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[LUNDI DE LA TABLE RONDE] Je ne me pâmerai pas pour une Marseillaise !

Chaque lundi, nous accueillons la tribune de Pierre Vallinat de la Table Ronde.

Mardi 19 novembre, l’équipe de France de football s’est qualifiée in extremis pour le Mondial qui aura lieu à partir de juin 2014. Un résultat qui a surpris tout le monde, et pour cause. Voilà des années que les amateurs de ballon rond et les journalistes spécialisés s’obstinent à suivre les émoluments d’une équipe déliquescente, constituée de jeunes gens sans passion, confits dans l’argent et la célébrité, dopés à la pub et aux crépitements des flashs.

C’est donc avec beaucoup de logique et de légitimité que l’on entendait, la semaine dernière, alors que le destin de notre triste équipe semblait scellé dans la défaite, supporteurs et experts se réjouir de la non-qualification des Bleus. « Ils ne le méritent pas », entendait-on, « ils n’ont pas l’amour du maillot, ils se foutent de la sélection nationale ! » Enfin, on espérait que cet humiliant échec allait forcer la « Fédé » à réagir à cette ambiance délétère, et aux résultats catastrophiques qui s’ensuivaient.

Mais voilà : nos onze loustics se sont qualifiés contre toute attente, réalisant de fait une belle performance, que tous ont choisi d’appeler « un exploit ». Et voici que ceux que tous conchiaient hier se voient portés aux nues aujourd’hui. Et il devient instantanément, bien sûr, interdit d’aller contre cette euphorie générale, saluée de surcroit par une scène politique, qui trouvent leur unisson dans les jeux qu’ils s’accordent à servir au peuple, à défaut de lui donner du pain.

Mieux : rendez-vous compte, les « Bleus », une fois la victoire acquise, ont entamé spontanément l’hymne national sur la pelouse du Stade de France ! Et voilà ceux à qui l’on reprochait hier leur mépris du maillot bleu, bombardés patriotes et fierté nationale aujourd’hui.

 

Eh bien moi, je ne participe pas à cet élan d’unité nationale et d’exultation crétine. On voit bien là toute la limite du sport, qui fait des j’en-foutre d’aujourd’hui les superstars de demain, et inversement. Je ne me pâmerai pour une Marseillaise, chantée dans un moment d’enthousiasme comme on entonnerait n’importe quel chant de supporteur.

Je n’oublie pas qu’un Frank Ribéry a déclaré qu’il préférait jouer dans son club en Allemagne plutôt qu’en équipe de France, ni qu’un Karim Benzema a affirmé « l’Algérie c’est mon pays, l’équipe de France est un choix sportif ». Et je ris des éructations mâtinées de racisme condescendant d’un Cambadélis, fier de sa formule « La France sauvée par Mamadou et Karim ».

Il faudra bien d’autres Marseillaise, pour me faire oublier toutes celles que ces messieurs n’ont pas daigné chanter par le passé.

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