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Le communautarisme, voilà l’ennemi !

10 mai 2012 Jean Herbottin


Cette image saisissante a fait le tour de la toile depuis l’élection de François Hollande à la tête de la république. Drapeaux palestiniens, homosexuels, communistes, ivoirien... Trouver un drapeau français ressemblait un peu à un jeu de « où est Charlie ». Cherchez bien, vous pourrez en trouver un.

Cette affaire fait grand bruit. La droite, abattue par sa défaite, la pointe d’un index insolent. Si certains trouvent cette polémique ridicule, je dois dire que je ne saurais me ranger à leur avis. Les mêmes qui nous ont rebattu les oreilles sur le prix du Fouquet’s sont ceux qui agitent des drapeaux de tous les pays et de toutes les idéologies du monde. Les symboles des uns face aux symboles des autres : le communautarisme de la gauche face à l’attrait des affaires de la droite. Dans les deux cas, il s’agit d’un symbole. Et le peuple de France doit regarder ces images avec la même sévérité que le repas de la victoire de Nicolas Sarkozy, de même que le prix exorbitant, plus de 60.000€, du trajet Tulle-Paris du président élu. Là encore, il s’agit d’un symbole : le président normal, celui qui nous promettait de prendre le train, n’a rien trouvé de mieux que des jets privés pour rentrer à Paris. Peut-être aurait-il été préférable de fêter sa victoire à Paris, le symbole aurait été sans doute moins contestable... Mais le propos n’est pas là.

Beaucoup ont vu dans cette photographie une trace d’islamisation. Il est vrai qu’ils sont nombreux les drapeaux de pays du Maghreb... Mais ils ne sont pas les seuls, et nous pouvons apercevoir le drapeau rouge, de sinistre mémoire, rougi du sang des peuples. Le drapeau des groupes homosexuels flottait aussi. En somme, chaque clientèle du Parti Socialiste arborait son drapeau, son étendard, son identité. Cette photographie, c’est la tour de Babel après sa chute. C’est une nouvelle prise de la Bastille... C’est l’émiettement, le refus de s’intégrer à quelque chose de plus grand que soi, à la France, notre patrie. C’est la limitation à un groupe : ethnique pour certains, sexuel pour d’autres, ou encore politique. Triste spectacle en un soir devant être celui de la France et de la république.

Aboutissement de trente ans de clientélisme de la gauche autant que de la droite, cette photographie, qui rappelle également la victoire de Jacques Chirac en 2002, est la démonstration du communautarisme qui empeste notre société. Abreuvés de subventions, gavés de richesses par un Etat prenant malin plaisir à se saborder, nous ne faisons plus guère nation. Nous ne sommes qu’un agrégat d’égoïstes, de groupes de pression défendant leurs petits intérêts. Il n’y a plus d’intérêt général, mais des intérêts de castes, de corporations. Le candidat victorieux sera celui qui parlera le mieux à toutes ces corporations à la fois. La victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et celle de François Hollande cette année en sont la confirmation. La politique se résume donc à parler au plus de groupes possibles, peu importe si le discours à l’UOIF soit en contradiction avec celui du CRIF, et que celui aux catholiques soit différent de celui aux homosexuels. Il n’y a plus d’idéologies, plus d’idées, d’ailleurs. Il n’y a plus que du communautarisme, et de fait, du clientélisme.

Gageons que François Hollande, si soucieux d’enlever le mot « race » de la constitution, pour plaire à une clientèle, en profitera, par esprit de cohérence, à ôter que la république est une et indivisible. Après la Bastille, cela ferait mauvais genre.

10 mai 2012 Jean Herbottin

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