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Le Cours Alexandre-Dumas : des catholiques au secours du « vivre-ensemble »

Cet article ne saurait engager l’avis de la rédaction du R&N. En raison de la virulence de cet article, nous avons sollicité un droit de réponse de la Fondation Espérance Banlieues qui a préféré s’abstenir de tout commentaire pour le moment.

Depuis quelques mois, le Cours Alexandre-Dumas fait parler de lui.

TF1, Canal +, Paris Match, BFM TV, le Figaro… rares sont les médias qui n’ont pas consacré un reportage ou un article à cette école privée hors contrat ouverte en 2012 à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, et pilotée par la Fondation Espérance banlieues (présidée par Eric Mestrallet), elle-même « abritée » par la Fondation pour l’école (dirigée par Anne Coffinier).

Le parrainage récent de l’établissement par Harry Roselmack et la publication d’un ouvrage coécrit par Messieurs Mestrallet et Roselmack [1] ont encore accru sa visibilité.

Du côté de la droite catholique, on applaudit.

Il faut dire que l’établissement a tout pour plaire : lever du drapeau français, uniforme pour tous (différencié selon le sexe), méthodes pédagogiques traditionnelles inspirée pour certaines du scoutisme, etc.

Mais, curieusement, l’approbation vient également du système politico-médiatique : Harry Roselmack parraine l’école, Michel Drucker et Mélissa Theuriau font la promotion du livre, Jean-Jacques Bourdin félicite, et Antoine de Caunes (officiant sur la très nuisible chaîne Canal +) souhaite que ce modèle « devienne la norme » [2].

De nombreux maires seraient aussi intéressés pour importer le modèle dans leur commune.

Alors comment ce projet pour le moins conservateur peut-il recueillir l’assentiment unanime de la caste médiatique et le financement de Bouygues et de la Fondation Bettencourt ?

Tout simplement parce qu’il s’adresse à des enfants d’origine immigrée [3].

Si tel n’avait pas été le cas, l’école aurait été au mieux ignorée, au pire brocardée, calomniée, qualifiée de ringarde, réactionnaire, voire dangereusement nationaliste.

Mais comme elle vient au chevet des nouveaux « damnés de la terre », le système non seulement tolère, mais encourage.

Une bien regrettable initiative qui tranche singulièrement avec l’excellent travail accompli jusqu’alors par la Fondation pour l’école.

« Donner sa chance au vivre-ensemble »

Si les initiateurs du Cours Alexandre-Dumas ont délibérément choisi de s’adresser aux élèves de « banlieues défavorisées », c’est parce qu’ « en banlieue il y a une urgence toute particulière. Le risque d’éclatement communautaire est important. » [4]

Il s’agit donc de « rendre un avenir prometteur aux jeunes des "banlieues de la République" et, plus largement, donner sa chance au vivre-ensemble », le tout « pour en finir avec les tensions communautaires [5] » .

Cette ambition très politiquement correcte met malheureusement en lumière les carences d’une certaine droite catholique : sidération et soumission face à la violence et aux revendications des populations immigrées, aveuglement et méconnaissance des enjeux identitaires.

Acheter la paix sociale

A chaque fois que la France et les Français sont attaqués par des immigrés (majoritairement d’origine afro-maghrébine et de confession ou culture musulmane), la réponse de l’oligarchie n’est pas fermeté et sanctions, mais sidération et soumission.

A aucun moment il n’est envisagé de restreindre l’immigration ou de limiter les concessions faites dans tous les domaines aux étrangers (de papiers et/ou d’identité).

C’est la logique de la prime à la casse : plus ils crachent sur la France et ses institutions, blessent et tuent des autochtones, plus les bonnes âmes républicaines les cajolent et les stipendient.

Ainsi, aux émeutes de 2005, le gouvernement et ses amis du privé ont répondu par la « discrimination positive » et les centaines de millions d’euros injectés dans la rénovation urbaine et les « associations de quartier », notamment dans le secteur Clichy-sous-Bois / Montfermeil.

La Fondation Espérance banlieues, à sa manière, s’inscrit dans cette logique de soumission et de renoncement.

Le courriel diffusé par la Fondation le 19 mai 2015 fait ainsi directement référence aux «  grandes émeutes de 2005 », précisant que ces dernières ont débuté « exactement là » où sont situés l’école et le collège Alexandre-Dumas.

En somme, là où un peuple sain devrait réagir avec vigueur et rejeter un corps étranger qui l’agresse, on multiplie les démarches en sa faveur dans le fol espoir de tarir le déferlement de violence et d’acheter la paix sociale…avec le succès que l’on sait.

Une naïveté confondante

Cette soumission - inconsciente - s’accompagne d’un aveuglement certain sur les enjeux identitaires et migratoires.

Car au-delà des objectifs strictement scolaires, la Fondation Espérance banlieues mène un combat à mi-chemin entre l’intégration et l’assimilation, sans parvenir à le définir réellement.

Interrogé à ce sujet, M. Mestrallet avoue que sa démarche ne s’inscrit pas dans le cadre d’une réflexion profonde : « « Assimilation », « intégration »…ce n’est pas notre affaire de réfléchir à ce niveau-là. Nous nous contentons de donner l’envie et les moyens aux jeunes de toutes origines de trouver leur place dans la société française. [6] »

Et c’est bien là tout le problème.

Car qu’ils le veuillent ou non, les animateurs de la Fondation Espérance banlieues diffusent un message politique complètement obsolète et inopérant : celui selon lequel la cohabitation pacifique entre populations différentes sur le plan ethnique, culturel et religieux serait encore possible.

Bandana musulman et Maître Gims

De ce point vue, on s’étonnera des concessions faites d’emblée par le Cours Alexandre-Dumas à l’origine culturelle et religieuse de ses élèves.

Il faut dire que la « double culture » est vue comme une « richesse  » par M. Mestrallet qui nous exhorte à « ne plus avoir peur des différences [7] ».

Au nom d’un pseudo-réalisme et d’une hostilité affichée au laïcisme militant, ces différences culturelles sont donc respectées, protégées, choyées.

La question des repas a été tranchée : chaque élève apporte son propre déjeuner…qui peut donc être halal.

Et si le voile islamique n’est pas autorisé, l’uniforme féminin de l’école comporte un bandana pour les filles qui souhaiteraient se couvrir les cheveux [8].

La Fondation Espérance banlieues n’hésite pas non plus à diffuser sur son compte YouTube un clip de rap [9] réalisé par les élèves de l’école à la gloire de « Maître Gims », rappeur fils de clandestins congolais, converti à l’islam [10], et membre du groupe Sexion d’Assaut qui considère la France comme « un pays de kouffars » [11], c’est-à-dire de mécréants.

Dans ce contexte, le nom de l’établissement - celui d’un écrivain métis - n’est sans doute pas dû au hasard.

L’école, quant à elle, n’est pas confessionnelle : le personnel est neutre et ne doit promouvoir aucune religion en particulier.

Bref, tandis que les élèves peuvent (et doivent ?) rester musulmans, l’encadrement est prié de dissimuler ses convictions très majoritairement catholiques [12].

Une bienveillance déplacée véhiculant, là encore, un message erroné et incapacitant selon lequel les deux religions pourraient coexister en bonne intelligence sur un même territoire, alors que l’histoire du monde prouve le contraire.

Des foyers islamistes dans l’annuaire des « écoles libres »

C’est cette naïveté - se nourrissant d’une méconnaissance de la nature même de l’Islam (conquérant et anti-chrétien) - qui conduit à de véritables incongruités, voire à des alliances contre-nature au sein de la droite catholique (cf. par exemple les courbettes faites à Camel Bechikh [13]).

En l’occurrence, l’association Créer son école, présidée par Anne Coffinier, répertorie dans son annuaire des « écoles libres » 25 écoles musulmanes, sous prétexte qu’elles sont « hors contrat ».

C’est le cas notamment de l’école Al Badr et du collège Alif de Toulouse, établissements dirigés par l’imam radical AbdelFattah Rahhaoui qui a été le professeur de Souad Merah [14], la sœur du terroriste Mohamed Merah, et qui considère que la musique n’est rien de moins qu’un péché [15].

Ces foyers de culture exogène et ouvertement hostiles à notre civilisation ont-ils vraiment leur place dans l’annuaire des écoles libres développé par des Français catholiques ?

« On met des Algériens avec des Turcs et des Français »

Malgré ces concessions, le Cours Alexandre-Dumas veut orienter les élèves d’origines diverses vers la seule France, car «  la communauté nationale » serait « la seule qui vaille dans la République [16] ».

Il s’agit donc de « casser les communautés qui peuvent exister : on met des Algériens avec des Turcs, il y a un Juif aussi et…des Français d’origine, de telle manière à ce que tout le monde découvre l’autre avec sa différence, sans peur… [17] »

M. Mestrallet rapporte encore cette anecdote : « Au début de l’année scolaire 2013-2014, nous avons demandé aux élèves français de lever le doigt. Un tiers de l’effectif a levé la main. Et pourtant, tous avaient la nationalité française…Deux tiers des élèves, tous français, n’avaient aucun sentiment spontané d’appartenance à la nation française. »

Mais pour le directeur de la Fondation, l’explication est toute trouvée : c’est « tout simplement le résultat d’une non-transmission du patrimoine, d’une non-transmission du désir d’être français. [18] »

On retrouve là une vision totalement désincarnée de l’homme qui n’a finalement pas grand-chose à envier à celle d’un Vincent Peillon, partisan d’« arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel  » pour « préserver sa liberté de choix » [19].

Il est navrant de constater que de ce point de vue, le catholique patriote et le laïcard se rejoignent dans la négation des déterminismes naturels.

Car enfin, est-il si difficile de comprendre que si ces enfants ne se sentent pas français, c’est tout simplement parce qu’ils ne le sont pas ?

Ni par l’ethnie, ni par la culture, ni par l’histoire, ni par la religion.

Et ce n’est ni un bout de papier frappé d’un tampon administratif, ni une « pédagogie adaptée » qui y changera quoi que ce soit.

D’autant plus que, comme souvent chez les assimilationnistes, M. Mestrallet occulte une donnée essentielle : le nombre.

Si on peut assimiler des individus, on ne peut assimiler des peuples entiers. Or, à cet égard, la France a depuis longtemps dépassé le seuil de tolérance.

Il est dramatique, à l’heure de la submersion migratoire, de devoir rappeler cette évidence.

Avec une telle proportion d’étrangers (au bas mot 10 millions de personnes d’ascendance extra-européenne et déjà 1/3 des naissances [20]), non seulement l’assimilation n’est pas possible, mais c’est la civilisation française elle-même qui risque de disparaître.

«  Ce serait en effet, écrit Renaud Camus, une conception très basse et de l’homme et de ce qu’est un peuple que de penser qu’avec un autre peuple, d’autres hommes, d’autres femmes venus d’autres cultures, on puisse perdurer dans l’être, continuer la même histoire, la même nation, la même civilisation. [21] »

Mais plus grave encore qu’un projet assimilationniste voué à l’échec, le Cours Alexandre-Dumas pose la question de l’absence de conscience identitaire chez certains catholiques et patriotes, et, partant, d’un profond déséquilibre dans l’ordre de leurs priorités politiques.

Pour qui roule Roselmack ?

Au nom de la « discrimination positive » prônée par Nicolas Sarkozy et son ami Martin Bouygues au lendemain des émeutes de 2005, Harry Roselmack a été engagé par la chaîne TF1 où il a pris la place de Thomas Hugues : un noir a pris la place d’un blanc, sur le seul critère de la couleur de peau [22], sans que le premier ne s’en émeuve une seconde.

Au contraire, Roselmack l’assume pleinement et souhaiterait que le schéma se reproduise : il milite pour cela activement au « club Averroès ».

Admirateur d’Aimé Césaire et Nelson Mandela, il porte autour du cou un poing noir en souvenir du poing levé par les sportifs noirs américains, sympathisant des extrémistes Black Panthers, aux Jeux olympiques de 1968 [23].

Son parrainage du Cours Alexandre-Dumas apparaît dès lors pour ce qu’il est : de la solidarité ethnique.

D’ailleurs, interrogé sur les raisons de son investissement dans le projet, le présentateur précise que c’est en tant que « noir  » qu’il a été « sensibilisé aux problèmes que peuvent rencontrer les populations de ces quartiers. [24] »

Les autres avant les nôtres

A l’inverse, les créateurs de la Fondation Espérance banlieues, gagnés par l’esprit du temps et bardés de bons sentiments, se ruent au secours des enfants d’immigrés, ne craignant pas de jouer les supplétifs d’une République agonisante qui n’en demandait pas tant.

Albéric de Serran, Inès de Gourcy, Lore Hannedouche, Marie-Jeanne Lorraine, Emilie Leclerc…De toute évidence, les animateurs du Cours Alexandre-Dumas et de ses avatars [25], à l’instar de Mme Coffinier et de M. Mestrallet, sont issus de cette France de souche européenne, traditionnelle, catholique et patriote [26].

Mais c’est au service de l’Autre que sont appelés les éléments les plus sains (intellectuellement et moralement) de notre peuple.

M. Mestrallet en a d’ailleurs parfaitement conscience lorsqu’il souligne que « dans les écoles de banlieues françaises, il faut désormais l’élite de la nation si l’on veut s’en sortir » [27].

A la remorque de la gauche ethnomasochiste, la Fondation Espérance banlieues fait ainsi le choix d’aider les autres avant les nôtres, dévoyant au passage des forces vives identitaires, des moyens humains et financiers qui devraient en priorité bénéficier aux autochtones, eux-mêmes frappés de plein fouet par le déracinement, la sécularisation et le délitement général de la société.

Interrogé sur cette préférence par rapport à « d’autres couches de la population…également touchées par l’échec du système scolaire » telles que «  les zones rurales », M. Mestrallet répond qu’il y a une urgence particulière en banlieue et que nous « ne pouvons laisser des enfants pâtir de tout cela et voir leur avenir sacrifié. C’est socialement inacceptable » [28].

Tant pis donc pour les enfants français, des villes ou des campagnes, ces enfants de la « France périphérique » et des oubliés qui souffrent tout autant de l’effondrement de l’Education nationale, mais qui, n’ayant pas la chance de posséder des origines exotiques, ne bénéficieront pas d’un tarif préférentiel dans une école libre de qualité.

Pierre-Vincent Perret

[1Espérance banlieues !, Ed. du Rocher 24/04/15

[2Le Grand Journal, Canal+, 27/04/15

[3De fait, l’école compte d’après M. Mestrallet 80 à 90 % d’élèves de « culture musulmane » (d’origine maghrébine, sub-saharienne ou turque) ; Anne Coffinier évoque même le chiffre de 98 %

[5Slogan que l’on peut lire sur la manchette du livre coécrit par Harry Roselmack et Eric Mestrallet

[6Op. cit. p. 123

[7Op. cit. p. 33

[8Op. cit. p. 139

[13Responsable de la grande mosquée de Bordeaux, membre de l’UOIF, proche de l’imam Tareq Obrou qui prônait l’instauration du Califat, et de l’imam Hassan Iquioussen qui encourage le Jihad et récuse la nationalité française

[16Op. cit. p. 121

[17Le Grand Journal, précit

[18Op. cit. p. 123

[21Minute, mercredi 13/05/15, n°2719, p. 6

[22Thomas Hugues sera qualifié de « victime collatérale de ce recrutement » par un cadre de la chaîne (Le Figaro 8/03/06)

[23Voir l’interview donné à KTO (https://youtu.be/W6xUHVH1OUw)

[25En cours d’ouverture dans les Quartiers Nord de Marseille, à Asnières et à Roubaix

[26L’auteur de ces lignes a d’ailleurs reconnu un cousin et un camarade sur la photo du personnel enseignant

[27Op. cit. p. 21

[28L’Homme Nouveau, 15/04/15, précit.

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