L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

Pardon, mon enfant.

Cher enfant,

Pardon.

Je n’ai pas réussi.

J’ai essayé de faire en sorte que tu puisses être élevé par un père et une mère. J’ai essayé de m’opposer à ce que tu sois l’objet d’un droit ; je voulais que tu sois un sujet de droits. J’ai essayé de faire en sorte que ta vie ne commence pas par un acte commercial mais par un acte d’amour, de tendresse, comme moi.

J’espère que malgré ma défaillance tu grandiras heureux. C’est possible, je l’espère sincèrement pour toi. Mais je sais que tu risques de m’en vouloir de ne pas avoir pu empêcher que l’on te prive à jamais d’un équilibre, celui qui ne peut être remplacé, celui d’un père et d’une mère.
Cet équilibre, toi, tu l’as déjà compris, mais je n’ai pas su leur faire comprendre à eux. Eux, ces croisés de l’égalité qui estiment le prix de leur liberté à l’anéantissement de la tienne : le plus fort a gagné.

Toi-même tu me diras que la morale laïque que l’on t’apprend à l’école exige que l’on défende le plus faible. Alors tu comprendras en même temps le pourquoi de notre échec. Nous avons lutté contre les idéaux de démocrates ignorant la voix de millions de personnes, nous avons lutté contre ceux qui t’ont pris tes droits en arguant les leurs, nous avons lutté contre ceux qui prônent la tolérance et nous ont taxés d’homophobie, nous avons lutté dans le respect et nous avons été insultés, conspués, mis au banc de la société, nous avons lutté, pour toi.

Nous ne sommes pas rentrés dans leur jeu. Même si l’exaspération d’un pouvoir oppressant a fait surgir quelques colères, nous sommes restés dignes. Nous avons manifesté (des millions, si tu avais vu ça !) sans rien dégrader, sans violences, pendant que celui qui t’enlevait des droits amnistiait les habitués de la manif’. Nous avons tracté, organisé des débats, écrit à nos députés et sénateurs, renvoyé les dictateurs de la bonne conscience dans leurs incohérences. Nous avons veillé calmement sans violence, respectant les forces de l’ordre, chantant l’Espérance, écoutant Hugo, Guy de Larigaudie, Baudelaire, Saint Exupéry, Gandhi et tant d’autres dont les idées exprimées avec pacifisme ont vaincu avec le temps. Nous avons accueilli les ministres dans tous leurs déplacements pour leur rappeler ce qu’était la famille et la nécessité de cet équilibre que tu n’auras jamais.

Nous avons dit au Président que nous acceptions le débat calme et serein et nous lui avons demandé de demander au peuple de France de trancher : il savait que le peuple te protégerait et il a refusé en nous envoyant des CRS dégoutés de cette besogne.

La loi se fait et se défait, mais pour toi il est trop tard. Pardon.
Tes droits se sont éteints sous les applaudissements des députés et sous mes larmes impuissantes.

Je te souhaite d’être heureux, tu peux l’être entouré d’amour, cela dissimulera peut être un peu ton manque.

Roch Chesnard

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