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Jean-Pierre Maugendre : Réforme intellectuelle et morale, sortie de la crise

Du 11 au 14 juillet se tiendra l’Université d’été de Renaissance catholique, autour du thème "Sortir de la crise".
L’Université d’été a lieu au Carrousel de Baronville, à Béville-le-Comte (Eure-et-Loir).
Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique, a bien voulu répondre aux questions de Corsaire.

Corsaire : Qu’est-ce que Renaissance Catholique ? Quelle est sa vocation, quels sont ses moyens/actions ? Quelle est la spécificité de Renaissance Catholique par rapport à d’autres associations catholiques ?

Jean-Pierre Maugendre : Notre association est aujourd’hui clairement positionnée sur ce qu’Ernest Renan puis Jean Madiran ont appelé la réforme intellectuelle et morale. Nos moyens d’action sont la publication d’ouvrages, l’édition d’une revue, l’organisation de conférences et d’une fête du livre au mois de décembre au domaine de Grand’Maisons à Villepreux, la mise sur pied d’une université d’été annuelle en juillet et d’une session de formation pour les jeunes à la Toussaint.
Dans ce combat pour la restauration d’une cité catholique il me semble que nous bénéficions de deux originalités. D’abord un incontestable capital intellectuel et relationnel accumulé depuis notre fondation et ensuite un positionnement qui, dans la fidélité à notre patrimoine national et religieux, transcende les chapelles et les appartenances politiques partisanes.

Corsaire : Au mois de juillet se tiendra l’Université d’été de Renaissance catholique. Pouvez-vous nous en dire davantage sur son mode de fonctionnement, les thématiques qui seront abordées ainsi que les personnalités invitées ?

Jean-Pierre Maugendre : Nous traiterons cet été des moyens de sortir de la crise, terrible, que vit notre pays. Conformément à notre démarche habituelle une première partie sera consacrée aux sorties de crise dans l’histoire avant que nous ne nous intéressions aux éléments constitutifs de la crise actuelle.
Sans surprise pour une université d’été les conférences, suivies d’un débat, tiennent une place de choix dans notre programme mais nous avons également prévu deux tables rondes (sur Politique d’abord ? et Islam, laïcité et identité française, deux visites culturelles (à la cathédrale de Chartres et au séminaire des barbelés de l’abbé Stock), une activité sportive pour les plus jeunes, une rencontre avec l’association Espérance-Banlieue de Montfermeil, la projection du film de Patrick Buisson sur Gustave Thibon : Il était une foi, etc. Quelques noms d’intervenants au risque de fâcher les autres : Michel De Jaeghere, Philippe de Villiers, Hilaire de Crémiers, Roberto de Mattei, Jean-Yves Le Gallou, etc.

Corsaire : Les actes de l’Université d’été de 2011 ont été publiés, avec pour titre "L’ordre immoral". Depuis un an et demi, cette expression a pris tout son sens pour nombre de catholiques. Qu’est-ce donc qu’un ordre immoral ? Et quel serait un ordre moral ?

Jean-Pierre Maugendre : Écartons tout d’abord de notre esprit l’idée selon laquelle il n’y aurait plus de morale. Toute société pour se constituer et se maintenir exige un code de bonne conduite partagé par ses membres. Les critères de la morale dominante ont changé. Hier il était immoral d’être infidèle à son conjoint, aujourd’hui, dans ce domaine, tout est moral à condition de « se protéger. » Un ordre immoral est en fait l’institutionnalisation dans la loi civile de comportements en contradiction avec la loi naturelle. La légalisation de l’avortement est l’archétype de ces lois immorales. Un ordre moral est tout simplement la situation dans laquelle la loi civile est en accord avec la loi naturelle.

Corsaire : Le temps des grandes manifestations est révolu, et la loi de dénaturation du mariage est bel et bien passée depuis un an. Considérez-vous que le mouvement de contestation s’essouffle ? Avons-nous raté le coche ?

Jean-Pierre Maugendre : Je ne crois pas que le mouvement de contestation de la loi dénaturant le mariage s’essouffle. Il gagne en profondeur, s’enracine, se structure ce qui est toujours plus discret, plus lent mais plus fécond que les simples manifestations extérieures. Toute une génération a pris conscience, d’une part, qu’elle était prétendument représentée par des personnalités qui, en fait, ne partageaient pas ses convictions, et d’autre part que c’est à un complet changement de paradigme qu’il fallait procéder, l’exercice inutile et vain consistant à continuer à chérir des causes dont on déplore ensuite les conséquences. Nous n’avons donc pas raté le coche à condition que le travail de réflexion s’approfondisse et s’étende sur les véritables racines intellectuelles et idéologiques de la lutte systématique contre la famille et la loi naturelle à laquelle nous assistons.

Corsaire : Quels conseils donneriez-vous à un jeune catholique français désireux de défendre sa foi, sa patrie et le droit naturel ? L’action politique au sens strict (partisan) du terme a-t-elle encore un sens ? Faut-il privilégier le combat culturel ?

Jean-Pierre Maugendre : On ne défend que ce que l’on connaît et aime. L’action politique, en particulier sous l’aspect électoral est exaltante et présente l’immense avantage d’être immédiatement appréciable. Un bon résultat à des élections est encourageant et constitue la récompense, tangible, aux efforts du militant. Le travail de formation intellectuelle est plus austère mais il est indispensable d’abord pour ne pas être le jouet des puissances médiatiques, ensuite pour disposer des clés de lecture pour poser ses choix de vie personnels et nourrir ses analyses politiques, enfin pour prendre les bonnes décisions au bon moment. Bien franchement si je crois que le combat politique au sens électoral du terme a un sens, comme un frein qui ralentit la chute du véhicule entraîné à toute allure vers l’abîme je ne crois pas que le simple jeu électoral permettra de mettre en place une alternance qui remettrait fondamentalement en cause, dans ses fondements, un système qui déploie aujourd’hui toutes les conséquences mortifères contenues dans ses principes. Si j’étais pédant je dirais que l’analyse gramscienne de la priorité de la prise de pouvoir culturel débouchant inéluctablement sur la conquête politique des institutions n’a rien perdu de sa pertinence.

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