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Europe : la grande vacance de la France...

Alors que la période estivale bat son plein, entre les traditionnels départs en vacances, les parades de plus en plus faméliques du 14 Juillet et la sempiternelle crise grecque, le Président de la République s’est livré, sous la forme d’une tribune dans le JDD du 19 Juillet 2015 [1], à une petite sortie, certes conforme à sa formation et son parcours politique, mais que son physique ne pouvait laissait présumer. En effet, avec une vigueur et une souplesse qu’on ne prête plus guère à celui que Laurent Fabius avait un jour qualifié de fraise des bois, le chef de l’État s’est lancé dans un concours d’à-plat-ventrisme qui pourrait lui valoir la première place sur le podium si l’épreuve était un jour reconnue par le Comité International Olympique.

Dans une ode grinçante à Jacques Delors qui « a dédié sa vie entière à l’Europe », passant par perte et profit la France, et qui vient en conséquence d’être “consacré” par le Conseil Européen “Citoyen d’honneur de l’Union Européenne”, François Hollande récite ses mantras fédéralistes, psalmodie la fable du Progrès perpétuel et invoque pêle-mêle « les valeurs et les principes de notre culture commune », sans jamais les expliciter, ainsi que le « Droit qui protège » (de qui ? de quoi ?), comme de nouvelles idoles aux vertus quasi-thaumaturgiques.

Après ces pitoyables hors-d’œuvre, vestiges d’une pensée récitée et bientôt révolue, l’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste a cru bon avancer la proposition d’un nouveau gouvernement économique de la zone euro, accompagné d’un énième Parlement pour monter des débats aussi fumeux qu’inutiles et finalement entériner les positions allemandes. Ainsi, malgré les transferts croissant de multiples compétences et attributs de la souveraineté nationale, avec les résultats que l’on connaît, le Président de la République estime qu’il faut faire encore plus dans la politique d’abandon et d’asservissement. À rebours d’une situation planétaire, où l’on assiste sur tous les autres continents au retour des États-Nations, qui modulent la valeur de leurs monnaies, contrôlent leurs frontières, et qui sont de plus en plus soucieux de leurs intérêts, tant économiques que géopolitiques, François Hollande se complaît, avec ses camarades européens, à jouer l’idiot du village, celui que l’on peut moquer et gifler et qui répond toujours d’un “merci” accompagné d’un sourire niais.

Les charges inhérentes au pouvoir sont-elles à ce point fastidieuses ? Les devoirs qu’implique la direction de la France si usants ? L’uniforme trop grand ? La couronne trop lourde pour la normalité ? Comme la tentation est grande de vouloir s’en délaisser ! Si possible au profit de mains étrangères, comme une dernière flatterie à l’internationalisme, et se laisser dériver en laissant derrière soi les ors si pesants et intimidants d’une glorieuse Histoire. Démissionner serait encore trop honorable et l’ancien Président du Conseil Général de Corrèze apparaît alors tel un calife adipeux, vautré sur sa litière, agitant avec agacement son éventail, impatient que l’on vienne le déposséder des maigres pouvoirs lui restant pour qu’il puisse alors couler de jours plus heureux, loin des responsabilités et des obligations, dans les refuges de ces splendeurs décadentes qu’affectionnent cette nouvelle aristocratie dépourvue de noblesse. La France ne serait donc plus qu’un point sur la carte que l’on pourrait effacer par une simple signature au bas d’un traité.

Une telle forfaiture à un tel poste s’accompagne inévitablement du déni de la France...

En tant que socialiste, François Hollande se passe, bien entendu, aisément de l’avis de ses compatriotes : la grandeur et la hauteur de vue de ce projet les dépassent forcément. Se voulant à l’avant-garde, il sacrifie sans sourciller l’arrière. Pourquoi d’ailleurs s’en soucier ? Ce ne sont là que grincheux, des débris des « égoïsmes nationaux », un ramassis de “populistes” qui prônent le “repli sur soi”, essayant benoîtement de s’accrocher au radeau de leur Patrie, de s’agripper dans les voiles de leur Histoire et de se consoler dans la plus belle langue du monde.

Au milieu des vagues tumultueuses de la mondialisation, le chef de l’État a baissé le pavillon et désosse la France au profit du mollusque tentaculaire bruxellois. C’est la sinistre alliance des invertébrés, qui pensent leurs mollesses et leurs œuvres comme inéluctables, et des laquais rompus à toute les servilités, tous en quête d’un protecteur, si possible venant d’Outre-Atlantique.

Chers compatriotes, dormez, buvez, mangez, bronzez ! À votre retour de la plage, vous risquez de ne retrouver qu’une partie encore plus réduite de la France, sa monnaie, sa diplomatie, sa défense, sa justice encore plus dispersées qu’elles ne le sont déjà. Entre Bruxelles, Francfort, Luxembourg et Washington... La grande vacance de la France...

Loricatus Miles

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