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« Pour que notre solidarité avec les Chrétiens d’Orient demeure et s’affermisse ! »

Le 29 juin prochain, SOS Chrétiens d’Orient [1] propose une soirée son et lumière au profit des Chrétiens d’Orient à l’Abbaye Royale du Val-de-Grâce. Retour avec Charles de Meyer, Président de l’association, sur cette soirée exceptionnelle.

R&N : La soirée que vous mènerez le 29 juin sera destinée à soutenir le quartier arménien d’Alep ; la communauté chrétienne arménienne est-elle importante en Syrie ? Pourquoi vous être attachés tout particulièrement à celle-ci ?

Charles de Meyer. Les communautés chrétiennes arméniennes sont importantes dans l’ensemble des pays du Proche-Orient. Les Arméniens ont formé de nombreuses diasporas au cours de leur Histoire. La plus importante reste sans doute celle qu’ils ont connue à l’issue des persécutions des Jeunes Turcs, qui procédaient au génocide des Arméniens mais aussi des autres membres des Églises orientales présentes en Turquie. À Alep, carrefour civilisationnel et culturel du Proche-Orient depuis des millénaires, les Arméniens ont joué un rôle important. Le quartier de Midan, que nous souhaitons aider forts des fruits récoltés à l’issue de cette soirée, avait ceci de particulier dans l’histoire récente qu’il jouxtait certains quartiers radicaux investis par la rébellion islamiste en Syrie et qu’il a donc particulièrement souffert. Pour nous, il y avait un sens à aider cette communauté spécifiquement. Cela semblait aussi important de rappeler qu’SOS Chrétiens d’Orient est solidaire de l’ensemble des chrétientés orientales, qu’elles soient orthodoxes ou catholiques, quel que fût le rite auquel elles appartiennent. C’est en effet cette richesse de l’Église orientale, legs de l’Histoire et legs des martyrs, qui nous intéresse, l’objectif de l’association restant à la fois de permettre aux chrétiens d’Orient de rester vivre sur leurs terres et de nous aider à progresser dans notre foi personnelle.

R&N : SOS Chrétiens d’Orient intervient en Syrie depuis la création de l’association. À l’heure de la bataille décisive de Raqqa, que deviennent les chrétiens martyrs de Syrie ?

Charles de Meyer. Les Chrétiens de Syrie sont confrontés à deux problèmes : l’exaspération devant la guerre importée de l’étranger dans leur pays, qui ne dure que parce que la communauté internationale décide qu’elle dure. Qu’ils soient chrétiens ou non, les syriens notent tous cette exaspération devant un conflit dont ils demandent le règlement au plus vite, afin que certains membres de leurs familles puissent rentrer en Syrie. Beaucoup d’entre eux vivent en effet en Jordanie, au Liban ou en Turquie… Il est donc très important de pouvoir être dans les conditions de rebâtir une société après qu’elle a été meurtrie par la pression islamiste, les attentats, l’intolérable blocus occidental sur l’approvisionnement en Syrie (les sanctions). En même temps, il faut leur donner la capacité de permettre le retour des membres de leurs familles ; l’éclatement familial est un sujet particulièrement douloureux au Proche Orient. Il faut donc espérer que les Chrétiens puissent rebâtir une société et que le monde arrête de donner de l’argent à quelque camp que ce soit, de manière à ce que le problème puisse être réglé par les syriens pour les Syriens et entre Syriens.

R&N : Vous avez réuni des membres du monde culturel, à l’instar de Laurent Dandrieu, Patrick Buisson, Richard Millet… En quoi cette mobilisation du monde culturel au profit des chrétiens d’Orient est-elle susceptible d’éveiller les consciences ?

Charles de Meyer. Prenons l’exemple de Laurent Dandrieu. Laurent Dandrieu a écrit un ouvrage célèbre dans la période récente où il réfléchit notamment sur les liens entre l’affirmation d’une identité chrétienne et son rapport à l’Église. Cette identité chrétienne a beaucoup à nous apprendre au Proche-Orient. C’est une identité affirmée, libre, qui s’affermit à mesure qu’elle est confrontée à la violence et aux souffrances provoquées par les islamistes. Chez SOS Chrétiens d’Orient, nous cherchons par là à montrer que nous sommes investis d’une mission humanitaire au Proche-Orient, afin d’aider les chrétiens qui souffrent. C’est dans la vocation même du chrétien que de faire rayonner sa Foi… et SOS Chrétiens d’Orient est une association qui revendique son appartenance chrétienne ! En même temps, nous cherchons à affirmer la volonté civilisationnelle de retisser des liens entre les chrétientés française et orientales. Une affirmation porteuse du message suivant : « La France n’est grande que quand elle est aux côtés des chrétiens d’Orient ». Une sorte de concomitance mystérieuse entre cet état du pays qui assume sa mission particulière au Proche-Orient sur la terre de nos frères aînés dans la Foi et l’état réel de notre pays. Le fait que tout ce monde culturel se réunisse pour montrer la charité et la solidarité des Français auprès des chrétiens martyrs est très fort et très bien perçu par les chrétiens là-bas. Cela montre aussi que toute une société est capable de se rassembler autour de ce qu’elle a de plus beau, dans cet écrin magnifique qu’est le Val-de-Grâce, pour que les chrétiens syriens sentent que nous sommes toujours à leurs côtés.

R&N : Martyre et espérance des Chrétiens d’Orient : tel sera le thème du texte de Richard Millet, lu par Charlotte d’Ornellas, durant la soirée. Quelle est votre espérance pour les chrétiens de Syrie ? Comment SOS Chrétiens d’Orient envisage-t-il l’avenir auprès d’eux ?

Charles de Meyer. Mon espérance pour les chrétiens de Syrie c’est évidemment la fin de la guerre. Mon espérance pour les chrétiens syriens c’est qu’ils restent ceux qu’ils sont : des exemples de foi, d’enracinement et de volonté, pour continuer à construire et être des membres à part entière de leur société. Souvent on fait état en France d’un sentiment d’incompréhension devant ces sociétés arabes et syriennes… Dans ce cas précis, nous avons des chrétiens syriens qui veulent être pleinement actifs dans leur société. C’est donc un message très important. J’espère que cette restauration de la paix sera le germe d’une solidarité toujours plus concrète et affermie entre les diverses chrétientés de la région, de manière à ce qu’ils se souviennent de ce qu’ont enduré les chrétiens syriens, des souffrances qu’ils ont dû endurer et à ce que cette solidarité de la chrétienté orientale demeure et s’affermisse.

Propos recueillis par Aloysia Biessy

Jeudi 29 juin 2017, Son et lumière à l’Abbaye Royale du Val-de-Grâce, Martyr et Espérance des Chrétiens d’Orient de Saint Paul à nos jours. Au profit des Arméniens d’Alep. Une soirée organisée à l’initiative de SOS Chrétiens d’Orient.

Avec le texte de Richard Millet, lu par Charlotte d’Ornellas et le Père Benoît de Pommerol.

Avec la présence de Charles Beigbeder, François Billot de Lochner, Anne-Lise Blanchard, Pierre-Alexandre Bouclay, Jean-Christophe Buisson, Loris Chavanette, Laurent Dandrieu, Olivier Maulin, Charlotte d’Ornellas, Richard Millet, Jean-Christian Petitfils, Frédéric Pichon, Yvan Rioufol et Eric Zemmour, qui viendront dédicacer leurs ouvrages dans le cloître de l’Abbaye.

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