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Philippe Marini : « Il est facile de se donner bonne conscience par la répartition des quotas »

Ancien Sénateur, Philippe Marini est maire (LR) de Compiègne depuis 1987. Il a bien voulu répondre aux questions du Rouge & Le Noir.

R&N : Pouvez nous détailler rapidement votre parcours politique ?

Philippe Marini : Je suis élu au Conseil Municipal de Compiègne depuis près de 38 ans et Maire depuis bientôt 28 ans. Tout mon parcours politique comporte Compiègne comme centre et comme base. J’ai été Conseiller Général, Sénateur, Rapporteur Général puis Président de la Commission des Finances. Si j’ai renoncé à mon mandat parlementaire, je n’en reste pas moins très investi dans la vie politique de notre pays.

R&N : Les catholiques compiégnois ont l’occasion de vous voir le dimanche à la messe, comment vivez-vous votre engagement politique en lien avec votre foi ?

Philippe Marini : Pour moi, les valeurs chrétiennes représentent un guide permanent de mon comportement. J’ai eu assez souvent l’occasion de le dire en tant que législateur. Ma vision de la laïcité est positive, et je continue à penser que les racines chrétiennes de notre pays sont un élément permanent de son identité.

R&N : Quel regard portez-vous sur la jeunesse catholique de France et notamment sur celle qui veut s’engager pour son pays ?

Philippe Marini : Jamais assez de jeunes, et de catholiques en particulier, ne s’engageront pour l’intérêt général. Parmi les étudiants et les jeunes cadres, j’en connais beaucoup qui, quel que soit leur milieu professionnel, savent lier une culture de la performance et de l’efficacité au respect humain et au souci du bien commun.

R&N : Suite aux manifs pour tous, le groupe Sens Commun est né au sein de l’UMP, qu’en pensez-vous ? Peut-il réellement devenir une force de proposition ?

Philippe Marini : Il est important en effet qu’au sein de l’UMP, et des Républicains aujourd’hui, existe cette tendance, pour que notre mouvement politique demeure profondément lié à cette identité française que nous devons promouvoir et dont les racines chrétiennes sont la clé.

R&N : Vous aviez accueilli Frigide Barjot lors du « débat » sur le mariage pour tous, quelle position avez-vous désormais par rapport à cette loi en tant que maire et membre des Républicains ?

Philippe Marini : Je ne célèbrerai jamais personnellement ce type d’union car ceci est profondément contraire à la voix de ma conscience. Je demeure favorable à une révision de la loi, au minimum pour que cette forme d’union ne soit plus qualifiée de mariage et ne soit plus célébrée dans nos hôtels de ville.

R&N : En 2013, vos propos sur Twitter au sujet des immigrants de Lampedusa (« L’afflux des réfugiés africains à Lampedusa et bientôt chez nous me fait regretter la disparition du régime Kadhafi en Libye ! ») avaient défrayé la chronique ; deux ans après, que pensez-vous de la situation actuelle ?

Philippe Marini : Je crois sincèrement que la situation actuelle me donne tragiquement raison. Pour réguler ce phénomène, il faudrait pouvoir disposer d’un pouvoir politique fort en Lybie. Or, ce pays est toujours voué à la guerre civile, partagé entre deux gouvernements, et les groupes armés y font la loi, avec une influence croissante des milieux islamiques radicaux.

R&N : Quelle est selon vous la responsabilité de la France et de l’Europe face à l’arrivée de flux incessants de migrants ?

Philippe Marini : Il est facile de se donner bonne conscience par la répartition des quotas. Cela représente un appel d’air qui ne fera que s’accroître. Demain, le rythme de la migration augmentera, et que ferons-nous ? D’autre part, je pense sincèrement que l’avenir des peuples du Levant n’est pas de s’expatrier, mais de se battre pour que la Syrie d’une part et l’Irak d’autre part retrouvent leur unité et une forme raisonnable de coexistence entre les différentes religions et communautés.

R&N : Lorsque nous voyons l’État islamique se développer, notamment en Syrie, pensez-vous que l’afflux massif d’immigrants puisse être un danger ?

Philippe Marini : C’est bien évident. Il faut frapper au cœur le mouvement Daech, que l’on ne doit surtout pas qualifier d’État. Ce n’est qu’une bande de malfaiteurs, de terroristes et de criminels dont l’histoire de cette région n’offre à mon avis aucun exemple. Quant aux migrants, nul ne nous dit qu’ils viennent tous avec des intentions sincères, et plus ils seront nombreux, plus les brebis galeuses se mêleront aux pauvres gens.

R&N : De plus en plus d’hommes politiques, et notamment Nicolas Sarkozy, parlent de réécrire Schengen. Pensez-vous que cela soit réellement envisageable et le cas échéant une solution ?

Philippe Marini : C’est clair en effet : la libre circulation des citoyens non européens n’est plus possible aujourd’hui. L’Europe est devenue une passoire, et est gouvernée par le politiquement correct, ce qui nous conduira à des crises, à une intolérance croissante, et se retournera contre nos véritables intérêts, en provoquant toujours plus de violence.

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