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Trois semaines de jeûne pour la famille

30 mai 2013 Nicolas Valmurier

Nouvel Arbitre et le Rouge & le Noir ont rencontré Alain B. qui a entamé une grève de la faim il y a trois semaines.

Nous cherchons d’abord à comprendre à sa démarche radicale avec les yeux du monde : la grève de la faim est une stratégie habituelle dans les contestations pacifiques, elle a pour but d’interpeller le gouvernement par la détermination.

Toutefois, celui-ci ne manque pas de préciser immédiatement qu’il ne s’agit pas d’une simple grève de la faim, mais d’un « jeûne eucharistique » (il se nourrit tous les jours du pain céleste), autrement plus efficace aux yeux de Dieu pour coopérer au salut de la France.

Il n’empêche que selon les mots d’Alain, c’est « dur ». « En réalité, il y a deux difficultés : la première est physiologique ; la seconde psychologique. Physiologiquement, les trois premiers jours furent très durs : j’avais faim et ne parvenais pas à m’endormir car je ne digérais pas. Mais la tête et l’âme sont bien supérieurs au corps. Tant que le moral tient, c’est faisable. »

Depuis trois semaines, Alain se contente donc de l’Eucharistie et de quelques morceaux de sucre : « J’ai 58 ans, je ne peux me permettre de mettre ma santé en danger. »

Arrivé à Paris dimanche, il souhaite désormais offrir son sacrifice « au plus militant » : il devait témoigner sur le podium de la Manif pour Tous, mais seuls les veilleurs voulurent de lui. Il avait peur de manquer à l’élocution, mais sa pensée est étonnamment affinée et éclaircie par le jeûne : « Soutenu par le Paraclet, le Défenseur, comme Jésus l’avait promis, mon discours me sembla évident. »

Désormais, pour que ses efforts ne soient pas vains temporellement, il veut soutenir deux causes qui lui tiennent à cœur : l’objection de conscience des maires et les prisonniers politiques. A cet effet, il a voulu rencontrer Christine Boutin, ancienne ministre, comme le relate le rédacteur en chef de Nouvel Arbitre :

Nous étions un petit cénacle assemblé autour d’Alain dont la mortification joyeuse nous impressionnait autant qu’elle nous inspirait. Christine Boutin était à nos côtés en faisant preuve d’une disponibilité et d’une ouverture appréciables. Son propos fut limpide, ancré dans l’évangile et la tradition séculaire de l’Eglise.

La présidente du Parti Chrétien Démocrate nous a d’abord félicités pour notre engagement, notre témoignage. Mieux, elle rayonnait et goûtait visiblement la fougue nouvelle qui s’est emparée des militants de La Manif Pour Tous ou du Printemps Français. « Vous incarnez ce que j’ai essayé de faire pendant tant d’années : assumer une parole chrétienne au milieu des loups toujours prêts à vous résumer à quelque étiquette infamante » nous confia-t-elle. La France ne peut plus se permettre d’avoir « des catholiques de salon » qui s’ingénient à porter une parole publique distante de leur foi et de leur vision du monde comme l’a rappelé le Pape François.

Assumez, assumez toujours votre dévotion au Christ comme sens de votre propos public, tel fut son credo. Et qu’importent alors les attaques blessantes, les insultes qui pleuvent sur nos mouvements et ne manquèrent guère d’assaillir Christine Boutin tout au long de sa carrière. Ces paroles trouvaient bien entendu un écho singulier tandis que nous les écoutions sous les yeux d’Alain dont la cinquantaine heureuse ne semblait que mieux s’épanouir dans la privation et la lutte contre le projet de loi Taubira.

Christine Boutin tranchait avec sa caricature médiatique. Et nous, Jeunes Sangs, de comprendre combien les petits écrans peuvent falsifier par haine et ou par ignorance le sens des mots qu’utilisent un disciple du Christ investi en politique. Madame Boutin pense et vit avec Dieu, dès lors chacune de ses réponses trouve son sens profond dans sa foi, dans les canons de Rome, autant de sources qui ne peuvent que surprendre les moutons de la sécularisation. Elle nous conte combien le PCD a gagné à ne plus se masquer derrière le Forum des Républicains sociaux mais à retranscrire plus visiblement la doctrine sociale de l’Eglise et les racines chrétiennes de notre pays.
Pour cette personnalité politique tout est à reconstruire : la Cité brouillée par l’individualisme, l’Europe prisonnière de sa gangue antinationale, les partis qui ne survivent que par des arrangements douteux. Pour ce faire, il existe un remède miracle conclut-elle : c’est l’abandon, l’abandon à la Providence et à la Parole de Dieu, l’abandon comme inertie devant les duretés et la vulgarité des attaques, l’abandon à la tâche quand la France tout entière à besoin du témoignage des héritiers de Pierre et de Paul. Espérance donc, et dévouement tant il est certain que le Chrétien aujourd’hui, plus que jamais peut-être, doit se promettre de rien lâcher.

Il était également content de rencontrer votre gazette, très impliquée dans la défense des prisonniers politiques de Manuel Valls.

Nous vous tiendrons informés des suites qu’Alain, avec la collaboration de Christine Boutin, Nouvel Arbitre et le R&N, parviendra à donner à sa démarche.

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Gréviste de la faim et manifestant - 26/05/13 à 10h00

30 mai 2013 Nicolas Valmurier

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