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Le délire phobique

3 février 2013 Contributeurs extérieurs

Cet article est le cinquième d’une série de sept.
Même s’il se suffit à lui-même, nous vous invitons à lire le premier, le deuxième, le troisième, puis le quatrième.

Le délire phobique

Dans le camps des militants « pro », on retrouve deux types d’attitudes. Il y a le candide et l’excité. Le candide m’expliquerait peut-être que je suis dur et que mes propos peuvent choquer un homosexuel qui les liraient, se sentant exclu sinon franchement discriminé. Cela s’inscrit en effet dans un contexte historique lourd et encore récent puisque l’homosexualité n’a été retirée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé qu’en 1990. Un ami me disait ainsi qu’il se sentirait bien incapable, à titre personnel, de refuser à un couple homosexuel, présentant toutes les garanties imaginables, la possibilité d’avoir un enfant. Je suis navré que cela puisse choquer un homosexuel, ou bien se révéler d’une « grande violence », comme j’ai pu le lire. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Aussi, pas de sentimentalisme mal placé : la loi doit protéger le plus faible, et le plus faible, dans l’affaire, c’est bien l’enfant — même si, demain, ce pourrait être la femme contrainte de louer son utérus pour subsister, selon l’expression poétique de Pierre Bergé. Mais nous ne voulons pas de cette société où l’on distinguerait entre les géniteurs et les parents, où l’on prétendrait se passer du père ou de la mère, où l’on nierait à l’enfant le droit de connaître son ascendance et où l’on instituerait un marché de la procréation !

Confronté à un tel point de vue, le militant LGBT excité ne s’embarrasse pas de subtilité. Il sort son hachoir et donne de l’homophobe à tout va. Il va sans dire que face à cet énergumène, on ne débat plus depuis longtemps : on dynamite, on disperse, on ventile. Car au fond, quand on l’a face à soit, qu’on ne le connaît pas depuis plus de dix minutes et qu’il commence déjà à vous agresser parce qu’un tiers a eu la mauvaise idée de lancer le débat, il faut être honnête, on a très rapidement très envie de le frapper. Pour l’exemple, pour tous les autres et pour passer ses nerfs meurtris par de longues semaines de tension. Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est, dit-on, un plaisir de fin gourmet. J’affectionne cet adage mais il est exigeant. Il est parfois extrêmement irritant, pour ne pas dire franchement désagréable, de se voir insulter par une personne que l’on considère, très objectivement, sinon parfaitement dépourvue de la moindre trace d’intelligence, du moins bien incapable d’invoquer des arguments qui dépassent le simple slogan. Et encore doit-on la subir sans pouvoir l’emplafonner, parce qu’on est chez un ami et que l’on ne voudrait ni gâcher la soirée, ni saloper la moquette. Alors on ignore l’impulsivité de Monsieur Fernand et on méprise.

Qualifier son contradicteur d’homophobe est un biais commode. L’insulte dispense de faire fonctionner ce qui nous tient lieu de cerveau pour produire des contre-arguments. C’est la solution de facilité. Quelque part, cela évite d’engager un combat que l’on est peut-être certain de perdre. Et comme l’homophobie est un délit, puni par la loi, on ne se contente pas de jeter le discrédit sur une opinion que l’on réprouve, on lui refuse d’emblée le droit d’exister et on dissuade les indécis de s’y intéresser davantage. D’ailleurs, au-delà de l’opinion, c’est plus que le schéma argumentaire que l’on vise, c’est l’individu que l’on cherche à détruire : n’écoutez pas cet homme, braves gens, il est homophobe ! Il immolerait des innocents dans la rue si on le laissait faire ! Voilà une technique de diabolisation classique, utilisée depuis des décennies par les milieux fascistes de gauches, anti-démocrates trostskystes ou autres néo-antifascistes. Face à ces excités, ennemis du Peuple et de la République, disons-le tout net : le fascisme ne passera pas.

H de K

3 février 2013 Contributeurs extérieurs

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