désirés, revendiqués et protégés de par le monde que depuis que monde est ouvert et froid.

[7Les chrétiens sont d’abord citoyens de la Jérusalem céleste.

[8I Co XV, 31.

[9Ga VI, 14.

[10Ac XVI.

[11Ac XXII, 28.

[12Ac XXII.

[13I Ti, 1, 12-17.

[14BLAISE A., Le Vocabulaire latin des principaux thèmes liturgiques, Brepols, Turnhout,1966, § 160 (p. 289).

[15Le néologisme sémantique chrétien consistant à utiliser gentes (qui renvoie d’abord aux étrangers) dans le sens de païens n’est pas un hasard, mais repose sur la valeur affective du mot dans son sens classique.

[16C’est Sénèque qui nous l’apprend, dans De la clémence 1, 24, 1 : « On décréta un jour, en vertu d’un vote du Sénat, que les esclaves seraient distingués des hommes libres par leur tenue extérieure ; puis on vit clairement quel péril nous menacerait, si nos esclaves se mettaient à se compter. »

[17C’est un droit que se réservent les empereurs après Auguste.

[18Ammien Marcellin, grand historien né à Antioche, donc dans l’empire romain, fut touché par la mesure de Symmaque.

[19"Et certe arriserat anni fecunditas, invecticio urbs sola egebat frumento ; potuisset iuvari, si peteretur ab Italis frumentum , quorum filii expellebantur." (AMBROISE, Des devoirs III, VII, 49.)

[20"Quanto nobis odio provinciarum constat ista securitas ?" (SYMMAQUE, Ep.2, 7, 3)

[21AMBROISE, Des devoirs III, VII, 46.

[22Ce qui est d’ailleurs la condamnation définitive d’une certaine forme de colonisation, qui aujourd’hui est le fait des multinationales plutôt que des États.

[23En tout cas, S. Ambroise ne se croit pas tenu de trancher.

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