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[ÉDITORIAL] Restaurer la transmission

France et Chrétienté sont de bien vieilles dames. Pendant des siècles, leur existence fut une alternance de gloires et de pitiés.
Nous contemplons ces gloires en lisant Chrétien de Troyes et Du Bellay, en admirant la cathédrale de Chartres et les jardins de Versailles, en songeant aux vainqueurs de Bouvines et de Fontenoy.
Un feu sacré nous a été offert par nos aïeux, qui l’avaient reçu des Hellènes, des Gallo-Romains et des apôtres. Avons-nous su recueillir cet héritage ?
France et Chrétienté ont, certes, connu bien des troubles : invasions étrangères, conflits fratricides, catastrophes idéologiques, haine de la Foi.
Il semble pourtant que la Chrétienté, et tout particulièrement la France, n’ait jamais connu une crise de transmission telle que celle d’aujourd’hui. Ses fils, quoique rentiers, ne se sentent guère plus l’âme d’héritiers. Veulent-ils conserver et embellir l’héritage moral, spirituel, culturel, littéraire, juridique et social de leurs aïeux ? Auront-ils la volonté de transmettre à leur tour ? Ont-ils seulement reçu ? Savent-ils qui ils sont et qui ils veulent être ? François-Xavier Bellamy explique ainsi cet échec collectif : « une génération s’est refusée à transmettre à la suivante ce qu’elle avait à lui donner, l’ensemble du savoir, des repères, de l’expérience humaine immémoriale qui constituait son héritage ».

Ainsi donc, la transmission est en crise, elle qui pourtant fut toujours une obsession du ζῷον Πoλιτικόν – animal politique – qu’est l’homme.

L’école des hussards noirs, laquelle pensait avoir triomphé des « calotins », a grandement failli dans sa mission première : instruire. Animée par d’autres impératifs que ceux de l’orthographe et des savoirs élémentaires, elle verse désormais dans un autre domaine : l’éducation, champ autrefois réservé aux parents et aux corps intermédiaires. Nulle journée ne s’écoule sans que l’on ne constate la croissance de l’idéologie dans les enseignements de l’Education nationale.
Cette éducation est-elle seulement nationale ? Las ! Non contente d’éluder les fondements helléno-chrétiens de notre civilisation, la machine éducative nie la nation dans sa réalité et sa profondeur. De l’enseignement biaisé de l’Histoire à la suspension du service national, la res publica ne montre pas d’empressement à assurer la transmission et sabote toujours davantage sa réalisation ultime : la pérennité d’un corps façonné – entre autres choses - par l’Histoire. Elle a oublié le bonum commune.

Une fois ce constat posé, les Français doivent s’interroger et bâtir.
Les plumes du R&N se pencheront ainsi, dans les semaines à venir, sur la crise de la transmission et les vicissitudes de l’école.
Restaurer la transmission est un impératif. Elle est l’artère principale qui relie les membres présents et futurs au cœur de notre civilisation et de notre nation. Une question demeure : voulons-nous que ce cœur batte encore ?


Illustration : Collège des Quatre-Nations, accueillant aujourd’hui l’Institut de France

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