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N’oublions pas Diên Biên Phu !

Aujourd’hui, tout le monde s’en fout. De Diên Biên Phu.

Mais nous, nous restons fier de vous. De Diên Biên Phu.

Diên Biên Phu, chanson de Jean-Pax Méfret

Dessin d’un légionnaire en Indochine, par Corsaire

Depuis un demi-siècle, deux conflits sont oubliés des Français : la guerre de Corée et la guerre d’Indochine.
Si le faible engagement des forces françaises dans la péninsule coréenne explique le caractère confidentiel de ce conflit dans la mémoire nationale, l’Indochine, elle, ne doit pas tomber dans l’oubli.

Le 7 mai 1954 est une date tragique : c’est la fin du siège de Diên Biên Phu, marquant la victoire décisive du Viet-Minh, sous les ordres du brillant général Giap. A l’été 1954, plus de 21 000 soldats français étaient prisonniers du Viet-Minh, croupissant derrière les barbelés des camps de rééducation. Dans certains, comme au Camp 113, le taux de mortalité n’avait rien à envier à celui des pire camps de la barbarie nazie...

Une tranchée française à Diên Bien Phu

Et pourtant, le souvenir de Diên Biên Phu et de ce conflit semble peu ou prou évanoui, évaporé, disparu de la conscience nationale, ou de ce qu’il en reste. Une chose est certaine : aucun grand média, en ce début du mois de mai, ne vous parlera du 7 mai 1954, et encore moins de la mémoire des camps Viet.

Qui aujourd’hui se souvient que 400 000 hommes combattirent sous nos couleurs en Indochine ? Du Tonkin en Cochinchine, en passant par les jungles perdues du Cambodge où s’enlisa la fictive 317e section de Pierre Schoendoerffer. Souvent avec un héroïsme hors du commun. La fin tragique de l’Indochine française signe l’arrêt de mort de la « France du grand large », de tout un monde qui offrait aux fils de France l’ivresse des grands espaces, la fierté des taches roses sur la mappemonde, l’illusion de la grandeur nationale... Toutes choses bien vaines aujourd’hui.

Crépuscule de l’Empire, antichambre du conflit algérien, prélude de la guerre américaine au Vietnam... La guerre d’Indochine fut tout cela, ce qui, en soi, mériterait plus d’attention. En outre, elle mêla chez les soldats français des sentiments variés : enchantement en arrivant à la baie d’Ha Long, fascination d’une terre exotique, malaise, désespoir...

Tragédie aboutissant à l’abandon des supplétifs indigènes, ce conflit est crucial pour qui veut comprendre l’action des putschistes d’avril 1961. Si le commandant Hélie Denoix de Saint Marc se mêla au putsch, c’était notamment pour ne pas abandonner les Harkis en Algérie, comme on lui avait ordonné en Indochine d’abandonner ses fidèles partisans Thô.

Enfin, « l’Indo » fut le tombeau et le berceau de deux grandes figures du Panthéon militaire français. Elle fut le tombeau du maréchal De Lattre de Tassigny qui, bien que mort en France, périt de chagrin à la mort de son fils, engagé en Indochine. L’Asie fut le dernier théâtre d’opération du héros vendéen de la Libération.
L’Indochine fut aussi, en quelque sorte, le berceau du prestige de Marcel Bigeard. Capitaine au début du conflit, c’est lieutenant-colonel qu’il rentra en métropole, après une résistance héroïque au camp retranché de Diên Biên Phu.


Mémorial des guerres en Indochine, Fréjus

Non, il ne faut pas oublier Diên Biên Phu ! Il ne faut pas oublier l’indochine ! Les résistants au communisme, les morts, les prisonniers des camps, les partisans indigènes sacrifiés, les blessés français sur lesquels les dockers communistes crachaient au port de Marseille...

Tous méritent mieux que l’oubli. Ils méritent notre fierté.

Alors, en ce mois de mai, conjurez l’oubli, regardez et faites regarder le film magistral du regretté Pierre Schoendoerffer : Diên Biên Phu. Le Concerto de l’Adieu, composé par Georges Delerue, y serre le coeur. Notre coeur de Français.

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