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Laurent Obertone : « Désigner est dans un premier temps capital. Il est important d’identifier l’adversaire. »

Laurent Obertone est journaliste et écrivain. Après La France Orange Mécanique et Utøya, il vient de publier La France Big Brother dans lequel il dénonce l’autoritarisme du système. Il a bien voulu répondre aux questions du Rouge & le Noir.

R&N : La France Big Brother brille par son absence dans les médias. Que montre à vos yeux cette censure ? Est-ce la preuve que vous avez tapé dans le mille ?

Laurent Obertone : Sans doute. Sous les assauts d’Internet, Big Brother traverse une crise, ne parvient pas à se renouveler, ses forces vitales sont déclinantes. Les médias ne veulent pas commettre la même erreur qu’avec La France Orange mécanique : ils savent que la loi du silence est le meilleur moyen de tuer un livre. Ça ne suffit plus : le succès de ce livre le démontre. Disons que ça limite sa diffusion auprès du grand public.

R&N : Les bandes-annonces laissaient penser que la magistrature et la justice seraient abordées plus en détail. Le sujet est bien présent, mais sous-jacent dans votre essai, pourquoi ?

Laurent Obertone : Ce sujet est surtout traité dans La France Orange mécanique, pour ne pas risquer d’être redondant, je préfère traiter du cas de la justice dans un seul est même essai.

R&N : Quelle méthode avez-vous suivie pour analyser Big brother ? Quelle est la genèse de cet ouvrage ?

Laurent Obertone : Ma propre expérience, au sein d’une école de journalisme, du métier, puis ma confrontation directe avec Big Brother lors de la sortie de La France Orange mécanique. J’ai pris quantité de notes, et j’ai ensuite mené une enquête auprès d’acteurs plus ou moins repentis de ce système de conditionnement. Quand on publie un livre sur l’insécurité qui rencontre un immense succès (plus de 200 000 lecteurs), on pourrait s’attendre à ce que les choses changent. Or rien n’a changé. Pourquoi ? Entre le peuple et la décision politique, qui fait obstruction ? C’est à ces questions que La France Big Brother répond.

R&N : Avez-vous subi des pressions lors de la préparation de votre livre ou au lors de sa publication ?

Laurent Obertone : La pression se porte davantage sur mon éditeur, sur les libraires, les distributeurs, les médias et les journalistes qui seraient tentés de m’inviter… Moi je suis irrécupérable, en revanche, Big Brother sait qu’il peut être beaucoup plus efficace en menaçant ceux qui peuvent m’offrir un accès à l’existence publique, ceux dont l’existence dépend justement de Big Brother.

R&N : « N’importe qui doit avoir le droit de se reproduire, et puisque n’importe qui s’en prive justement moins que la moyenne, nous devenons n’importe quoi » : Cette phrase a surpris plusieurs de vos lecteurs, assumez-vous un certain malthusianisme ?

Laurent Obertone : Ce n’est pas franchement malthusien : je ne propose rien, je constate seulement - constat partagé par de nombreux biologistes - que la forme actuelle de notre société entraîne une forme de sélection naturelle inversée. Nous devenons de plus en plus stupides. Ce qui est inquiétant pour la capacité d’adaptation générale de notre espèce.

R&N : Une partie des français résiste à Big Brother, quel est le poids de la réaction, particulièrement de la réaction catholique, dans cette
lutte ?

Laurent Obertone : Un sérieux pourcentage de catholiques dépend d’une institution totalement soumise à l’idéologie dominante. Mais de plus en plus de catholiques, souvent jeunes, font passer le réalisme avant l’utopie, et sont prêts à se débarrasser d’un seul mouvement de toutes les excommunications soixante-huitardes, pour reprendre en main leur destin et imposer leur bon sens à cette caste dominante accrochée à l’expression publique.

R&N : Contrairement à Monsieur Moyen, une partie de la jeunesse actuelle, consciente de son identité et de ses racines, n’a rien à perdre, peut-elle changer la donne ?

Laurent Obertone : Oui, elle est en train de le faire, en allant chercher par elle-même une information qui ne passe plus depuis longtemps le mur de la classe médiatique du régime. Big Brother est puissant, mais plus infaillible : un auteur peut vivre sans lui. Beaucoup de Français ont même tendance à faire le contraire de ce qu’il exige. Big Brother n’a plus que l’indignation, et il a trop de gens à calomnier pour être suffisamment efficace. Ce qui se passe est je crois irréversible.

R&N : Quel message donneriez-vous à ceux qui résistent déjà à Big Brother et s’attèlent à le faire tomber ?

Laurent Obertone : Qu’ils continuent, parce que s’ils n’y parviennent pas rapidement, s’ils pensent qu’il suffit d’attendre, l’agonie de Big Brother sera aussi la nôtre. Nous sommes partie prenante de tout ce qui se passe. Pourra-t-on expliquer à nos enfants que nous savions ce qui se passait, mais que nous attendions qu’on nous propose des solutions, que notre place de spectateur était plus confortable ? Qu’on ne pouvait rien faire parce que tout de même, Joffrin, Caron, Plenel et compagnie nous faisaient peur ?

R&N : Vous désignez les sources du mal, avez-vous aussi des solutions à proposer ? Y aura-t-il une trilogie ?

Laurent Obertone : Désigner est dans un premier temps capital. Il est important d’identifier l’adversaire, pour savoir comment triompher de lui. Les solutions, qui sont simples et réalistes, arriveront sans doute dans le troisième tome de la trilogie, mais je ne peux en dire davantage pour l’instant.

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